Pour notre premier long séjour en VR dans le sud des États-Unis, la curiosité nous a fait choisir d’en explorer les deux côtes floridiennes afin d’y découvrir des campings uniques. Nous avions également un autre but ultime : la rencontre des lamantins.

Pour ce voyage, j’avais également une ambition plus large : celle de fréquenter des campements qui nous permettraient de découvrir une autre Floride. Une Floride de nature, de faune, de flore et d’aventure. Avec notre long kayak de plus de 6,4 m (21 pi) monté sur notre vieille autocaravane Roadtrek de 5,8 m (19 pi), vélos à l’arrière, planche à pagaie sous le lit, maillots de bain et crème solaire… C’est parti !

Sur la côte Est

Le Little Talbot State Park

Tout juste entre la frontière floridienne et Jacksonville, la route A1A nous attire, à partir d’Amelia Island, jusqu’à notre premier camping au Little Talbot Island State Park. Un endroit qui nous enchante par l’exotisme de son environnement tropical chargé : huit kilomètres de plage, sept parcs environnants et des marais qui se révèlent de véritables labyrinthes aquatiques. Nous avons profité à plein de la piste cyclable et avons visité avec intérêt l’ancienne plantation sucrière Kingsley.

Le petit camping du parc d’État compte 36 emplacements offrant les services d’eau et d’électricité (20A et 30A), une table à piquenique et un anneau de feu de camp. On y trouve une buanderie et deux blocs sanitaires où il est possible de prendre une douche chaude. Une station de vidange est réservée à la clientèle, près de la sortie du camping.

Le camping municipal Long Point Park

Il nous est impossible de résister à la tentation de poursuivre sur la route A1A qui emprunte de longs chapelets d’iles en marge du continent. Souvent, comme sur la Treasure Coast qui s’étend de Cape Canaveral à Port St. Lucie, la barrière de sable est juste assez large pour la route et deux rangées d’habitations luxueuses ou d’hôtels. Heureusement, on y a préservé plusieurs accès à une plage aussi spectaculaire que peu fréquentée, ainsi que des territoires publics comme le Sebastian Inlet State Park et son voisin, le camping municipal Long Point Park à Melbourne Beach. Comme nous le constaterons tout au long du voyage, ces endroits sont très majoritairement fréquentés par des fanatiques de pêche provenant de tous les États américains. Les seuls Québécois aperçus (dans une rutilante Airstream flambant neuve) sont saisonniers ici depuis 10 ans !

Presque tous les emplacements du camping municipal ont un accès direct aux eaux calmes du lagon Indian River. Plusieurs pêcheurs lancent leur ligne à partir de leur emplacement. Maints autres utilisent des kayaks de pêche, la nouvelle embarcation à la mode. Une balade en kayak nous amène rapidement à côtoyer des dauphins en chasse, des éperviers, des hérons et une multitude d’autres oiseaux marins. Nous nous rendons même jusqu’au parc de Sebastian Inlet pour faire une pause sur leur plage protégée, à l’embouchure de la rivière. Le parc propose aussi un quai de pêche extrêmement populaire où l’on reconnait par leurs équipements la passion qui anime les adeptes. Le camping du parc, tout à fait superbe, offre une large vue sur le lagon. L’endroit est également un paradis pour les cyclistes avec une magnifique piste cyclable parallèle à la route sur une centaine de kilomètres. Fait marquant, j’ai entendu respirer puis aperçu de notre emplacement le nez de mon premier lamantin…

Le camping municipal Long Point Park compte 113 emplacements à 2 services (eau et électricité) avec vue sur le lagon, 42 emplacements à 2 services sans vue sur l’eau et 13 emplacements dotés des 3 services (eau, électricité, égout). Le wifi est offert sans frais sur tout le site. On y trouve une buanderie, des douches, un terrain de jeu, des sentiers de randonnée et plus encore. Comme le camping jouit d’une grande popularité, il est conseillé de réserver.

