Nouveaux campeurs, retenez ceci : pour faire une sortie de rêve, il faut bien sûr un lieu et un moment propices, mais il faut aussi avoir le matériel adéquat. Au strict minimum, cela prend une tente, des sacs de couchage, des matelas de sol et un réchaud. Voici un bref aperçu de chaque type d’équipement, question d’orienter vos choix et espérons-le, de faire de vous des campeurs passionnés.

La tente

Abri mobile par excellence, la tente offre une protection contre la pluie, les insectes, le soleil et le vent. Idéalement, elle est légère, facile à monter, robuste et assez grande pour qu’on y passe quelques heures en cas de mauvais temps… Tout en étant abordable ! Certains critères doivent vous guider; vous pourrez ainsi faire un choix éclairé et opter en connaissance de cause pour le compromis qui vous conviendra le mieux.

L’utilisation

Le premier critère à considérer est le type d’utilisation prévu. La randonnée sac au dos ou le vélo-camping nécessitent une tente minimaliste alors que le camping « de char » permet certains excès. Une tente polyvalente permettra de faire un peu tout ça… Au Québec, cela équivaut à une tente trois saisons, pour deux ou trois personnes. Celle qui allie des matériaux de bonne qualité sans pour autant aller dans l’excès. Pour un usage général, on s’abstiendra de considérer une tente d’hiver qui est robuste, soit, mais lourde et offre trop peu de ventilation pour l’été.

Taille et forme

La superficie du plancher ainsi que sa forme (rectangulaire ou autre) sont des critères fondamentaux. Vous êtes de grande taille ou vous avez l’intention de garder quelques sacs de vêtements dans la tente ? Faites l’essai de votre future tente en magasin. Il ne faut surtout pas que vos pieds ou votre tête frotte contre les parois. Peut-on coucher deux personnes dans une tente classée deux places ? Cela dépend de vous et de votre partenaire. Si vous aimez l’intimité, oui. On recommande souvent une tente à trois places pour deux personnes. Il faut aussi tenir compte du volume disponible à l’intérieur. Une tente aux murs presque verticaux facilitera les mouvements, permettra de s’asseoir bien droit, mais offrira, en raison de sa forme et de sa hauteur, plus d’emprise au vent. C’est un facteur dont il faut tenir compte si l’on est adepte de camping sur des sites exposés du bord de mer ! Enfin, qui dit espace, dit aussi espace de rangement, mais cet espace n’est pas nécessairement à l’intérieur. En fait, les bottes mouillées et sales ont plutôt intérêt à demeurer à l’extérieur, tout en étant protégées de la rosée et de la pluie. Un bon vestibule, ou deux, augmente considérablement le volume utilisable d’une tente.

Les tentes autoportantes ont la cote. Bien qu’on trouve encore des tentes tunnels sur le marché, elles sont généralement utilisées par des campeurs visant la légèreté à tout prix. La tente autoportante possède plus d’arceaux et est donc plus lourde, mais ses avantages sont nombreux. On peut penser à sa facilité d’assemblage et au fait qu’on puisse la monter sur des surfaces dures où il est difficile de planter de nombreux piquets. On peut même la soulever, une fois montée, pour la déplacer ou la renverser pour en vider le sable qui s’y est accumulé ! On trouve de plus en plus de tentes possédant deux portes, faisant presque la longueur de la tente. Bonjour la facilité d’entrée et de sortie (surtout pour les petites sorties obligatoires nocturnes…) ! Chaque porte étant souvent équipée d’un vestibule, chacun des campeurs peut disposer de son matériel à sa guise et entrer ou sortir sans importuner son compagnon.

Les matériaux

Les arceaux constituent le squelette de la tente. Ils déterminent sa forme et en grande partie sa masse et sa robustesse. Du point de vue des matériaux, l’aluminium a détrôné depuis longtemps la fibre de verre, moins couteuse, mais lourde et moins durable. La fibre de carbone pointe toutefois son nez dans certaines tentes haut de gamme comme la MSR Reflex 2. Le gain en légèreté est cependant éclipsé par un cout élevé. Le nombre d’arceaux, le diamètre des tubes, l’épaisseur des parois et la façon dont ils sont fixés déterminent la robustesse de l’ensemble… et son poids. Pour un usage général, il faut éviter les extrêmes. Les arceaux sont fixés au corps de la tente soit par des manchons de tissu – qui distribuent bien la charge, mais limitent la ventilation – ou par des crochets de plastique. Ce dernier système est aujourd’hui le plus populaire. Évidemment, ces fixations varient en qualité, qu’il s’agisse des matériaux ou de la facilité d’usage. D’ailleurs, la rapidité d’assemblage d’une tente est un critère important à considérer. Qui n’a pas déjà juré en tentant de monter une tente dans l’obscurité, par grand vent, sous la pluie ou dans un nuage de moustiques ?

