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Les Highlands d'Écosse

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Fermez les yeux. Quelles sont les images qui vous viennent en tête quand on vous parle de l’Écosse ? Si vous êtes comme moi, vos images représentent des châteaux, des paysages verdoyants et même des kilts ou des cornemuses. Ces images, je les avais en tête depuis longtemps, mais plus les années avançaient, plus je voulais les capturer avec mon propre appareil photo. Une seule solution était envisageable : aller y faire du camping ! La découverte de l’existence de la North Coast 500 a été l’élément déclencheur de toute l’aventure. Je vous explique…

La North Coast 500 est un parcours touristique sur 830 kilomètres (500 mi) des côtes septentrionales d’Écosse. Il a été mis en place en 2015 par le Tourism Project Board of the North Highland Initiative (NHI). L’itinéraire débute à Inverness et fait une boucle autour des Highlands, la partie nord de l’Écosse. Que vous parcouriez le tout dans le sens horaire ou antihoraire n’a pas d’importance, mais ce  qui en a, c’est de prendre son temps afin de découvrir tout ce qu’il y a à voir, à faire et à gouter au fil du parcours.

Même si plusieurs organismes suggèrent de faire le trajet en cinq à dix jours, on a bien aimé le faire en douze jours. Après tout, les détours vers des points d’intérêt sont nombreux et la conduite se fait à gauche sur des routes parfois étroites et à voie unique. D’ailleurs, certaines routes comme la B869 Drumbeg Loop (au nord de Lochinver) et la Bealach na Ba (à l’est d’Applecross) ne sont pas recommandées en autocaravane de plus de 4,9 m (16 pi) ! Une précaution que l’on appuie totalement après les avoir parcourues avec une petite Fiat Doblo et avoir parfois trouvé le chemin… sportif. Bref, la NC500 est souvent comparée à la Route 66 aux États-Unis et elle compterait même parmi les plus belles routes côtières du monde selon plusieurs organismes touristiques. L’excuse étant trouvée, on a décidé d’allonger le voyage afin d’explorer l’ile de Skye et les villes de Glasgow et d’Édimbourg, tant qu’à y être…

On arrive !

Pour des raisons économiques, on se pose d’abord à Glasgow. Il est ensuite facile de prendre le bus jusqu’à Édimbourg et le train jusqu’à North Berwick où l’on prend possession d’une petite autocaravane. On fera la NC500 dans le sens antihoraire afin de terminer par la visite de l’ile de Skye, situé plus à l’ouest. Après quelque temps, les réflexes reviennent et conduire à gauche avec une transmission manuelle n’est plus un obstacle. Il faut toutefois être vigilant, surtout sur ces routes parfois étroites. Bien que près de 10 itinéraires thématiques (culinaires, historiques, d’aventure…) soient proposés, on décide de partir à la découverte sans programme arrêté, simplement avec un peu de préparation, il va sans dire, tout en suivant l’inspiration du moment.

Jolis villages et sites historiques

Notre premier arrêt se fait au champ de bataille de Culloden, près d’Inverness. C’est là que débute la NC500. Sous une pluie fine, l’on se met dans l’ambiance et se trempe (littéralement) dans l’histoire du lieu : les guerres de clans, le soulèvement des jacobites et le massacre de ceux-ci en 1746. En coupant à travers la péninsule de Black Isle par la route A832, on peut explorer la cathédrale de Fortrose (13e siècle) et faire un arrêt à Chanonry Point, où un phare accueillant s’élève près d’une pointe de sable avec vue sur le fort George. Cette fortification de taille imposante date du 18e siècle et est située de l’autre côté de la baie de Moray (en anglais : Moray Firth). Dans l’attente du traversier pour passer de Cromarty à Nigg, on en profite pour explorer à pied le joli petit village historique. À l’arrivée du traversier, on se félicite déjà de voyager avec une aussi petite autocaravane. Le bateau est si petit qu’il ne peut accueillir que deux véhicules. À notre embarquement, l’arrière de la Fiat dépasse et la porte du bateau ne peut pas fermer complètement… Fiou !

Notre premier château

Filant sur la B9165, on dépasse le village de Portmahomack pour aller marcher à la pointe de Tarbat Ness et admirer le phare rouge et blanc construit par le fameux ingénieur Stevenson au début des années 1800. De retour sur la route A9, un pont enjambe la baie de Dornoch et mène à la cathédrale. Fait intéressant, son accès est gratuit et il est permis d’y photographier l’intérieur, même avec un trépied. Vous dire si j’étais heureux… Heureux, oui, mais on manquait de châteaux ! On met donc le cap vers celui de Dunrobin situé près de Golspie. Originellement construit en 1275, le château dans sa structure actuelle date plutôt de 1845, mais reste très impressionnant. Le cout d’entrée de 11 £ rafraichit les ardeurs et l’on décide d’en faire le tour à pied. Il y a des compromis à faire… L’inspiration du moment permet alors de découvrir une petite attraction moins courue, mais digne de mention juste au sud du village d’Ulbster, le long de l’A99 : les marches de Whaligoe. Ce sont 365 marches creusées à même le roc qui permettaient aux femmes de remonter les paniers de poissons du fond de la baie jusqu’au sommet de la falaise. Étonnant !