Le Jonathan Dickinson State Park

La Treasure Coast s’étire jusqu’aux limites de la grande région des Palm Beaches, qui comprend les iles de Jupiter, Juno et Singer, puis Riviera Beach et d’autres. Une région éblouissante malgré la densité de sa population. Elle a su conserver un cachet naturel et une ambiance relaxe. Plusieurs parcs et plages contribuent à préserver ce que les grandes villes plus au sud ont cédé au développement économique. Jupiter Island nous a particulièrement séduits lors de la sortie que nous avons réalisée avec Blue Line Outdoor qui se spécialise dans l’initiation à la planche à pagaie dans les lagunes et à la randonnée en kayak. Nous avons commencé par une balade en kayak avec notre jeune guide, un colosse éminemment sympathique qui nous a fait d’impressionnantes démonstrations de techniques de virage et de yoga en équilibre sur la tête à bord de sa planche. L’entreprise très professionnelle assure un service impeccable. La terrasse du resto voisin, Guanabanas, est absolument irrésistible. Dans le même secteur, le pourvoyeur Jupiter Tours montre également une grande expertise.

Le Jonathan Dickinson State Park est situé dans une immense savane de pins sillonnée par une très agréable piste cyclable qui passe par le plus haut sommet du sud de la Floride avec 26 m (86 pi) d’altitude. Ouvert toute l’année, le parc d’État compte deux campings à vocation familiale. Le Pine Grove Campground est doté de 92 emplacements à 3 services alors que le River Campground en compte 52, pourvus des services d’eau et d’électricité. Les deux campings comprennent chacun un grand bloc sanitaire avec douches, laveuse et sécheuse. La longueur maximale des VR autorisés à entrer au Pine Grove Campground est de 12,2 m (40 pi). La limite est fixée à 11 m (36 pi) au River Campground.

Une fois installé au camping, nous avons pris plaisir à nous rendre, non loin, à Singer Inlet, où nous avons découvert l’une des plages les plus bizarres qui soient, située sous un pont… Ombrage assuré et plaisirs pour tous sur cette plage surveillée. On trouve ici une autre rareté. Un circuit de plongée en apnée comptant 16 étapes censées nous faire voir certaines des 600 espèces aquatiques qu’abrite le secteur. À proximité, la large plage de Riviera Beach qui, malgré les grands hôtels qui la longent, nous réconcilie avec les plages bondées d’Hollywood à Miami.

Pour ce qui est des lamantins, la Florida Light & Power, voisine du port de West Palm Beach, a mis sur pied le Manatee Lagoon, un superbe et très intéressant centre d’interprétation à l’accès gratuit, où l’on apprend tout sur le lamantin de façon simple et ludique, ainsi que lors de tours guidés gratuits. En hiver, surtout en janvier et février, des belvédères permettent d’y observer simultanément des centaines de lamantins qui s’agglutinent à la sortie des eaux chaudes.  

 

Au centre de l’état

Le KOA West Palm Beach / Lion Country Safari

Pour traverser à l’ouest, nous opterons pour le dépaysement du centre de la péninsule. On trouve ici, toujours dans le secteur Palm Beaches, un attrait familial qui fait le bonheur de tous : le complexe touristique Lion Country Safari. J’avoue y être allé d’abord à reculons, mais je me suis laissé prendre au jeu assez rapidement. La formule est celle du Parc Safari d’Hemmingford puisque les visiteurs restent dans leur voiture. La diversité de la faune africaine qu’on peut admirer ici est vraiment impressionnante. Des animaux extraordinaires qui vivent et se reproduisent dans d’excellentes conditions. La visite du Lion Country Safari reste une activité familiale parfaite, complétée d’un parc animalier avec volatiles et reptiles et de jeux d’eau auxquels les enfants ne savent résister. J’avoue y avoir passé un bien agréable après-midi.

Le complexe possède un vaste camping KOA (211 emplacements, dont 104 pourvus des services d’eau, d’électricité et d’égout) doté d’installations et de services de qualité. On y trouve, notamment, un magasin, une très grande piscine chauffée l’hiver, un terrain de jeu et un parc à chiens. La taille maximale des VR autorisés sur place est de 12,2 m (40 pi).

Le camping municipal de Pahokee et le parc Fort De Soto

Toujours en route vers la côte ouest, une brève escale au surprenant lac Okeechobee (deuxième plus grand lac intérieur des États-Unis et source des Everglades) nous fait découvrir le charmant petit camping municipal de Pahokee, jumelé à la marina. Puis, de l’attachante ville de Naples, nous prenons la direction de St. Petersburg, au sud de la baie de Tampa, vers l’extraordinaire parc Fort De Soto. Sur son immense territoire, on trouve plusieurs belles plages, des kilomètres de pistes cyclables, deux quais de pêche, des sites historiques, des sentiers et des espaces de piquenique. On peut aussi y louer un kayak et explorer les lagunes ou aller se réfugier sur des plages désertes qui fourmillent de coquillages et de pélicans blancs. Des excursions en bateau sont organisées vers ces endroits de rêve.