Enfin, les tissus utilisés auront une influence sur la résistance à l’abrasion, aux rayons ultraviolets et à la pluie, et sur le poids. Le fond est généralement constitué de nylon robuste et enduit d’une généreuse couche d’imperméabilisant. Les murs et le toit sont souvent fabriqués d’un tissu plus léger et surtout très respirant. Il s’agit habituellement un taffetas de nylon ou de polyester, très souvent doublé d’une moustiquaire pour maximiser la respirabilité. Pour sa part, le double toit est fait d’un nylon ou d’un polyester antiaccroc enduit de polyuréthane ou de silicone pour l’imperméabiliser. Il est intéressant de noter que les tentes les plus performantes arrivent à maximiser robustesse et imperméabilité en utilisant des tissus imprégnés de silicone, justement.

En option

Vous pensiez que c’était tout ? Il est possible d’ajouter des accessoires à sa tente ! Par exemple, une toile de fond fixée en permanence fournira une protection
supplémentaire contre l’abrasion et l’eau et un filet suspendu à l’intérieur facilitera le rangement. Même si des piquets sont fournis avec la tente, il peut être intéressant d’en ajouter ou d’en avoir de formes différentes qui ont une meilleure emprise dans le sable, par exemple. Il existe même des vestibules surdimensionnés qui peuvent servir de remise pour le vélo (pensons notamment à celui de la MSR Hubba Hubba).

Le poids et le prix

Tout ceci nous amène finalement à parler de poids, bien sûr. Dépendamment de l’utilisation qu’on en fera (randonnée ou camping « de char »), ce sera un critère plus ou moins important. Il faut savoir que les masses indiquées par les fabricants peuvent représenter différentes choses. Ce pourrait être la masse minimale, c’est-à-dire celle de la tente seule avec un minimum de piquets et de cordes d’ancrage ou la tente dans son sac, alors que vous avez besoin de connaitre la masse totale, incluant la tente, tous les piquets et cordes d’ancrage, le sac, le manuel d’instruction et la trousse de réparation. Le poids total moyen pour une tente à deux ou trois places varie de 1,8 kg à 3,6 kg (4-8 lb).   

 

Il faut prévoir un budget de 200 $ à 450 $ pour une tente trois saisons de deux ou trois places, de bonne qualité.

• Au Québec, le meilleur choix est une tente trois saisons, pour deux ou trois personnes.
• La superficie du plancher ainsi que la forme (rectangulaire ou autre) sont des critères fondamentaux.
• Il y a aussi le volume intérieur à considérer.
• Un bon vestibule, ou deux, augmente considérablement le volume utilisable d’une tente.
• Les arceaux constituent le squelette de la tente. Ils déterminent sa forme et en grande partie sa masse et sa robustesse.
• La rapidité d’assemblage d’une tente est un critère important à considérer.
• Les tissus utilisés auront une influence sur la résistance à l’abrasion, aux rayons ultraviolets et à la pluie, et sur le poids.

Le sac de couchage

Dormir au chaud, que demander de plus ? En fait, on est en droit d’en demander un peu plus. Il n’est guère agréable d’avoir l’impression d’être dans un sauna ou dans une boite de sardines ! Les sacs de couchage de qualité proposent une solution à cela.

La forme d’abord

Les sacs de couchage sont classés en fonction de leur forme (momie ou rectangulaire) et du type d’isolant utilisé (synthétique ou duvet) et, en tenant compte de ces deux facteurs, des températures d’utilisation. À moins de prévoir coucher sous les tropiques, oubliez d’emblée les sacs dits d’été. Ici aussi, on vise un classement trois saisons afin de pouvoir camper par les nuits fraiches du printemps ou de l’automne.

