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Voyager avec des restrictions alimentaires

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Suivre une diète ou un régime, avoir des restrictions alimentaires… Peu importe comment on nomme le fait d’exclure certains aliments de notre consommation quotidienne, cela rend plus difficile de s’alimenter et a un impact sur notre vie sociale. Si c’est difficile à la maison, en voyage, ce l’est encore plus. Heureusement, il existe des solutions.

Oui, voyager en s’alimentant « différemment » est possible et aujourd’hui, c’est plus facile que jamais. Si l’acceptation sociale n’a jamais été aussi grande (les risques de se faire regarder de travers sont maintenant faibles), cela se traduit aussi par un étiquetage des aliments plus ciblé et une disponibilité des produits spécialisés plus généralisée.

Pourquoi des limites ?

Il y a plusieurs bonnes (et moins bonnes, il faut l’avouer) raisons de surveiller ce que l’on se met sous la dent. Il y a les raisons de santé. On peut penser aux intolérances alimentaires ou pire, aux allergies. Parmi les aliments les plus courants, notamment dans de nombreux produits transformés, on trouve malheureusement certains puissants allergènes, comme le lait (lactose et caséine), les oeufs, le blé (gluten), les noix, les arachides (qui sont en fait une légumineuse), le soya, les fruits de mer et la moutarde, pour n’en nommer que quelques-uns.

Sur le plan de la santé, on peut ajouter des conditions médicales comme le diabète, les problèmes intestinaux (maladie céliaque, côlon irritable…) et l’embonpoint. Mais il y a aussi des raisons éthiques ou religieuses. On peut penser aux rites des religions musulmane (halal) et juive (cachère) qui excluent le porc et aux diètes végétariennes et végétaliennes. Il y a enfin les modes ou les tendances. On peut choisir d’éliminer certains aliments pour avoir le sentiment de faire partie d’un mouvement auquel on s’identifie. Bref, peu importe la raison, le résultat est le même : on fait attention à ce que l’on mange.

Faire la liste des diètes existantes, c’est un peu comme énumérer des marques de commerce. C’est le festival des acronymes et d’expressions différentes qui représentent une simple variante de la même réalité. On peut penser aux diètes cétogènes, à celle des glucides spécifiques (SCD ou specific carbohydrate diet, du docteur Haas), au régime hypotoxique (docteur Seignalet), au GAPS (gut and psychology syndrom, docteure Natasha Campbell-McBride), au protocole autoimmune (AIP ou autoimmune protocol), à Whole30, au régime paléolithique, à celui à faible teneur en FODMAP (sucres fermentescibles, soit fermentescibles, oligosaccharides, disaccharides, monosaccharides et polyols, de Sue Shepard), à la diète méditerranéenne, à celle des Weight Watchers et j’en passe !

Arrêter de voyager ? Jamais !

Cela étant dit, que fait-on maintenant ? On reste cloitré à la maison et on oublie tous ces beaux rêves de camping et de voyage ? Oh, que non ! On s’organise ! Voici donc quelques idées pour rendre nos sorties plus agréables tout en respectant notre ligne de conduite alimentaire.

La première étape consiste à se préparer AVANT le voyage. Il faut s’informer quant à la destination. Si les voyages se limitent à l’Amérique du Nord, il présente alors une difficulté de moins, car l’acceptabilité sociale et la disponibilité des aliments sont maintenant très bonnes et les problèmes, moins nombreux. Le lieu précis joue parfois sur la facilité à respecter ses convictions ou obligations. Par exemple, un voyage avec des enfants suivant une diète particulière sera assurément plus facile dans un site Walt Disney que dans toute autre destination. L’offre et l’attention portée aux exigences des individus y sont tout simplement surprenantes. En Amérique du Sud, toutefois, la notion de végétarisme peut différer de la nôtre. Dans certains pays d’Asie ou d’Afrique, on risque même d’offenser des hôtes en refusant certains aliments. Sans parler du peu de diversité alimentaire…