Des merveilles naturelles

Arrivés à la pointe nord des Highlands par l’A836, on pousse encore notre progression jusqu’à la pointe de Dunnet pour observer avec émerveillement les macareux moines virevolter le long de la falaise. La présence d’un joli phare et d’une plage ne fait que confirmer que les détours valent souvent le coup ! Plus à l’ouest, près de Durness, la plage Balnakeil et la pointe Faraid invitent à faire une randonnée dans des dunes qui surprennent. Vraiment, on ne croyait jamais voir autant de sable en Écosse. Tout près, on établit les pénates dans un camping et une découverte fortuite se transforme en une agréable (et gratuite) soirée à explorer les entrailles de la Smoo Cave, située tout près. Notre itinéraire se dirige maintenant vers le sud en longeant la côte ouest des Highlands. C’est par une journée où un faible crachin ininterrompu trempe les marcheurs de la tête aux pieds que l’on s’attaque, à partir du stationnement de Blairmore, tout près d’Oldshoremore, à la randonnée de treize kilomètres en direction de Sandwood Bay. Qualifiée de plus belle plage de Grande-Bretagne, la langue de sable fait près de 1,6 km et, bien que populaire, offre amplement d’espace pour apprécier sa beauté naturelle.  

 

Des randonnées mémorables

En direction sud, on découvre de belles randonnées à faire en montagne. Par exemple, à dix kilomètres à l’ouest de l’A835, au nord d’Ullapool et du loch Lurgainn, la colline Stac Pollaidh propose une belle randonnée relativement facile avec une vue sur les lochs et les collines environnantes. Un peu plus au sud, près du village de Kinlochewe, le long de l’A832, l’on peut grimper le sentier Mountain Trail (6,5 km) dans la réserve naturelle de Beinn Eighe. Au sommet, un plateau offre une très belle vue sur le loch Maree, l’un des plus jolis d’Écosse. Mais comme toute bonne chose a une fin, on termine notre itinéraire sur la NC500 (pour l’instant à tout le moins) en empruntant la très étroite et sinueuse voie unique B869 pour se rendre au très pittoresque village de Plockton, où deux séries télé européennes ont été tournées (on comprend pourquoi).

L’ile de Skye

Un saut par le pont de Skye et on se retrouve sur la célèbre ile. Le temps manque et la météo maussade perdure. En réévaluant les priorités, on roule directement vers le nord-ouest sur l’A863 afin de visiter l’extérieur et l’intérieur du très beau château de Dunvegan (à 12 £ par personne). Pourtant, l’on est encore plus attirés par les beautés naturelles qui poussent à marcher jusqu’au fameux phare de Niest Point, près de Glendale, dans la partie ouest de l’ile. Ce phare, idéalement situé sur un promontoire rocheux, a été construit en 1900 et s’élève à 43 mètres au-dessus du niveau de la mer. La randonnée est facile et plusieurs sentiers longeant la falaise permettent de prolonger le plaisir.

À propos de plaisir, un sourire apparait immanquablement quand on se rappelle la visite au Quiraing, dans la partie nord de l’ile, entre Flodigarry et Staffin. Arrivés tôt par un matin pluvieux, l’on est accueillis par un embouteillage (surprise !) le long de la très étroite route de campagne qui mène au fameux glissement de terrain faisant partie de la chaine de montagnes Trotternish. Après avoir réussi à stationner le véhicule (sa petitesse s’avère pratique encore ici) le long de la route, l’on repart pour une journée de randonnée humide dans le brouillard. Mais quel paysage unique et impressionnant se dévoile quand, au gré des vents, les bancs de brouillard se font moins denses ! De belles, très belles images meublent mon esprit juste à y penser.

On termine en ville

De retour dans les Highlands, on fait un arrêt obligé au très scénique et bien situé château Eilean Donan, le long de l’A87, près de Dornie. Puis, c’est le retour vers Inverness et North Berwick où l’on remet les clés du véhicule. On ne peut toutefois quitter l’Écosse sans visiter, un tant soit peu, les villes d’Édimbourg et de Glasgow. Ce sont de belles villes historiques qui se découvrent aisément à pied. Si le château d’Édimbourg vole la vedette en raison de sa position imposante sur un promontoire rocheux, sa visite laisse un peu froid en raison de la densité de touristes qui y déambulent en tout temps. Un vrai bain de foule ! De retour dans les rues, on a eu plus de plaisir à découvrir lentement les monuments historiques comme le monument Scott ou même Castle Hill ou encore et toujours, les cathédrales comme St Giles (Édimbourg) ou St Mungo’s (Glasgow).

Même si l’accent écossais complique parfois la compréhension de l’anglais, que la conduite à gauche rend les déplacements en auto plus difficiles, que les midges (les brulots écossais) peuvent attaquer sans vergogne et que le dollar canadien fait piètre figure devant la livre, un voyage dans les Highlands d’Écosse promet de belles découvertes qui se succèdent rapidement et ne se ressemblent pas. On en revient riche d’avoir exploré des coins naturels saisissants et des attraits historiques fascinants. On en revient avec la tête (et l’appareil photo !) pleine d’images, celles-là mêmes auxquelles on avait rêvé, mais aussi de nouvelles, aussi inattendues que belles.

Par Dany Coulombe
Magazine Camping Caravaning, vol. 25 no 8, décembre 2019-janvier 2020

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POUR INFO

EncadrePour tout savoir sur la route NC500 : northcoast500.com (en anglais) ou encore, moins détaillé, mais pouvant être lu en français, visitscotland.com/fr-fr/see-do/tours/driving-road-trips/north-coast-500
À télécharger : l’application North Coast 500 sur Google Play ou App Store

AU SUJET DU CAMPING
Le voyage s’est déroulé en juillet et nous n’avons eu aucun problème à trouver un emplacement de camping sans effectuer de réservation. À plusieurs reprises, nous avons opté pour un arrêt impromptu, panoramique, sans service, légal et gratuit... Sur le site scottishcamping.com, on peut acheter une carte donnant la liste et l’emplacement des campings en Écosse Sur le site campa.org.uk, en anglais, vous trouverez de l’information sur la pratique du caravaning en Écosse.

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