Les sacs momies sont les plus populaires pour plusieurs raisons. La présence d’un capuchon et souvent d’une collerette augmente grandement leurs qualités isolantes. Aussi, leur forme profilée limite l’espace inutile à réchauffer ainsi que les risques de s’entortiller dans le tissu excédentaire. En général, avec un sac momie, on tourne avec plutôt que dans le sac ! Oui, il faut en prendre l’habitude, mais c’est pour le mieux. S’il fait plus chaud, le sac momie s’utilise sans son capuchon, avec la fermeture éclair à double glissière ouverte au niveau des pieds pour laisser entrer un peu d’air. Certains sacs possèdent même deux glissières, une de chaque côté, ce qui facilite encore plus l’aération. Quant aux sacs rectangulaires, ils sont généralement moins dispendieux et s’ouvrent complètement pour devenir des couvertures. Il est aussi plus facile d’y entrer ou d’en ressortir. Il est clair toutefois que ces sacs visent le marché des campeurs occasionnels ou qui ne campent que par nuits relativement chaudes. Il existe même des sacs rectangulaires profilés avec capuchon… ou des sacs momies plus amples. Bref, il y en a pour tous les gouts.

Duvet ou synthétique ?

Du côté de l’isolant, rien ne bat le duvet d’oie pour ce qui est de la performance. On entend ici la capacité isolante, la durabilité, la compactibilité, la faible masse et… la perméabilité. Un duvet est perméable en ce sens qu’il laisse passer facilement la vapeur, ce qui le rend très confortable sur une plus grande plage de températures. Un bon duvet est toutefois dispendieux et sensible à l’humidité. Un duvet humide perd en effet toutes ses capacités isolantes et prend beaucoup de temps à sécher. Un sac en duvet coute près de 50 % plus cher que son équivalent synthétique, mais dure de trois à quatre fois plus longtemps. Les duvets sont classés en fonction de leur capacité gonflante. Une once de duvet occupant un volume de 500 po³ est un minimum. Les plus performants vont jusqu’à 900 po³.

Du côté des fibres synthétiques, les marques de commerce se succèdent et font surtout référence au matériau de base, bien sûr, mais aussi à la longueur des fibres, à la méthode d’assemblage, etc. Un domaine complexe dans lequel il vaut mieux ne pas s’aventurer… Disons que le cout, ici comme ailleurs, est un bon indice de qualité ! L’isolant synthétique d’aujourd’hui se rapproche de plus en plus du duvet et si les nuits sont souvent humides, le choix se fera sans hésitation. Les tissus vont du polyester au nylon, mais les nuances dans le brossage et les enduits font beaucoup varier la performance et le prix. Il existe même des tissus imper-respirants, comme Gore-Tex, Membrain ou autres marques de commerce. Il suffit d’éviter tout ce qui est coton (en raison du long temps de séchage) et de miser sur la facilité de se glisser dans le sac. Personne n’aime dormir coincé dans un sac humide !

Il faut compter de 100 $ à 500 $ pour un sac momie en duvet alors qu’un sac synthétique se vend entre 90 $ et 200 $.

• Au Québec, on privilégie le sac trois saisons qui permet de camper par les nuits fraiches du printemps ou de l’automne.
• Du côté de l’isolant, rien ne bat le duvet d’oie pour ce qui est de la performance.
• Il suffit d’éviter tout ce qui est coton (en raison du long temps de séchage) et de miser sur la facilité de se glisser dans le sac.

Le réchaud

Sa mission est simple : réchauffer les aliments. Il doit toutefois le faire rapidement et être sécuritaire. Il faut veiller tout particulièrement à la stabilité des chaudrons pleins à ras bord… De plus, les retours de flammes, les fuites de combustible et les flammes qui varient de façon intempestive sont à proscrire. Le réchaud idéal offre un bon contrôle de la chaleur afin de faire mijoter lentement une petite sauce ou de faire bouillir un litre d’eau le plus rapidement possible. Le tout dans un format compact, durable, facile à réparer et, comme toujours, abordable.

Dans les faits, il existe trois catégories de petits réchauds portatifs à un seul feu. Les réchauds à l’alcool sont les moins populaires. Bien que peu dispendieux, écologiques et très sécuritaires, ils dégagent une faible énergie par la combustion de méthanol. Si c’est tout indiqué pour une fondue, cela l’est moins pour faire bouillir l’eau du spaghetti. Par contraste, la puissance est l’atout majeur des réchauds au gaz de pétrole liquéfié (GPL) et au naphte.

Pour qualifier la puissance des réchauds, on utilise encore les BTU, une unité impériale. Si un barbecue de résidence produit de 25 000 BTU à 35 000 BTU, les petits réchauds de camping offrent plutôt de 3 000 BTU à 10 000 BTU. Dans le langage populaire, on exprime souvent leur puissance par le nombre de minutes nécessaires afin de faire bouillir un litre d’eau dans des conditions idéales (température estivale, sans vent).  

