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Parc national d'Acadia, dans le Maine
Diversité et beauté

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La côte du Maine entre Portland et Machias est très échancrée. Les baies se succèdent et les iles sont légion. Située à 73 kilomètres au sud-est de Bangor, blottie entre l’immense baie de Penobscot et celle de Frenchman, l’ile du Mont-Désert abrite l’un des plus petits parcs nationaux des États-Unis et l’un des plus populaires : le parc Acadia.

Désigné monument national en 1916 sous l’appellation « Sieur des Monts », il devient parc national trois ans plus tard et est officiellement renommé Acadia en 1929. C’est un lieu unique à bien des points de vue. Premier parc national à être créé à l’est du Mississippi, il est le seul provenant uniquement de dons de propriétaires terriens. Ses 19 830 hectares (49 000 acres) protègent une bonne partie de l’ile du Mont-Désert et englobent le seul fiord de la région, ainsi que la montagne la plus élevée de la côte du nord-est des États-Unis.

Avec ses vieilles collines de granite dénudées, ses lacs d’eau douce et ses nombreuses baies, le parc possède un attrait naturel indéniable. Facilement accessible par l’autoroute 95 et la route 1, le parc offre, compte tenu de sa petite taille, une étonnante diversité d’attraits et d’activités. Alors voilà, quand accessibilité, diversité et beauté se combinent, on obtient popularité. Près de trois-millions de visiteurs visitent le coin, annuellement… Ça fait beaucoup de monde, mais ça contribue aussi à justifier des infrastructures nombreuses et efficaces, au grand plaisir du touriste de passage.

Tout le monde à bord !

Un arrêt obligé au centre d’accueil permet de se munir de l’essentiel passeport d’entrée au tarif très raisonnable de 20 $US par véhicule ou de 5 $US par personne, valide 7 jours. En plus d’être abordable, ce prix comprend l’accès à la très pratique et écologique navette du parc, l’Island Explorer.

Cet autobus, qui accepte volontiers de transporter les vélos, relie la plupart des points d’intérêt du nord-est de l’ile. En partance du terminus Village Green, dans le village de Bar Harbor, le bus sillonne la partie la plus populaire du parc et se rend même à l’entrée nord pour servir les campeurs résidants sur les terrains de camping privés en périphérie. C’est vraiment l’option la plus pratique, et (l’ai-je dit ?) la plus écologique, de découvrir le parc. Bref, génial ! Évidemment, le centre d’accueil permet aussi d’obtenir les renseignements nécessaires, comme les cartes et guides de toutes sortes, ainsi que de faire provision de souvenirs.

L’incontournable Ocean Path

Qui dit Maine dit côte Atlantique. On ne saurait visiter le parc sans marcher au bord de mer. Une bonne introduction, et mise en jambe, consiste à prendre le sentier Ocean Path qui se faufile d’Otter Point, au sud, à Sand Beach, au nord. S’il longe la route, ce sentier linéaire facile et accessible a quand même beaucoup à offrir. Il y a au sud les imposantes falaises de granite d’Otter Point qui font plus de 30 mètres. Disséminées tout au long du parcours qui fait environ cinq kilomètres et demi, de nombreuses et discrètes petites baies ainsi que le fameux Thunder Hole attendent d’être explorés.

Au nord, Sand Beach, la seule et unique plage de sable du parc, permettra au randonneur de se la couler douce. Si la fraicheur de l’eau salée rend la baignade peu populaire, une randonnée vers Bar Island, en partance du village de Bar Harbor alors que la marée est basse, donnera l’occasion de se mettre les pieds sur le fond vaseux, plein de coquillages et d’odeurs de la baie Frenchman.

Cette sortie donne aussi l’occasion de grimper sur la petite colline qui surplombe l’ile et d’avoir accès à un très joli point de vue sur le petit village de pêcheurs devenu village de… touristes. Et tant qu’à parler de randonnées, il faudrait bien mentionner qu’il n’y a pas que le bord de mer. En fait, près de 200 kilomètres de sentiers de toutes sortes s’offrent aux adeptes de la marche. Il y a les sentiers The Beehive ou Precipice qui, malgré leurs maigres trois kilomètres de longueur, représentent un défi pour les plus aguerris, non seulement en raison de leur dénivelée importante, mais aussi de leurs passages à flanc de montagne qui risquent de donner des frissons, même à ceux qui n’ont pas le vertige habituellement.

