tab 1 FERMER
Le camping au service de l'art

Après avoir inspiré les oeuvres de plusieurs grands peintres, dont les impressionnistes à la fin du 19e et au début du 20e siècle, les paysages en plein air éblouissent de plus en plus de campeurs et campeuses qui ont la fibre artistique. L’équipe de Camping Caravaning s’est entretenue avec quelques-uns d’entre eux.

Un Toyota Highlander, c’est un véhicule spacieux. Même très spacieux. Pourtant, ne cherchez pas d’espace dans le gros VUS de Manon Labrie, campeuse saisonnière au Camping Cap à la Roche, à Deschaillons-sur-Saint-Laurent. Le véhicule est constamment rempli de grands bacs. Tous ces récipients contiennent, à ras bord, des tubes de peinture, des pinceaux, des piles de tissu, des boules de Noël, des bijoux, des boites à ustensiles, des coussins, des planches de bois et plus encore. « C’est à peine si j’ai de la place pour loger mes sacs d’épicerie », confie cette campeuse âgée d’une quarantaine d’années.

Tous ces objets que Manon Labrie traine partout lui permettent d’exercer sa passion : peindre en camping. « C’est devenu un véritable exutoire pour chasser le stress et l’anxiété. Particulièrement au cours de la dernière année. Chaque fois que je peignais, j’en oubliais que nous étions en pleine pandémie », affirme cette adjointe à la direction d’un concessionnaire de tracteurs, qui passe ses étés sur le bord du fleuve.

Un décor qui inspire les créations

Plongée dans un environnement ponctué de cargos qui défilent lentement sur l’eau et de splendides couchers de soleil dont les multiples teintes orangées envahissent le ciel et le fleuve les chauds soirs d’été, Manon Labrie ne pourrait espérer meilleur décor pour donner libre cours à son imagination. « C’est, en effet, un milieu très zen et très relaxant pour pratiquer la peinture. Mais ce ne sont pas nécessairement ces paysages qui se retrouvent sur mes oeuvres », tient-elle à signaler. La campeuse dit s’inspirer avant tout du calme et de la beauté des lieux pour reproduire sur des panoplies d’objets les images qui lui passent par la tête. Y compris sur des nappes de table à piquenique.

Si le chevalet et les toiles ne sont pas la tasse de thé de Manon Labrie, ce n’est pas le cas de son amie Dany Drolet, qui est venue la rejoindre à une quinzaine de reprises au cours de l’été 2020. Professeure de peinture et fleuriste à ses heures, Dany a d’ailleurs un projet en tête : parcourir les terrains de camping du Québec afin d’offrir des ateliers tous les weekends de l’été à l’heure de l’apéro. « Un beau projet qui pourrait sans doute fonctionner une fois que la pandémie sera maitrisée », estime cette campeuse de Nicolet qui s’adonne autant à la peinture à l’huile qu’à l’aquarelle, à l’acrylique et au pastel sec. Ses nombreuses oeuvres figurent sur sa page Facebook « Le Gant d’art ».

Une planche de salut

La combinaison peinture et camping ne fait pas que le bonheur des dames Labrie et Drolet. Ce duo d’activités a complètement changé la vie de Caroline Miron. Victime d’une vilaine chute en 2007 qui l’a gravement blessée au dos, cette horticultrice a perdu son travail. « Pendant deux ans, je ne pouvais même plus marcher. En fait, je n’ai presque rien fait pendant les six années qui ont suivi mon accident », raconte cette dame de 58 ans.

Jusqu’au jour où son ergothérapeute lui a fortement suggéré de se trouver une activité créative pour l’aider à se changer les idées. « C’est alors que j’ai découvert la peinture… et le camping. C’est fou comme ces deux activités me font oublier ma douleur omniprésente. Dès que j’ai un pinceau à la main, je me retrouve dans une bulle, émerveillée. C’est excellent pour le moral », soulève la caravanière qui pratique ces deux activités depuis 2014. Des traitements chez le chiropraticien l’ont aussi aidée à retrouver le bonheur de marcher pendant au moins une heure. Ce qui lui permet de se balader dans des sentiers sans dénivellation, où coulent ruisseaux et rivières, des lieux qui lui servent également d’inspiration. 

 

Les tableaux, non merci !

Après quelques essais en tente et en tente-caravane, Caroline et son conjoint Michel voyagent depuis 2016 à bord de leur camionnette RAM qui tracte une caravane de 7 m (23 pi). Le duo parfait, dit-elle. C’est d’ailleurs sous les bancs du coin-repas de la caravane que Caroline range tout son matériel de peinture ainsi que les accessoires sur lesquels elle peint. « Sacs de portable, tabliers, coussins, boules de Noël, chapeaux, je ne peins que sur des articles dont les gens vont se servir. Les tableaux qu’on accroche au mur, non merci, ce n’est pas pour moi », signale-t-elle.

