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le 24 juillet 2019

Le désert blanc du Nouveau-Mexique

Et dire que nous avions remis en cause notre séjour au White Sands National Park, au sud du Nouveau-Mexique, parce que ça obligeait un détour d’environ 800 km. Nous aurions définitivement manqué quelque chose. Pour nous, cette magnifique journée passée dans l’environnement immaculé de dunes blanches a été une révélation grandiose.

White Sands National Park (1) - copieLe White Sands National Monument préserve un peu plus de 400 km² d’un environnement naturel rare, un désert de sable de gypse. Le plus vaste qui soit. Le gypse, c’est effectivement ce qui recouvre la plupart des murs de nos maisons. C’est également un additif alimentaire assez commun puisque nous en ingurgitons 28 livres dans notre vie. Le gypse s’avère un minéral commun, mais, ce qui est rare, c’est de le voir remonter en surface comme ici. Il s’est déposé sur le lit des mers asséchées il y a 250 millions d’années puis recouvert d’autres matériaux avec le temps. Les mouvements de la croûte terrestre ont cependant fini par lui faire refaire surface ici, dans la cuvette qu’entourent les montagnes Saint Andres.

Des dunes dépourvues de végétation

Comme c’est le cas pour tous les déserts, il s’agit d’un paysage toujours en mouvement. Ses dunes se déplacent constamment, se forment sous les vents, se déforment par effondrement et se refont plus loin en avançant constamment.

Le gypse a cette particularité physique d’être blanc et incroyablement aveuglant sous le soleil comme nous en avons fait l’expérience. Il a aussi comme White Sands National Park (3) - copiecaractéristique d’être stérile ou dénué de toute matière nutritionnelle pour les plantes qui peinent vraiment beaucoup à s’y installer. Les végétaux s’accrochent à certaines cyanobactéries qui se développent au sol et ils ne manquent pas d’eau puisque le désert repose sur une gigantesque nappe phréatique. Il n’y a qu’à creuser deux pieds pour qu’elle remonte. Les plantes doivent toutefois mener une lutte sans fin contre le désert qui tente constamment de les asphyxier. Certains arbres ont d’ailleurs développé un système racinaire aérien pour assouvir leur besoin en oxygène.

Randonner dans le désert

Nous sommes entrés au parc en avant-midi et avons fait une première courte randonnée aux abords des dunes qui bordent le site : Dune Life Nature Trail. Il y a vraiment une ligne nettement définie qui délimite la plaine et le désert. Tout de suite, nous sommes tombés sous le charme de la poésie visuelle des dunes, même si à ce niveau il y a passablement de végétation qui les meuble.

C’est lors d’une autre randonnée, plus sportive celle-là, Alkali Flat Trail, qu’on plonge vraiment dans l’univers désertique des White Sands et qu’on se fait littéralement envelopper par cet environnement singulier. Contrairement à ce qu’indique le nom du sentier, la marche consiste en une succession infinie White Sands National Park (2) - copiede montées et de descentes sur des dunes quand même peu élevées, mais très difficiles à escalader à cause de la nature du sable. On avance d’un pas et on recule de deux… Sur le plat cependant, la surface reste plutôt solide et porte très bien. Quelques fleurs réussissent à éclore dans l’austérité. Les yuccas font poindre leurs boules de flèches acérées. Quelques arbres, qui ressemblent à nos peupliers, réussissent péniblement à survivre et j’en ai vu un qui portait plusieurs petits fruits. L’odeur de la sauge embaume l’espace.

On n’ose pas imaginer ce que ce doit être que de randonner ici en juillet — août. Nous avons été extrêmement chanceux de profiter d’un temps frais et d’un vent agréable, mais, sous le soleil de plomb du début de l’après-midi, la chaleur devenait écrasante. Malgré cela, la surface de la dune reste fraîche.

Le territoire du parc se traverse en auto ou à vélo sur une route qui se conclut en quelques loupes où l’on trouve des tables de pique-nique très originales par leur adaptation à leur milieu.

C’est également là que se trouve le point de départ des 2 principaux sentiers (3,5 et 8 km). Il se déroule aussi tous les soirs, à 7 h, une sortie d’interprétation très intéressante au coucher de soleil. Tout ça vaut le détour !

2 couchers au camping Desert Paradise d’Alamogoro. Un endroit correct avec plusieurs permanents. Tous les services pour 25 $ avec Internet au club social. Grandes salles de bain et grandes douches propres et gratuites. Buanderie.

Valley of Fires Recreation Area

C’est un pur hasard qui nous a fait découvrir ce merveilleux endroit où nous avons tout de suite eu le goût de nous arrêter. Sans doute un des plus beaux sites naturels où camper au cours de ce voyage. Valley of Fires (1) - copie

Nous avions repris la route vers le nord lorsque nous nous arrêtons sur la route 380, entre Carrizozo et Sorocco, pour faire le point. Comme nous sommes en plein dans l’entrée de l’aire de récréation de Valley of Fires, nous y entrons par simple curiosité et il ne faut que quelques minutes pour nous rendre compte de la beauté et de l’originalité des lieux. Il ne s’agit en réalité que d’un camping rectiligne aménagé sur une crête en surplomb d’une gigantesque coulée de lave qui date de 5 000 à 1 500 ans. Il faut que nous y restions !

Valley of Fires (3) - copie 2Pas de volcans en vue. Toute cette lave balsamique est sortie de volcans en surface situés à une dizaine de kilomètres au nord-ouest de Carrizozo. La coulée que l’on observe s’étire sur 72 km et fait jusqu’à 160 pieds de profondeur. Le champ semble s’étendre à perte de vue, mais fait au moins 1 km de largeur.

L’attrait majeur du site demeure le sentier Malpais qui court sur 1,4 km sur la lave figée, aux couleurs diverses, du rouge au noir, et aux formes absolument hallucinantes. Contrairement à d’autres espèces désertiques de la région du Chihuahua, celui-ci abrite une flore discrète, mais étonnamment diversifiée. Fleurs de cactus, buissons odorants, yuccas et même un magnifique genévrier toujours chargé de fruits malgré ses 400 ans. La randonnée est facile et accessible aux personnes handicapées malgré une bonne pente au départ. Valley of Fires (2) - copie

Le camping, avec deux services (18 $) ou sans (12 $) propose une trentaine de grands espaces distancés les uns des autres avec des tables sous abri, BBQ et poubelle. Les installations sanitaires sont d’excellente qualité.

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Lors de ce road trip, nous utilisons les guides de voyage Ulysse sur l’Ouest et le Sud-Ouest américains ainsi que Fabuleuse Route 66.

Une réponse à Le désert blanc du Nouveau-Mexique

  • Daniel Lemieux dit :

    Bonjour,
    Très interessant votre blogue. Les informations sont précises, détaillées avec un brin de commentaires personnels. Continuer d’inclure les guides que vous utilisez c’est instructif.
    Merci et bonne route

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