 

Le mont Cadillac

Enfin, des sentiers plus longs, comme les sentiers menant au mont Cadillac (le South Ridge et le North Ridge), sont certains de satisfaire les adeptes de randonnées plus élaborées. À propos du mont Cadillac, rappelons que c’est le plus haut sommet de la région, avec ses 466 mètres d’altitude, et que chaque matin, au lever du soleil, une armée d’observateurs aux yeux bouffis se rassemble au sommet après avoir conduit ou pédalé cinq kilomètres et demi pour avoir le privilège d’observer le lever du soleil. Un autocollant, attestant que vous faites partie de ce club, est même en vente au restaurant, sis près de l’immense stationnement du sommet.

Les carriage roads

Hormis les beautés naturelles, un attrait unique en son genre attire à lui seul bon nombre de visiteurs : les voies charretières (carriage roads) et leurs majestueux ponts en arche recouverts de pierres. Bien que l’on puisse parcourir les 70 kilomètres de ces routes à pied ou même à cheval, c’est à vélo que la plupart choisissent de partir à leur découverte. Ces chemins mènent à de superbes paysages en se faisant un point d’honneur de s’attarder à l’un (ou plusieurs !) des 17 gracieux ponts qui constituent la principale attraction de ce réseau unique.

Bien que les routes soient larges et ne présentent que peu de dénivelée, c’est surtout en vélo de montagne ou hybride que l’on prendra plaisir à rouler sur ce gravier fin. Des heures de plaisir ! Même si le richissime philanthrope John D. Rockefeller a été l’un des principaux donateurs en léguant plus de 4 450 hectares (11 000 acres), c’est surtout pour la construction de ces fameuses routes et de leurs ponts qu’il est reconnu.

Bar Harbor, ses phares… et son homard

Que ce soit en raison du mauvais temps ou afin de varier les activités, une promenade dans les rues de Bar Harbor est un incontournable. Aux férus d’histoire, le sentier historique permet d’admirer 25 « belles d’autrefois », certaines datant de 1860, et d’en apprendre au sujet du feu dévastateur de 1947 qui a réduit en cendres 6 880 hectares (17 000 acres) pendant les 10 jours qu’il a fait rage. Pour les adeptes du magasinage, nombre de boutiques souvenirs ont pignon sur rue aux alentours du Village Green, tandis que le sentier côtier, le Shore Path et le parc Agamont offrent une belle excuse pour déambuler lentement en amoureux tout en observant le port et les iles Porcupine.

Si l’on a encore un peu de temps, on peut s’armer de jumelles et partir à la découverte des cinq phares qui gardent l’entrée d’autant de baies. Toutefois, de ces cinq aides à la navigation, seul le phare de Bass Harbor Head est accessible par une route ouverte à la circulation automobile, mais fermée aux véhicules récréatifs. Les autres structures doivent s’admirer de loin.

Marcher des heures sur le granite rose des sentiers, explorer les routes de gravier à vélo ou même faire du lèche-vitrine, ça ouvre l’appétit ! Et l’air marin, ah, l’air marin ! Tout ça donne envie de déguster un bon homard ou deux, non ? Ce serait en effet un vrai péché que de visiter ce coin du Maine sans s’offrir un crustacé bien rouge, avec un bon vin, cela va de soi. Les bons restaurants ne manquent pas et les kiosques qui vous offrent des homards frais ou fraichement cuits sont nombreux. Décidément, le parc Acadia a de quoi plaire à tous. Malgré sa petite taille, la densité et la diversité de ses attraits en font vraiment un incontournable. Quoi ? Vous n’y êtes pas encore allé ? Alors, courez ! Ou retournez-y pour la dixième fois, c’est toujours aussi agréable.

Texte et photos : Dany Coulombe
Magazine Camping Caravaning, vol. 21/no 1, mars-avril 2015.

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Pour info

Site web du parc : nps.gov/acad/index.htm

Le parc possède deux terrains de camping, Blackwood Campground et Seawall. Plusieurs emplacements sont réservés aux véhicules motorisés et le tarif n’est que de 20 $.

Plusieurs terrains de camping se trouvent près de l’entrée nord du parc. La navette Island Explorer dessert même les plus près.

Compte tenu de l’étroitesse de la route du parc, mais aussi et surtout des embouteillages possibles et de l’impact écologique de toutes ces émissions de gaz, l’usage des véhicules récréatifs n’est pas recommandé pour circuler dans le parc. Au risque de se répéter, la navette Island Explorer est l’option la plus intéressante.

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