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L’Inuvik-Tuktoyaktuk Highway
Pour rouler jusqu'à l'Océan Arctique

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Depuis novembre 2017, une route publique canadienne se rend jusqu’à l’océan Arctique, dans les Territoires du Nord-Ouest. Des voyageurs aventureux vont depuis à la rencontre des Inuits du village de Tuktoyaktuk (900 habitants), sur les rives de l’Arctique. L’un de nos collaborateurs l’a empruntée.

Notre gros véhicule à quatre roues motrices, bien nommé Yukon (de GMC), dévore les 130 kilomètres de la route de gravier, montée sur le pergélisol, qui va d’Inuvik à Tuktoyaktuk. Cette route est une épaisse couche de roche et de gravier qui va se tasser au fil des années, mais pour le moment, elle torture les motocyclistes qui osent l’affronter. Les autos ordinaires et les VR y roulent assez bien quand il fait beau, mais plusieurs s’enlisent dans la boue lors des jours de pluie. Une fois rendu à l’immensité de l’océan Arctique, ce sont les véhicules récréatifs qui ont le beau rôle, car il n’y a ni hôtel ni restaurant dans le village. Et il n’y en aura peut-être jamais, car « Tuk » est si loin et la saison du tourisme y est si courte.

Tuktoyaktuk constitue une valeur rarissime dans le tourisme du 21e siècle : une destination nouvelle, où des civilisations se rencontrent avec joie et sourires. Les touristes obtiennent un contact authentique dans un lieu mythique, et les villageois inuits se sentent désormais moins isolés, tout en obtenant de nouvelles sources de revenus. Pour le moment, les deux parties sont aux anges. Et l’on peut espérer que le tourisme ne changera pas trop la nature joviale des gens de Tuktoyaktuk.

Une route d’exception

L’Inuvik-Tuktoyaktuk Highway (c’est son nom) n’ouvre pas le chemin du tourisme de masse, car il faut du temps, de l’argent et un certain gout de l’aventure pour rouler jusqu’à Tuk. Depuis Montréal, la route fait 7 000 kilomètres.

Il faut d’abord rouler jusqu’à Edmonton, puis prendre l’Alaska Highway et la Klondike Highway. Une fois arrivé à l’intéressante ville de Whitehorse (capitale du Yukon), on conduit l’équivalent d’un parcours Montréal-Toronto (450 kilomètres) sur une route asphaltée avant d’arriver à Dawson City. Cette légendaire ville du Klondike est à 30 kilomètres du début de la mythique Dempster Highway qui mène à Inuvik sur 700 kilomètres de gros gravier.

Du temps et de l’argent donc. On roulera en véhicule loué (très cher) ou on risquera d’endommager son auto ou son véhicule récréatif, car les cailloux acérés de la Dempster Highway percent les pneus, écorchent la peinture et abiment souvent les parebrises. C’est l’aventure donc, et ce l’est encore plus si l’on fait la route à moto ou… à vélo. On a même vu des « pouceux » européens.

Un corridor d’émerveillement

La Dempster Highway est en fait un corridor, car on n’y croise aucune route. La portion au Yukon est incroyablement vide de tout signe de civilisation. Elle met en vedette une grande nature merveilleuse qui traverse les monts Richardson et inclut le fascinant parc territorial Tombstone.

Entre le début de la route et sa fin, à Inuvik, se trouve la station-étape d’Eagle Plains – un fond de vallée, une étape inoubliable, légendaire. Les essentiels de la vie nomade s’y trouvent : motel, restaurant sommaire, grand bar bardé de trophées de chasse, pompes à carburant et un site de camping.  

 

Heureux sont les gens qui partent d’Eagle Plains en direction nord. Ils verront en rapide succession la limite du cercle arctique et la frontière des Territoires du Nord-Ouest (TNO). Cette dernière, au sommet d’un col montagneux, évoque le froid, l’aventure, l’inconnu.

Les longs segments de route de la Dempster Highway ne sont bordés que de maigres conifères. Le chemin n’est pas fantastique partout, mais l’ensemble de l’oeuvre est inoubliable.

Ma portion favorite de la Dempster est faite de montagnes, de plaines et d’eau. Elle traverse la rivière Peel et le majestueux fleuve Mackenzie. Elle pénètre aussi le territoire des Gwich’in (des autochtones habitant une vaste région de l’ouest des TNO).

La découverte de ce pays n’est pas complète sans aller à la rencontre de ces gens souriants et courageux qui peuplent une contrée qui n’est pas faite pour les timorés. La rencontre des Gwich’in se fait d’abord à Fort McPherson, mais c’est à Inuvik qu’on saisit bien l’âme des autochtones du Grand Nord. On est ici

dans leur pays, où ils sont majoritaires et où ils nous accueillent avec bonhommie. Il faut dire que leurs conditions de vie se sont beaucoup améliorées au cours des dernières décennies.

Ceux qui manquent de temps peuvent aussi prendre des vols jusqu’à Whitehorse ou même Inuvik (par Air North, Canadian North ou First Air) et louer un véhicule (ou aller jusqu’à Tuk avec un voyagiste).

Quelle que soit la manière d’y aller, un dépaysement culturel et naturel suprême se trouve sur la route de l’Arctique. Ce dépaysement est réservé aux voyageurs prêts à se lancer sur une longue route, parfois incertaine, mais en fin de compte toujours excitante.

Pour info : Tourisme Territoires du Nord-Ouest : 867-873-5007 ou 1-800-661-0788,
spectacularnwt.com/destinations/western-arctic/tuktoyaktuk
Tourisme Yukon : 1-800-661-0494, travelyukon.com

Par Benoit Legault
Magazine Camping Caravaning, vol. 25 no 8, décembre 2019-janvier 2020

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● Virée sur les routes du Yukon

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OÙ CAMPER ET SÉJOURNER EN VR

Le Yukon et les TNO ont d’excellents réseaux de parcs territoriaux. Il y a beaucoup d’endroits où camper ou séjourner en VR. Les emplacements se comparent à ceux de nos parcs provinciaux et nationaux, mais souvent, il n’y a pas de personnel ni de services (l’inscription demeure obligatoire). Il faut donc être bien équipé et autonome. Il faut aussi tenir compte de la présence, réelle, des ours grizzlis. Faire du bruit et bien dissimuler la nourriture ne se fait pas ici en théorie, mais bien en pratique !

Parcs Canada gère le parc national Ivvavik (situé à l’ouest d’Inuvik), paradis des amateurs de rafting et de paysages nordiques. Parcs Canada est aussi responsable du site canadien des Pingos (des collines au noyau de glace) qui se trouve tout près de Tuktoyaktuk. Whitehorse, Dawson City et même Inuvik sont de petites villes qui assurent tout le ravitaillement possible, mais Eagle Plains n’est qu’une station-relai.

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