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J'aime les oiseaux et je les observe

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En camping, quoi de plus facile et de plus rassembleur que l’observation des oiseaux ? Ce loisir économique, accessible, universel et fascinant devient vite une passion qui prend alors le nom d’ornithologie. Pour l’assouvir, il suffit de prendre son temps, de garder les yeux (et les oreilles) bien ouverts et, éventuellement, de se procurer quelques accessoires.

Pourquoi devenir ornithologue amateur ? D’abord parce qu’il y a des oiseaux partout. Dans tous les campings, en ville ou en campagne, en forêt ou au bord de l’eau, dans tous les pays du monde. Ensuite, parce que le monde aviaire est d’une richesse et d’une diversité infinies. Aussi, parce qu’une fois que l’on a la piqure, on veut toujours aller plus loin. On veut identifier les oiseaux que l’on voit. Les photographier. Les admirer de plus près. Partager leurs images sur les réseaux sociaux. Puis, on en vient à chercher à comprendre leur rôle dans la nature. L’environnement dans lequel ils vivent. Leur alimentation et, pour ceux qui ne restent pas avec nous l’hiver, leurs habitudes migratoires. On en vient même à les nourrir pour les attirer et à tenter de reconnaitre leur chant.

L’initiation

Bien assis sur votre chaise pliante, si vous ne faites que regarder autour de vous, vous allez apercevoir des oiseaux. De « vulgaires » moineaux domestiques par exemple. Des oiseaux qui, comme beaucoup d’animaux, sont arrivés dans les Amériques avec les premiers colons européens. En fouillant le moindrement, vous apprendrez à reconnaitre leurs familles et leurs particularités. Ensuite, si vous êtes juste un peu plus attentif, vous remarquerez assurément des mésanges à tête noire dont le chant est facile à identifier. Ou les très jolis chardonnerets d’un jaune éclatant avec des ailes noires. Dans leur entourage suivent toujours de superbes sizerins flammés avec une tache rouge sur la tête. Et les roselins pourprés au ventre rougeâtre. Les bruants ou les parulines. Plus costauds, les gros-becs errants (jaune et noir) et les durbecs des sapins (rouge et noir) sont toujours dans les parages. Puis, vous ne manquerez pas d’apercevoir un petit volatile au bec fin qui se tient la tête en bas sur l’écorce des arbres : la sittelle à poitrine rousse, aisément reconnaissable.

Vous remarquerez même que les mâles et les femelles de plusieurs espèces sont très différents. Tout ça, en restant assis sur votre chaise.

Dans différents milieux

Si vous plantez votre siège sur la plage, vous constaterez que le type d’oiseaux qui occupe cet environnement est différent. Dépendamment de la région où vous serez, vous verrez naturellement des oiseaux marins et des hordes de mouettes ou de goélands. Vous serez surpris par le vol rapide et précis des sternes aux ailes pointues. Les cormorans, quant à eux, ouvrent grand leurs ailes au vent pour les faire sécher.

Juste à la limite des eaux, ces petits oiseaux à l’allure comique qui courent dans tous les sens sont des oiseaux de rivage. Parmi eux, de magnifiques pluviers, ou des bécasseaux, mais aussi des échassiers comme le grand héron bleu qui peut demeurer de longues minutes sans bouger en guettant sa proie.

Les nombreuses variétés d’hirondelles ne seront sans doute pas loin et, près des marécages ou des fossés au bord des routes, on trouve immanquablement des carouges à épaulettes, d’un noir vif avec une tache rouge sur les ailes. Leur cri saisissant est reconnaissable entre tous.

Gageons que, sur le lac, il y aura des canards. On entre là dans l’univers des plongeurs et des barboteurs, un  monde de couleurs parfois extraordinaires. Et que dire du cri troublant des sublimes plongeons, mieux connus sous leur ancien nom de huard ?

En forêt, il faut être plus attentif, mais il arrive qu’on puisse rencontrer de très près des tétras ou des perdrix, en se demandant qui est qui. L’agressif et criard mais superbe geai bleu se tient près des mangeoires. Quand il débarque, tous les autres s’enfuient. Par contre, le mésangeai du Canada (ancien geai gris) vous suivra durant vos randonnées en forêt et, si vous êtes patient, il viendra manger des graines dans vos mains.