Il peut être intéressant de se procurer (ou de se fabriquer) des cartes indiquant ses allergies dans la langue locale. À ce sujet d’ailleurs, il vaut toujours mieux dire que l’on est allergique plutôt que de tenter d’expliquer sa condition ou d’affirmer qu’on ne mange pas un certain aliment. Il est aussi possible de faire signer une carte d’allergies par un médecin, ce qui donne « force de loi » lorsqu’on doit discuter avec du personnel réticent, par exemple. Faire une liste des restaurants ou marchés qui sont sensibles à la cause simplifie aussi grandement les choses. On peut d’ailleurs télécharger des applications sur son téléphone intelligent qui permettent de les retrouver une fois sur place. Puisque tomber malade à l’étranger est toujours dispendieux et compliqué, il est sage de vérifier sa couverture d’assurance. De même, il est souvent mieux d’apporter son autoinjecteur (EpiPen) et ses médicaments que de tenter de trouver le tout sur place. Enfin, ce peut être une bonne idée que de prévoir des collations ou même certains aliments difficiles à trouver. En ce sens, il faudra vérifier les normes douanières et relatives aux modes de transport.

Train, avion, VR…

En effet, le moyen de transport a lui aussi un impact important sur ce que l’on peut faire ou pas et ce que l’on peut manger. En avion par exemple, il est possible dans certains cas, et ce, 48 heures à l’avance, de demander d’établir autour de son siège une zone tampon qui évitera que l’on soit trop près d’aliments auxquels on est fortement allergique. Même si plusieurs compagnies aériennes ne servent plus d’arachides dans leurs mets, aucune ne peut garantir un environnement sans noix. Il est aussi possible d’apporter des collations emballées commercialement (comme des barres de jerky, des barres d’énergie ou protéinées) ou même de commander, toujours à l’avance, des menus (cependant limités) sans gluten ou végétariens.  

 

À l’aéroport même, outre le fait que les prix sont prohibitifs, l’offre peut être limitée. Les frappés aux fruits frais, les sushis ou les salades sont quelquefois les seules options. Il m’est arrivé, dans un aéroport à Cuba, de devoir attendre plusieurs heures tout en jeunant, car les seules options étaient de la restauration rapide et je n’avais plus de collations après être passé au contrôle de sécurité. En bateau, la situation est encore plus variable et dépend de la taille de l’embarcation ainsi que de la compagnie. Si l’on prévoit une croisière sur un navire de grande taille, il est relativement aisé de trouver un menu convenable et même de s’entendre avec le personnel de la cuisine, qui est généralement très compréhensif face à cette problématique (la pression des compagnies d’assurance aidant…).

Si, en bus, seules nos collations sont une option, dans certains trains il sera parfois possible, comme en bateau, de trouver une option acceptable. Dans tous ces moyens de transport collectifs, le fait de prévoir des serviettes désinfectantes peut aussi aider à limiter les risques d’entrer en contact avec des allergènes, ce qui peut être dangereux dans le cas d’allergies sévères avec réactions anaphylactiques, par exemple. Se déplacer en automobile ou en véhicule récréatif est, de loin, l’option la plus facile en raison de l’absence de règlementation à bord (!) et de l’espace pour le transport d’aliments volumineux ou périssables (espace qui peut même être réfrigéré). Il ne restera qu’à tenir compte des limitations douanières lorsqu’on change de pays.

