C’est comme ça à tous les coups. À la recherche d’une destination, il suffit généralement de quelques caractéristiques clés pour que l’on soit inéluctablement attiré par un lieu. Parmi les critères, il peut y avoir la proximité de la mer, un riche patrimoine culturel et historique et des beautés naturelles remarquables. Portsmouth, au sud-est du New Hampshire, propose tout cela et même davantage.

Portsmouth est aujourd’hui une ville comptant un peu plus de 20 000 habitants. Bien qu’étant une destination touristique et commerciale, elle demeure une petite agglomération où il est facile de circuler en automobile et de se promener à pied. Comme son nom le laisse entendre, au-delà du clin d’oeil à sa cousine anglaise, la ville voit son ADN fortement influencé par la mer. Idéalement située à l’embouchure de l’importante et profonde rivière Piscataqua, elle se targue, ayant été fondée en 1623, d’être l’une des trois plus anciennes agglomérations du pays, mais surtout de posséder l’un de ses ports les plus importants. Aujourd’hui encore, les activités portuaires y occupent une place enviable sans compter la présence, depuis 1800, d’un vaste chantier naval sur la rive nord de la rivière, du côté du Maine.

Portsmouth

En se rendant à Portsmouth du sud vers le nord, depuis le camping où nous avons séjourné, on traverse la très commerciale région de Hampton, avec sa plage réputée. À l’approche de Portsmouth, un arrêt s’impose au parc d’État d’Odiorne Point, le lieu où les premiers colons à fonder la ville ont accosté en 1623. Le parc de 134 ha (330 acres) offre aujourd’hui une belle occasion de se dégourdir les jambes tout en humant l’air salin. Il y a bien quelques ruines d’un
ancien complexe militaire, mais c’est plutôt dans Portsmouth même que les bâtiments historiques sont intéressants. En arrivant tôt, nous avons très facilement pu nous stationner au coeur du vieux Portsmouth et ainsi parcourir à pied un circuit qui relie les différents points d’intérêt. Aussitôt descendus du véhicule, nous nous sommes précipités presque en courant vers le quai afin de voir la partie centrale du fameux pont Memorial s’élever lentement pour laisser passer des voiliers et des bateaux imposants. Wow… Beau spectacle pour amorcer la journée ! D’une longueur de 363 mètres, ce pont à treillis inauguré en 2013 a la particularité d’offrir des voies réservées aux piétons et aux cyclistes. De plus, il possède une partie centrale qui s’élève en translation plutôt qu’en rotation. Construit sur le même principe que celui qu’il remplace, il est dédié aux marins et soldats qui ont combattu durant la Grande Guerre, d’où son nom.

Déjà aux premières loges, nous avons lentement déambulé dans le parc Prescott, aux abords de la rivière Piscataqua, tout en regardant les bateaux circuler et en admirant les fleurs de ce jardin bien entretenu où de nombreuses présentations musicales ont lieu en juillet et aout. Outre les voiliers, bateaux de pêche commerciaux et autres embarcations de tout acabit qui naviguent sur le plan d’eau, il y a cette très nostalgique réplique d’un gundalow qui se joue encore des courants, comme autrefois. Bateau de commerce au fond plat et à la voile latine typique de la région, la réplique d’aujourd’hui, nommée Piscataqua, est
utilisée à des fins touristiques par un organisme à but non lucratif.

Un saut dans le passé nous attendait par la suite à l’incroyable musée Strawbery Banke. Issu de la sauvegarde et de la restauration d’une quarantaine de bâtiments du quartier populaire de Puddle Dock, le lieu offre, depuis 1958, la possibilité de s’immerger littéralement dans ce qu’était la vie des années 1600. Il y a les bâtiments, bien sûr, mais aussi les personnages en costume d’époque et les nombreuses activités. Avec ses 3,8 ha (9,5 acres), le lieu en impose et cette visite occupera certainement une partie de la journée !