Encore là, dans le grand lagon où est installé le centre de location de kayaks, nous apercevons quelques lamantins qui manifestent passablement de curiosité envers nous… Réussirons-nous à établir le contact au cours de ce voyage ?

Le camping municipal de Pahokee compte 125 emplacements, presque tous pourvus des 3 services et tous situés directement sur les rives du lac Okeechobee. L’établissement accepte les chiens et il est ouvert toute l’année. La clientèle peut profiter d’une grande piscine creusée et d’activités en nature (randonnée, ornithologie, pêche, etc.), en plus d’avoir accès à des blocs sanitaires et à une buanderie.

Le parc Fort De Soto comprend quant à lui un camping familial de 238 emplacements, tous dotés des services d’eau et d’électricité, d’une table de piquenique et d’un gril au charbon de bois. Sur place se trouvent des stations de vidange, des blocs sanitaires rénovés et un terrain de jeu. Une section est réservée aux campeurs voyageant avec des animaux domestiques.

Sur la côte Ouest

Le camping Nature’s Resort et… des lamantins, enfin !

À Homosassa Springs, nous séjournons quelques jours au camping Nature’s Resort, sur un des emplacements qui bordent le bayou, dans une région très peu fréquentée par les Québécois. Pourquoi ? Parce que les caravaniers migrateurs (snowbirds) cherchent essentiellement la plage et la mer alors qu’ici, c’est la rivière, les canaux et les marais jusqu’au golfe du Mexique. Homosassa River et le Nature’s Resort sont dans un secteur fréquenté par de vieux habitués, friands de pêche et de partys, qui fuient les endroits touristiques. Un coin de pays radicalement différent du reste de la Floride et que nous adorons. Les amants de la rivière ont leur culture propre axée sur la pêche et la cueillette des pétoncles en été. Malgré l’absence de piste ou d’espace cyclable, Homosassa s’explore agréablement à vélo et presque tous ses chemins sont des impasses qui courent entre deux canaux. Peu de richesse ostentatoire ici, mais des gens extrêmement accueillants. Le petit casse-croute de fruits de mer du village est un incontournable avec ses extraordinaires crab rolls qui « accotent » les lobster rolls des Maritimes.

Le camping, tout en haut, se trouve sur la rivière Halls (qui se jette dans l’Homosassa) que nous naviguons en remontant vers sa source, à droite. C’est là que les lamantins se regroupent à cause de la chaleur de l’eau. Juste aux portes de l’Homosassa Springs Wildlife State Park où les visiteurs peuvent admirer des lamantins en captivité et en liberté. Dès notre première sortie, nous en avons observés plusieurs de près. Puis, rien hier, alors que nous y sommes allés avant le coucher de soleil. Et aujourd’hui… Bingo ! Ils étaient là rien que pour nous. Des adultes gigantesques avec un veau curieux et joueur. Durant quelques heures, nous les avons admirés sous toutes les coutures, mais toujours à partir du kayak. Puis, comme nous avions masques et tubas, j’ai décidé de sauter à l’eau pour les voir de plus près. Ils sont immédiatement accourus pour nous voir face à face, nez à nez. Le jeune veut jouer et nous tourne autour inlassablement. Une expérience ahurissante et excitante. Joanne, ma conjointe, a également sauté à l’eau et a eu de nombreux contacts rapprochés. Il y en avait tellement autour d’elle que ça l’a un peu inquiétée. Mais ces bêtes sont les plus douces, les plus calmes et les plus pacifiques qui soient… Sauf quand elles font l’amour, apparemment !

Le camping Nature’s Resort compte 400 emplacements pour tous les types de VR, dont 250 sont dotés des 3 services et du wifi. Sur place, les infrastructures sont nombreuses : blocs sanitaires, dépanneur, piscine chauffée, salle d’exercice, salle de jeux, terrain de jeux, etc.

Texte et photos : Yves Ouellet
Magazine Camping Caravaning, vol. 24 no 7, octobre-novembre 2018

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