Dans une grande ville du sud du Texas, les Latino-Américains forment la majorité et perpétuent leur culture chaleureuse. San Antonio et sa région constituent un coin de pays exotique, étonnant et très accueillant pour les caravaniers.

San Antonio est l’une des villes favorites des Américains. Un emploi sur huit y est lié au tourisme. San Antonio n’a pas de plages, toutefois, c’est donc une ville du Sud qui attire peu les Québécois, malgré ses 300 journées ensoleillées par année.

Le Texas projette aussi, chez nous, l’image très carrée de ses deux plus grandes villes, Dallas et Houston. La capitale Austin et la latine San Antonio présentent un autre Texas, plus libéral et plus sensuel.

Plus de la moitié de la population de San Antonio est originaire du Mexique voisin. Les autres habitants de cette ville sont surtout issus de l’immigration allemande, scandinave et slave. Le contraste est puissant entre les deux groupes dominants et l’harmonie actuelle est le résultat de siècles de métissage culturel et de compromis mutuels.

Un musée de San Antonio montre comment le caractère texan a été formé par 26 cultures nationales. « Nous sommes un musée du 21e siècle. Notre but est de mettre en lumière les réalisations interculturelles et non d’afficher les spécificités nationales », précise un commentaire lu à l’Institute of Texan Cultures.

Les États-Unis ont étiré avec San Antonio leur territoire aux dépens de celui conquis par le Mexique. David Crockett et sa bande d’Anglos du Nord sont tués à San Antonio en 1863 par l’armée mexicaine, lors de la célébrissime bataille de l’Alamo. La visite ne manque pas de catalyser les émotions et de faire réfléchir sur des manifestations aussi fortes d’héroïsme et d’impérialisme.

L’Alamo était une mission catholique espagnole qui a été désignée patrimoine culturel de l’humanité par l’UNESCO. Ce fort devenu un grand musée est situé dans le centre historique de San Antonio, elle-même l’une des plus vieilles villes du continent.

La région du South Texas, où est située San Antonio, a connu des siècles d’occupation espagnole et mexicaine. Les autochtones et ensuite les hispanophones de cette région ne voyaient pas une frontière dans le Rio Grande, cette rivière peu profonde qu’on pouvait traverser à cheval. En fait, le South Texas actuel semble faire partie intégrante du territoire mexicain.

Le meilleur des deux mondes

La région reste mexicaine de plusieurs manières. La nourriture et la culture sont ici nettement plus « mex » (mexicain) que « tex » (texan).

À San Antonio, on récolte le meilleur des deux mondes : la chaleur et la couleur des hispanophones, encadrées par l’efficacité et le sens de l’organisation des Américains. À une époque où voyager au Mexique hors des secteurs touristiques suscite des craintes, visiter San Antonio permet d’aller à la rencontre du Mexique dans une ville sécuritaire.

On rencontre ici au moins trois aspects du Mexique. Celui du secteur historique et touristique, fait de mariachis et de nourriture bon marché assez bien faite ; celui des musées et des restaurants haut de gamme qui montrent des facettes raffinées de l’État plus au sud, et celui des quartiers populaires, où beaucoup de gens ne parlent pas anglais, même parmi les serveurs de restaurant !  

 

Attractions fortes

Les choses à faire et à voir sont variées à San Antonio. Une famille ou un couple peut se forger un programme intéressant de trois ou quatre jours, composé de lieux historiques, de parcs thématiques, de quartiers exotiques et de musées fantastiques. On trouve aussi une cinquantaine de terrains de golf dans un rayon d’une heure de route et des possibilités presque illimitées de magasiner, notamment dans le plus grand marché mexicain hors du Mexique.

La plus belle découverte demeure toutefois la promenade River Walk. À la fin des années 1930, des visionnaires ont planifié l’aménagement de la petite rivière San Antonio au coeur du centre-ville historique. Graduellement, la jolie promenade, nommée River Walk, a attiré des restos-terrasses, des boutiques, des hôtels et toutes sortes d’animations festives.

Aujourd’hui, la River Walk est l’un des meilleurs exemples au monde de renouvèlement urbain. L’endroit est si bien conçu qu’on a souvent l’impression d’être dans une Europe de rêve. La River Walk reçoit parfois trop de touristes pour son bien, surtout par de belles soirées de weekend, mais c’est un lieu magique qu’on n’oublie pas de sitôt.

L’aménagement de la rivière s’est poursuivi récemment hors du centre-ville. Les berges de la rivière San Antonio servent maintenant aux cyclistes, un peu comme le canal de Lachine à Montréal. San Antonio possède aussi un système de vélos en libre-service (le B-cycle), semblable aux Bixi montréalais, de même que des trolleys touristiques.

Gastronomie latino-américaine

À San Antonio, on peut faire une tournée gastronomique de l’Amérique centrale et de l’Amérique du Sud. Au Nao, un gastrobar latino, on peut déguster un plat comprenant des ceviches du Mexique, d’Équateur et du Pérou. Le Nao est le restaurant du Culinary Institute of Arts, l’école culinaire nationale des États-Unis (on peut y prendre des cours).

Le Nao et son institut culinaire sont situés à deux kilomètres du centre-ville, au coeur du Pearl Brewery Complex. Cette brasserie majeure avait fermé ses portes dans les années 1990. Depuis 2010, de jeunes entrepreneurs transforment cet ancien périmètre industriel en une grande réussite du renouvèlement urbain. On y explore des boutiques originales, des restaurants exceptionnels et un grand hôtel, l’Emma, qui mérite une visite même si l’on n’y séjourne pas.

Avec sa myriade d’attraits historiques et culturels, son offre culinaire qui couvre tout le registre de la bouffe de rue à la grande gastronomie et son ambiance bon enfant rappelant les Tropiques, San Antonio mériterait que plus de Québécois y fassent un saut pendant leur séjour dans le sud des États-Unis.

Par Benoit Legault
Magazine Camping Caravaning, vol 23/no 7, octobre-novembre 2017

À lire aussi
● La Nouvelle-Orléans
● San Diego
● Chicago
● Nevada City et Virginia City, des musées à ciel ouvert
● Portland, Oregon
● Austin, Texas
● Las Vegas : le rêve en mutation