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Louisbourg, Nouvelle-Écosse
Un palpitant voyage historique

L’hiver dernier, mon mari et moi avons acheté une caravane Trail-Lite Crossover ultra-légère, que nous remorquons avec un VUS Ford Escape. Nous sommes des jeunes mariés, début cinquantaine. Nous avons uni nos destinées en 2005, après deux ans de fréquentation. Nous caressions trois rêves, que nous avons réalisés : avoir une maison à la campagne, un berger allemand et… un véhicule récréatif. Suivez-nous alors que nous découvrons Louisbourg.

Pour notre première expérience en caravaning, nous avons décidé d’explorer la plus grande cité fortifiée de Nouvelle-France hors Québec : la forteresse de Louisbourg, située à 1 500 kilomètres de Montréal. Passionnés par l’histoire, nous avons appris qu’elle était la première ligne de défense de la force coloniale française dans le Nouveau-Monde. Au terme de six semaines de siège en 1758, l’écrasante force militaire des Britanniques l’a prise d’assaut et a réussi à la faire tomber. Détruite par les Anglais en 1760, elle a été reconstruite partiellement en 1961, d’après des plans d’époque. Il n’en fallait pas plus pour attiser notre esprit d’aventure et notre soif de découvertes.

Nous sommes arrivés en plein brouillard dans la petite ville de Louisbourg. Le terrain de camping que nous avions choisi à Louisbourg a une vue directe sur la mer, d’où on aperçoit la ville fortifiée lorsqu’il fait soleil. Nous étions ravis d’être arrivés, malgré la brume. Par moment, les nappes de brouillard s’estompaient et nous avons pu nous promener dans le village  et au bord de la mer. Enfin, trois jours de détente sans route à faire et sans pancarte d’orignal ! Au matin, le soleil resplendissait dans l’azur et nous sommes allés visiter la forteresse de Louisbourg. Les autos sont interdites sur le site historique et l’on s’y rend par un court trajet en autobus à partir de la billetterie. Lorsqu’on s’approche de la forteresse, la vue est magnifique. Louisbourg scintille dans toute sa beauté, baignée par les flots. Il est impossible de ne pas avoir un coup de coeur pour cet endroit aussi éblouissant qu’imposant.

Notre première journée à la forteresse a été captivante. Le concept est aussi brillant qu’original. On y vit comme dans le passé, entourés par une multitude d’aimables figurants en costumes d’époque qui nous expliquent la vie jadis ainsi que les différents métiers. Nous avons rencontré et parlé tour à tour à des pêcheurs, un forgeron, un boulanger, des cuisinières, des fermières, des servantes, des brodeuses, des tambours, des soldats, des Amérindiens et des notables. Chaque maison est axée sur un thème différent avec des comédiens qui incarnent les habitants d’autrefois.  

 

Un plan détaillé remis aux touristes indique toutes les activités qui se déroulent dans les habitations. Ici, pas de restauration rapide, à part un minuscule comptoir à café et à sandwichs. On mange comme au temps de nos ancêtres dans trois restaurants. Nous avons pris notre repas du midi à l’Hôtel de la Marine. Le couvert consistait en une seule cuillère à soupe. Nous avons dégusté un savoureux repas d’époque — soupe aux légumes, tourte de dinde et morue — tout en socialisant autour d’une grande table avec un sympathique couple d’Américains et une charmante famille manitobaine.

Nous sommes retournés le lendemain avec empressement à la forteresse, toujours sous le soleil. Nous sommes allés sur le site archéologique et au splendide bastion du roi, luxueux fief des gouverneurs de Louisbourg. Nous avons longuement marché sur les remparts en contemplant près des canons cette merveilleuse cité qui accueillait dans son port plus de 140 navires, il y a plusieurs centaines d’années. Le clou de la journée a été une rencontre magique avec un chanteur et violoneux acadien dans une taverne. Nous avons découvert en parlant que nous étions des cousins de la branche bretonne des Devaux !

La route a été longue jusqu’à Louisbourg. Traverser presque trois provinces a été une expérience aussi inoubliable que fatigante, mais que nous ne regrettons pas, car nous avons adoré la visite de la forteresse. Naviguer vers l’inconnu nous a aussi enseigné plein de choses sur la maitrise de nous-mêmes. Je n’oublierai jamais la traversée angoissante des hautes montagnes noyées dans les nuages et la brume. C’est comme si nous avions été seuls au monde, sans croiser personne pendant des heures, comme si nous avions été propulsés sur une planète sauvage, mais ô combien fascinante !

Par Nadège Devaux
Magazine Camping Caravaning, vol. 14/no 1, mars-avril 2008.

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