Certes, le couple aime se promener à travers le Québec. La Gaspésie, la Côte-Nord et l’Outaouais, où a grandi le conjoint de Caroline, font partie des régions privilégiées de camping. Mais le lieu importe peu, maintient la campeuse qui ne tolère pas plus de trois heures de déplacement en voiture par jour… et par semaine. « Je prends des tonnes de photos de beaux paysages sur la route que je reproduis ensuite sur une foule d’accessoires lors de mon arrivée au campement », dit cette caravanière comblée.

En attendant la réouverture des frontières

Elle n’est d’ailleurs pas la seule à vouloir immortaliser en couleurs les paysages qu’elle rencontre sur les routes. Lydie Annecchini le fait aussi. Et si ça n’avait été de la COVID-19, cette caravanière nous aurait parlé de peinture et de camping, pinceau à la main, devant un des magnifiques points de vue qui abondent sur les rives de la rivière Crystal, sur la côte ouest-floridienne. Cette ex-fonctionnaire à la retraite aime passer ses hivers avec son conjoint dans ce secteur depuis les trois dernières années. Un endroit aux paysages inspirants.

C’est plutôt à partir de son salon, les yeux rivés sur les eaux glacées du bassin de Chambly, que la campeuse, âgée de 65 ans, nous a toutefois raconté comment elle est venue à jumeler les deux activités qu’elle rêvait de pratiquer depuis son adolescence. Deux passions dont elle ne pourrait d’ailleurs plus se passer.

« Depuis l’âge de 14 ans que je souhaitais prendre place dans une autocaravane pour me rendre jusqu’en Floride afin d’y manger des oranges. Il y a cinq ans, à l’approche de la retraite, j’ai décidé de passer à l’action. Pour l’anecdote, mon mari voulait un VR de 7,6 m (25 pi) maximum. Je suis parvenue à le convaincre d’opter pour un modèle de 10 m (33 pi). Comment y suis-je arrivée ? C’est moi qui le conduis ! »

En fait, poursuit Lydie, elle voulait avoir un véhicule suffisamment spacieux pour ranger son chevalet, ses toiles, ses tubes de peinture et tous les autres accessoires qui lui permettent de vivre sa passion artistique partout sur la route.

« Remarquez, précise-t-elle, on ne peut pas peindre des heures et des heures à l’extérieur. Le soleil est souvent trop éblouissant et, au Québec, il y a les moustiques qui viennent s’agglutiner sur la toile. En revanche, je constate que faire de la peinture en plein air présente un bel avantage non négligeable : il favorise les liens sociaux. C’est un moyen fort agréable de pratiquer mon anglais avec d’autres personnes curieuses de voir ce que je fais ! C’est d’ailleurs ce qui m’aura manqué le plus, cet hiver ! »

Par Claudine Hébert
Magazine Camping Caravaning, vol. 27 no 5, aout 2021

À lire aussi
Le circuit des murales de Sherbrooke

Les commentaires sont fermés.

Le camping, l'allié parfait de la photo

Depuis plus de 50 ans déjà, Richard Nantais pratique la photo amateur, sur terre comme sous l’eau. Ce n’est pourtant qu’au cours des quatre dernières années que cet ex-professeur de plongée sous-marine a réalisé détenir enfin l’élément nécessaire pour créer ses meilleurs clichés : du temps, beaucoup de temps. Et ces précieux moments, c’est la pratique du camping à temps plein qui les lui procure.

Chaque année, dit-il, sa conjointe Suzanne et lui – ils sont tous deux à la retraite – parcourent en compagnie de leur chienne Mya plus de 15 000 kilomètres à bord de leur VR afin d’immortaliser desimages uniques. Désormais établi pendant l’été sur un camping de Saint-Ferdinand, dans le Centre-du-Québec, le couple franchit plus de 5 000 kilomètres à l’aller à l’automne, autant au retour au printemps, et au moins 5 000 de plus autour de son terrain de camping de prédilection en hiver, quelque part en Arizona.

« Nous avons constaté que le camping nous permettait de vivre pleinement une destination. En prenant le temps d’apprécier l’endroit où l’on jette l’ancre, cela nous permet d’observer un lieu, un paysage, un coin de rue, une façade et d’y revenir lorsque la lumière est parfaite à nos yeux. Je me souviens encore de notre premier voyage dans le parc Zion, dans l’Utah. Ma conjointe Suzanne et moi pouvions passer des heures et des heures au même endroit, ou encore y retourner le lendemain afin de numériser l’image souhaitée », raconte le caravanier de 63 ans.