Tout près de Strawbery Banke, la rue Market propose des bâtisses commerciales dont certaines sont encore agrémentées de façades en fonte. La rue Bow, quant à elle, arbore des bâtiments aux façades de briques rouges d’une autre époque. Ah, quand commerce, industrie et histoire se côtoient ! Puis, à la recherche d’un endroit pour piqueniquer, nous aboutissons sur les petites iles Pierce et Four Tree. Assis à l’une des tables disposées de manière à offrir le maximum de vue sur les environs, nous nous offrons une collation qui s’étire et s’étire jusqu’au début de l’après-midi. La vue sur le chantier naval, situé sur la rive nord de la rivière, dans l’État du Maine, est l’une des meilleures. Ce chantier, construit en 1800, a employé pas moins de 24 000 travailleurs pendant la Deuxième Guerre mondiale ! Puis, nos yeux se tournent vers le bâtiment blanc à sa droite, plus en aval. Un édifice aux allures plutôt inquiétantes, qui a l’air en décrépitude. Plus tard, alors que nous traversons à l’ile New Castle, nous apprenons que c’était, de 1900 à 1974, une immense prison navale ayant déjà gardé 3 000 prisonniers. Aujourd’hui délaissée, elle se trouve sur un terrain fédéral et n’est pas ouverte au public.  

 

Les phares et les plages

On ne peut aller sur le bord de la mer sans faire un arrêt obligé pour soit se prélasser, soit marcher sur la plage, soit admirer les phares qui gardent encore cette côte échancrée. Le seul phare installé sur le continent au New Hampshire est le phare Portsmouth Harbor. Construit en 1877 sur le site du fort Constitution, une construction datant de la révolution américaine, il n’est accessible que par un terrain bien gardé qui mène au fort. Comme il est ouvert à l’occasion seulement, nous nous sommes contentés d’admirer les structures de loin. Plus loin et en mer se dresse un autre phare, le Whaleback. Moins joli que le premier avec sa structure de 15 mètres en granite naturel, il repose sur un ilot rocheux depuis 1863. Il offre néanmoins l’occasion de faire de belles photos avec les voiliers qui sillonnent le chenal.

Et les plages, me direz-vous ? Ah… les plages ! Il y en a partout et de toutes les sortes. De l’immense et commerciale à la toute petite et plus naturelle, on pourrait longer la côte et se mettre du sable entre les orteils à tout plein d’endroits. Parmi les plus notables, mentionnons Ogunquit et Wells, dans le Maine, et Hampton et North Hampton au New Hampshire. Est-ce à cause de la proximité de notre chez-soi temporaire ? Nous avons eu un petit faible pour celle de Salisbury… Après tout, il est toujours agréable d’aller marcher sur le sable encore chaud alors que le soleil se couche et la lune se pointe le nez, puis de rentrer doucement à pied pour s’étendre dans notre caravane. C’est fou comme l’air salin peut vous créer une petite fatigue !

Notre choix de camping

Dès le début, nous avions fait le choix de poser nos pénates au camping de la Salisbury Beach State Reservation, située au Massachusetts. Nous étions bien conscients qu’ainsi nous aurions à couvrir trois États différents (le Massachusetts, le New Hampshire et le Maine) pour nous déplacer pendant notre séjour.
Les courtes distances séparant les trois ainsi qu’un réseau autoroutier bien développé et diversifié ont contribué à rendre les déplacements faciles, voire agréables, en nous donnant accès à plusieurs attraits en cours de route. L’endroit est toutefois populaire et, en conséquence, il est sage de faire des réservations.

Bien situé près d’axes routiers importants comme l’autoroute 95, mais aussi de routes panoramiques comme la 1A, le lieu est surtout prisé en raison de sa très enviable situation à l’embouchure de la rivière Merrimack, près de Newburyport. Une belle et profonde plage de plus de six kilomètres donne accès à l’océan ; la pêche, le nautisme et les activités de plage y sont à l’honneur. Si le camping se révèle imposant avec ses 484 emplacements, l’accès à la mer n’est pourtant jamais bien loin. Les emplacements sont plutôt dégagés et offrent peu d’ombrage, mais nous n’avions pas l’intention de toute façon de nous attarder outre mesure à notre table de piquenique. Même si la plage est attrayante, l’appel de Portsmouth se faisait entendre.

Par Dany Coulombe
Magazine Camping Caravaning, vol 23/no 5, aout 2017

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