 

Avantages et désavantages

Les brûleurs fonctionnant au GPL sont très compacts et économiques. Ils doivent toutefois être couplés à une bonbonne de gaz qui occupe un volume considérable et permet difficilement d’évaluer la quantité de carburant résiduel. La facilité avec laquelle ils s’allument est légendaire et il est facile de contrôler leur flamme. Leur principale faiblesse tient à la diminution considérable de leur puissance par temps froid. Les fabricants ont beau parler de mélange de gaz quatre saisons (butane, isobutane, propane et tralala…), il n’en reste pas moins que les performances diminuent avec la pression dans la bonbonne. Le froid et une faible quantité de gaz peuvent donc se combiner pour rendre ces réchauds inutilisables.

Les brûleurs utilisant du combustible liquide, principalement du naphte (connu sous les noms de gaz blanc, de camping ou… Coleman), ou encore du kérosène, ont la cote pour ce qui est de la puissance dans toutes les conditions. Leur utilisation est toutefois plus délicate, particulièrement lors de l’allumage, et les bruleurs, la pompe et le tuyau d’amenée nécessitent un entretien régulier. Un bruleur au carburant liquide coute plus cher à l’achat et nécessite un réservoir extérieur muni d’une pompe manuelle et d’un tube d’amenée. Une mise en garde au campeur international : si le naphte est un combustible que l’on trouve couramment en Amérique du Nord, il en est tout autrement ailleurs dans le monde. De plus, il est interdit de voyager en avion avec une bouteille de gaz pressurisée ou toute autre forme de combustible. Finalement, les bonbonnes de gaz de différentes marques ne sont malheureusement pas compatibles entre elles…

Parlons gros sous, maintenant. Les bruleurs au GPL se vendent entre 25 $ et 50 $ alors que les cartouches se détaillent entre 5 $ et 10 $. Pour ce qui est des
réchauds à combustible liquide, on peut se procurer un ensemble incluant tout le nécessaire pour un montant compris entre 70 $ et 180 $, auquel il faut ajouter une bouteille à combustible à 15 $ ou 20 $. Le cout du naphte comme tel est plutôt négligeable dans l’équation. On en trouve dans les grandes surfaces dans des contenants volumineux.

• Il doit être compact, durable, facile à réparer et, comme toujours, abordable.
• Il existe trois catégories de petits réchauds portatifs à un seul feu : à l’alcool, au gaz de pétrole liquéfié (GPL) et au combustible liquide.

Les matelas de sol

Compagnon indissociable du sac de couchage, le matelas de sol procure un certain confort et agit comme isolant et coupe-vapeur. En plus, il doit être léger et durable. Tout un contrat ! On oublie les lits de camp en raison de leur poids, de leur volume et des difficultés de montage. Idem pour les matelas gonflables qui nécessitent une pompe et des « heures » de plaisir pour être utilisables. Sans mentionner leur capacité isolante presque nulle !

Deux options : en mousse ou autogonflant

Il reste donc deux options, les plus populaires et performantes : les matelas de mousse à cellules fermées et les matelas autogonflants. Les premiers sont faits de polyéthylène ou d’acétate de vinyle-éthylène (EVA). En jouant sur la densité des mousses, sur leur épaisseur et sur la texture du matelas, les fabricants ont su rendre ces produits très résistants, légers et performants tout en les gardant fort abordables. Pour qui cherche un confort plus moelleux toutefois, rien ne bat les matelas autogonflants. Constitués d’une mousse à cellules ouvertes emprisonnée dans une enveloppe hermétique munie d’une valve, ces matelas offrent le meilleur des deux mondes, à un prix plus élevé toutefois. Comme dans le cas des matelas de mousse, plus d’épaisseur signifie plus d’isolation, mais aussi plus de confort. Du haut de ses 9 cm, avec son revêtement tout doux, le matelas Dream Time de Therm-A-Rest offre un summum de confort. Sa taille et son poids vous limitent toutefois au camping motorisé… Pour éliminer quelques grammes, les minimalistes opteront pour un matelas plus étroit et surtout de longueur trois quarts, car les jambes ont moins d’exigences, il faut l’avouer…

Question budget, les matelas de mousse se vendent entre 15 $ et 40 $ alors que les autogonflants poursuivent la montée jusqu’à 220 $.

• Le matelas de sol procure un certain confort, agit comme isolant et coupe-vapeur. En plus, il doit être léger et durable.
• Les deux options les plus populaires et performantes : les matelas de mousse à cellules fermées et les matelas autogonflants.

Texte : Dany Coulombe
Illustrations : Béatrice Favreau
Magazine Camping Caravaning, vol. 23/no 3, juillet 2017.

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