Espace et équipements réduits

Bien que le couple ait voyagé avec six différents VR en sept ans – l’un d’eux faisait 11,3 m (37 pi) de longueur –, aujourd’hui, c’est à bord d’une autocaravane de classe B de 7,3 m (24 pi) qu’il trouve son bonheur. Un VR, dit Richard, facile à conduire, qui va partout et qui est juste assez spacieux pour deux adultes et leur fidèle amie.

Ce « régime minceur » a également poussé le photographe à réévaluer les véritables essentiels dans son équipement photo de campeur nomade. Après avoir transporté des dizaines d’objectifs, Richard Nantais n’en a plus que deux : un grand-angle et un téléobjectif. Sans oublier un trépied, l’indispensable accessoire qui aide à garantir la netteté de l’image, mais surtout à attendre pendant des heures et des heures le cliché parfait sans avoir mal aux bras.

 

 

 

 

 

 

 

 

PROMOTION ABONNEMENT

Un petit bijou dans le Pontiac

Le parc Leslie est un parc naturel de 405 ha (1 000 acres) qui […]

Huttopia : une troisième destination en Amérique du Nord

On connaissait déjà les campings Huttopia de Sutton, dans les Cantons-de-l’Est, et de North […]

7 façons de camper de façon écoresponsable

Camper « vert », c’est la chose à faire. Voici quelques bonnes idées pour […]

Le parc régional de la Rivière Gentilly

Tous ses emplacements sont boisés et offrent un espace intime, à bonne distance des autres […]

Du nouveau au parc national du Bic

Le parc national du Bic est sans contredit l’un des joyaux du Bas-Saint-Laurent. En […]

Un nouveau parc voit le jour

Le 23 juin 2018 avait lieu l’ouverture partielle du parc national d’Opémican en Abitibi-Témiscamingue. […]

Installations inusitées – camper différemment

La route des vacances fourmille de campeurs qui ont déployé beaucoup d’énergie, mais peu […]

Du nouveau en Beauce

Il y a du nouveau au Camping La Vallée Beauceronne, situé à 10 minutes […]

Encore améliore ses infrastructures

Pour bien des campeurs, le temps est venu de planifier son hiver au soleil. […]

Des investissements au Camping Lausanne

La nouvelle équipe en place depuis l’an dernier au Camping Lausanne voit grand pour […]

Ce que j’aurais aimé savoir dès le départ

Le blogue du réseau de camping KOA, publié en anglais sur le site koa.com, […]

Du nouveau au Camping H2o

L’été 2019 s’annonce rafraichissant au Camping H2O, situé à Trois-Rivières. L’établissement apprécié des familles, […]

Des objets champions de la polyvalence

Il y a un constat qui fait généralement l’unanimité chez les campeurs : on […]

Dormir dans un cocon

Vous rêvez d’être dans votre bulle ? C’est chose faite avec Cocoon Tree. Cette […]

Une nuit à la belle étoile… dans un hamac !

Le Havre Familial, situé à Sainte-Béatrix dans Lanaudière, est un centre de vacances 4 […]

Le Camping Pointe-aux-Oies améliore encore son offre

Le Camping Pointe-aux-Oies de Montmagny investit beaucoup dans la bonification de ses installations depuis […]

Réduction pour grand-papa et grand-maman

Grand-papa et grand-maman auront du plaisir à camper en tente ou en VR avec leurs petits-enfants dans […]

200 lots pour voyageurs s’ouvrent en Chaudière-Appalaches

Un nouveau camping classé 4 étoiles ouvre ses portes à la mi-juin dans la […]

Au Nebraska, le service à la clientèle va plus loin

Les clients de Blue Ox qui doivent faire entretenir leur produit de cette marque peuvent visiter l’usine […]

Argile du frêne : à prendre au sérieux

L’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA) a émis, depuis le 1er avril 2014, une nouvelle […]

Un nouveau camping écolo en Outatouais

Cet été, un tout nouveau camping ouvrira ses portes : le Camping Lac 31 Milles. Sous la […]

On composte au Domaine des Dunes

Plusieurs campings offrent le recyclage à leurs campeurs, mais peu offrent aussi le service de compostage. […]

Une nouvelle option à Bromont

Une nouvelle option est maintenant offerte aux caravaniers désirant acheter leur propre emplacement dans […]

Le camping des Voltigeurs

Même si le camping des Voltigeurs a l’air d’un jardin de géants avec ses […]

Plus d’emplacements de camping au parc national du Mont-Mégantic

Les campeurs québécois et étrangers adorent le parc national du Mont-Mégantic, très reconnu pour […]

Sur le bord de la mer

C’est dans la très belle région de Charlevoix, au village de Saint-Siméon, qu’est sis […]

-->