À destination ou en déplacement continuel, les défis sont toujours présents. Tout comme à l’aéroport, rouler le long des grands axes autoroutiers n’offre généralement que des options de restauration rapide. Il est bon de savoir que des chaines comme Subway, par exemple, proposent du pain sans gluten ou l’option d’une salade. S’il est rassurant de pouvoir choisir les aliments que l’on met dans son plat, il est presque impossible de savoir quels ingrédients les composent et encore moins quels additifs y sont ajoutés. Il faudra jouer de prudence et être conservateur. Par exemple, les sauces sont généralement à éliminer (laitages, gluten, agents de conservation…), tout comme les charcuteries (sulfites…). Fait à noter, des enseignes comme Burger King offrent aujourd’hui des burgers végétariens à base de soya. Si demander au serveur est toujours une bonne pratique, j’ai souvent ressenti un certain agacement (la vitesse du service étant diminuée), mais surtout une méconnaissance crasse des produits. Par exemple, un serveur m’a suggéré de ne pas prendre un mets, car il contenait de la mayonnaise, donc des produits laitiers selon lui !

Les restaurants standards offrent plus d’intérêt. Oui, le menu est plus élaboré, mais surtout, le personnel est généralement plus sensibilisé à cette réalité. Dans le restaurant d’un Holiday Inn, en Écosse, une fois que le serveur eut été avisé de ma condition, il a fait venir le chef, qui m’a alors proposé plusieurs options, en modifiant, dans certains cas, son menu. Ce genre de service est de plus en plus courant et très apprécié. Il n’en reste pas moins que de faire sa propre bouffe est tout à la fois plus économique et plus sécuritaire dans bien des cas, quand c’est possible. En ce sens, faire son épicerie au supermarché est l’option de choix.

De nouvelles options

Si la plupart des voyageurs se débrouillent en anglais, l’expérience peut être longue voire éprouvante dans une autre langue. En Norvège, je me souviens d’avoir pris un temps interminable à utiliser l’application Google Translate afin de connaitre le nom des ingrédients que je voulais acheter ! Aux États-Unis, la chaine Walmart, qui possède de très nombreux commerces bien répartis un peu partout, offre généralement un vaste choix d’aliments biologiques à un prix moindre que dans les marchés santé, d’ailleurs plus difficiles à localiser. Lumière au bout du tunnel, on commence même à trouver, dans certains aéroports et le long des autoroutes, des succursales de dépannage des grandes chaines de distribution alimentaire. Ici au Québec, on peut trouver des IGA Express, par exemple. En Écosse, les Tesco Express nous ont bien servis, même à l’aéroport ! Il ne faudrait pas oublier les marchés locaux plus petits, mais ô combien plus sympathiques. Que ce soit à Hawaï, en Australie ou à Sainte-Lucie, nous avons toujours eu un grand plaisir à parcourir ces marchés tout en prenant le pouls de l’endroit et en faisant parfois de belles découvertes. Bien sûr, l’offre y est parfois limitée et l’emplacement plus difficile d’accès, mais l’ambiance ajoute toujours à l’expérience.

Bref, manger en faisant attention à ce que l’on se met sous la dent est possible même en voyage. Il n’y a plus d’excuse pour rester chez soi et se morfondre. Voir du pays et bouger ouvrent l’appétit !

Par Dany Coulombe
Illustration : Béatrice Favreau
Magazine Camping Caravaning, vol. 25 no 4, juillet 2019

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POUR INFO

Information générale sur les allergies alimentaires :
• Allergies Québec au allergies-alimentaires.org
FoodAllergies.About.com
FoodAllergy.org

Cartes d’allergies :
AllergyTranslation.com
DietaryCard.com
SelectWisely.com

L’application (et site) AllergyEats : un guide des restaurants sécuritaires pour les personnes allergiques (uniquement aux États-Unis)
CeliacTravel.com : ressources pour les personnes souffrant de la maladie céliaque
GlutenFreePassport.com : recommandations de restaurants dans le monde entier,cartes de traduction et plus
L’application Find Me Gluten Free : pour les gens allergiques au gluten
Kashrut.com : ressources pour les voyageurs désirant manger cashère
VegetarianUSA.com : marchés, restaurants et ressources pour les végétariens, aux États-Unis et ailleurs dans le monde
VegDining.com : restaurants végétariens et végétaliens autour du monde
HappyCow.net : restaurants et marchés végétariens, autres ressources

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