Peu importe le véhicule récréatif que l’on utilise, un fait est certain, on manque toujours d’espace ! De l’espace pour ranger des vêtements, des accessoires de camping, de la nourriture et… des bébelles. Alors, si on tient à apporter un bateau, serait-il temps de penser à se procurer une embarcation portative ?

Quand il faut faire un choix douloureux et laisser des articles derrière soi, c’est le gros bon sens qui prévaut : on va à l’essentiel. Les articles de sports et de loisir écopent donc. Si une paire de bottes de randonnée arrive à trouver sa place dans les espaces de rangement intérieurs et que les vélos bénéficient d’un support extérieur bien adapté, les bateaux, quant à eux, demeurent plus difficiles à transporter. Bien sûr, quand on le veut vraiment, on peut apporter tout, tout, tout avec. Mais quand on veut économiser en espace et en argent, il faut oublier les grosses remorques à tracter et les véhicules-garages (toy hauler).

Il y a l’option de faire comme avec son automobile et d’installer le tout sur un porte-bagage. Cette solution ne peut toutefois pas s’appliquer sur tous les véhicules en raison du manque d’espace disponible sur la toiture – bien souvent déjà encombrée par le climatiseur, l’antenne parabolique ou les panneaux solaires – ou de la hauteur d’installation. Ainsi, voyager en autocaravane de classe A ou C est plus limitant de ce côté que dans le cas des VR de classe B. Pour ce qui est des caravanes à sellette, leur hauteur rend difficile de grimper sur la toiture alors que sur les caravanes, souvent plus petites, c’est la difficulté de fixer adéquatement un support qui cause problème. Vient alors la solution pratique : choisir une embarcation portative.

Les avantages et les inconvénients

Quand je dis « portative », je ne dis pas seulement de petite taille. Je parle de vrais canots, kayaks récréatifs ou de mer et même de planches à pagaie (SUP). Toutes ces embarcations ont un point en commun : il en existe des modèles démontables et dégonflables. Une fois rangées dans leur sac de transport, elles logent facilement dans un coffre extérieur de petite taille. Génial. Les avantages ne se limitent d’ailleurs pas seulement à leur petit volume de rangement. Le fait d’être dans un coffre du véhicule, à l’abri des regards indiscrets, augmente grandement la sécurité. Et finies les batailles interminables avec les câbles d’acier ou les clés de cadenas perdues ! De plus, à l’abri de la vue implique aussi à l’abri du vent. Pour avoir fréquemment conduit jusqu’en Floride avec un canot sur le toit ou vers la Côte-Nord avec un kayak, je peux confirmer le manque d’aérodynamisme de l’ensemble. Ce qui se traduit par une consommation d’essence accrue, mais aussi par un comportement routier parfois erratique (on peut penser aux brusques déplacements latéraux en raison des bourrasques de côté). Enfin, bien à l’abri dans un coffre, le bateau ne craint plus la dégradation causée par les rayons ultraviolets ni les bris dus à l’impact avec des cailloux. Bref, les avantages sont nombreux.

Comme rien n’est parfait, toutefois, il y a aussi des inconvénients. L’un des plus importants est lié au choix limité de modèles. Il suffit de faire un tour dans les boutiques spécialisées pour se rendre compte que les options sont peu nombreuses. Ensuite, il y a le prix. Il faut s’attendre à payer plus que pour un bateau standard de taille équivalente. Viennent ensuite les considérations liées à la performance. Hormis quelques exceptions, les embarcations gonflables sont souvent moins performantes que leurs équivalents à coque rigide. Enfin, le temps et les soins nécessaires à l’assemblage et au désassemblage peuvent en décourager plus d’un. Pour de courtes distances, il est toutefois possible de garder le bateau assemblé, ce qui diminue radicalement le temps de préparation. En ce qui a trait à l’entretien, une attention toute particulière doit être portée à l’étape du rinçage à l’eau douce et propre (surtout si l’on va en mer) afin non seulement d’enlever le sel, mais aussi le sable. Enfin, un séchage complet est essentiel afin d’éviter le développement de moisissures qui s’attaqueront non seulement à l’apparence de la toile, mais aussi à son intégrité.

Après mure réflexion, si l’option d’une embarcation portative gonflable ou démontable vous semble idéale pour vos sorties sur l’eau lors de vos voyages de camping, il est temps de considérer les différents types offerts sur le marché.  

 

La planche à pagaie (SUP)

C’est probablement le type d’embarcation gonflable le plus facile à trouver dans les boutiques. Certains fabricants sont même québécois, comme DoSport, qui offre huit modèles gonflables différents. Une telle planche, souvent fabriquée de PVC, se gonfle à une pression de 20 psi à l’aide d’une pompe fournie et offre des performances semblables à celles des planches rigides. Pesant seulement 10-13 kg et coutant de 1 000 $ à 1 500 $, elle est non seulement facile à ranger et à transporter jusqu’à la mise à l’eau, mais aussi relativement économique. On peut penser aussi à des modèles offerts par des compagnies américaines comme Level Six ou NRS, tous vendus au Québec.

Le kayak

Bien que les kayaks récréatifs dominent ici le marché, il existe encore d’excellents kayaks de mer démontables. Si le kayak récréatif est plus compact, plus stable, plus facile à manoeuvrer et plus économique que la version de mer, cette dernière brille en raison de sa performance sur les grands plans d’eau. Ici, plusieurs options existent. Il y a des kayaks récréatifs entièrement gonflables, comme ceux d’Advanced Elements (distribués au Canada par Techstyle International) ou ceux d’Innova, offerts au Québec en plusieurs modèles, ou même de Pakboat ou de Folbot, seulement en vente aux États-Unis. N’oublions pas les kayaks de mer légendaires et de haute qualité à l’ossature d’aluminium, comme ceux de Feathercraft, une compagnie canadienne, ou de Klepper, une compagnie allemande dont les produits sont distribués au Canada par Marlin Marine de Nouvelle-Écosse. Les prix varient beaucoup selon les modèles (une place ou deux, avec ou sans pont, de mer ou récréatif) et la fourchette de prix est assez large, avec des montants partant de 1 000 $ pour grimper jusqu’à près de 5 000 $. Il en va de même avec les masses, qui vont de 12 kg à 30 kg…

Les canots

Les vrais canots sont de loin les embarcations les plus difficiles à trouver. Au fil des ans, nous avons eu la chance d’essayer des modèles de la réputée compagnie américaine Pakboat qui nous ont impressionnés. En fait, pas seulement nous. Il fallait voir tous les badauds qui s’attroupaient autour de nous lors de l’assemblage du bateau ! Avec une masse de 20-25 kg et des dimensions, une fois rangé dans son sac, de 89 cm x 46 cm x 36 cm, c’est une option très intéressante pour les mordus du canotage. Ils sont vendus directement par le fabricant américain situé au New Hampshire pour un prix allant de 2 000 $ à 2 000 US $.

En conclusion, si jamais l’envie irrésistible d’aller flotter sur l’eau vous habite lors de vos sorties de camping, sachez qu’il est possible, sans casser la banque ni faire un déménagement digne du 1er juillet, de satisfaire vos pulsions assez facilement. Avec un peu de soin, une embarcation démontable ou gonflable saura combler vos besoins de pagayer debout, assis, les jambes devant ou agenouillé. Alléluia !

Texte et photos : Dany Coulombe
Magazine Camping Caravaning, vol 24/no 4, juillet 2018

 

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