Des outils

Le premier outil que vous voudrez vous procurer sera sans doute un guide d’identification. Ils sont nombreux sur le marché. Pour ce qui est des oiseaux du Québec, je vous recommande vivement Oiseaux du Québec de Jean Paquin, aux Éditions Michel Quintin (29,95 $). Les illustrations (des photos et non des dessins) sont extraordinaires et les explications, très claires. Si vous voyagez hors Québec, vous choisirez un ouvrage qui présente les oiseaux de tout le continent, dont l’incontournable Guide d’identification des oiseaux de l’Amérique du Nord, publié par Broquet et réalisé par le National Geographic (34,95 $). Il existe également plusieurs applications mobiles. 

 

De plus, dans chaque région que vous visiterez, vous trouverez facilement des guides d’identification régionaux et, dans les parcs nationaux, on vous fournira des listes locales que vous pourrez cocher au fil de vos observations.

De plus près

Quand on aime les oiseaux, on veut immanquablement les admirer de plus près. Pour ce faire, les boutiques de plein air ou de chasse et pêche vous offriront une grande variété de lunettes d’approche (jumelles), plus pratiques, ou de télescopes. Pas besoin d’y investir une fortune, surtout au début.

On veut aussi faire de belles photos d’oiseaux. Tout d’abord, ne perdez pas votre temps avec votre téléphone intelligent. Il vous faudra un appareil photo doté d’une puissante lentille. Personnellement, je vous conseille des appareils que j’ai utilisés durant plus de 20 ans, soit les « bridges », appareils à lentilles fixes, de la série Lumix de Panasonic, dont le zoom atteint un facteur de rapprochement de 30. Dotés d’un excellent stabilisateur, ils sont offerts à prix abordable.

Au fond, le meilleur moyen pour voir les oiseaux de près, c’est de les nourrir. Pourquoi ne pas apporter une petite mangeoire avec des graines de tournesol ? On peut aussi attirer les oiseaux-mouches (colibris) avec  une petite mangeoire spécialement conçue pour eux dans laquelle on dépose un léger sirop fait de deux parties d’eau et d’une partie de sucre qu’on aura réchauffé jusqu’au frémissement. Pas vraiment besoin de colorant. Patience et chance vous permettront d’attirer des colibris avec un simple bouchon de couleur vive rempli d’eau sucrée.

Ornithologie et tourisme

Lorsqu’on développe le gout de l’ornithologie, on ne voyage plus de la même façon. Partout où je vais dans le monde, je m’intéresse aux oiseaux, qui ne cessent de m’émerveiller.

Au Québec et sous les latitudes nordiques, je suis particulièrement fasciné par le fameux macareux moine, avec son gros bec multicolore, qu’on observe en Minganie et en Basse-Côte-Nord. Je l’ai aussi photographié sur l’archipel du Svalbard, dans l’Arctique norvégien, et en Islande. Mais le meilleur endroit qui soit pour l’admirer à proximité demeure Terre-Neuve, tout spécialement à Elliston, près de Bonavista.

Tout le monde peut également s’offrir une observation très rapprochée de ces superbes oiseaux que sont les fous de Bassan en se rendant sur l’ile Bonaventure à partir de Percé. Une expérience inoubliable.

Le roi des oiseaux et symbole aviaire des États-Unis, l’impressionnant pygargue à tête blanche, est un charognard qu’on aperçoit un peu partout au Québec et, plus facilement, sur l’ile d’Anticosti. On remarque parfois son nid gigantesque au sommet des pylônes électriques.

L’observation des oies des neiges et des bernaches lors de leur migration automnale constitue un merveilleux spectacle auquel on peut assister un peu partout sur les rives du Saint-Laurent, mais tout particulièrement dans la municipalité de Baie-du-Febvre, dans la région Centre-du-Québec, le long de la côte de Chaudière-Appalaches, à la réserve nationale de faune de Cap-Tourmente, près du mont Sainte-Anne, ou encore le long de l’autoroute 40, à la limite des territoires de Lanaudière et de Portneuf.

Dans la région du lac Saint-Jean, le Petit Marais de Saint-Gédéon est reconnu internationalement pour la diversité de sa faune aviaire et ses aires de nidification de canards.

Pour dire vrai, peu importe où vous menez votre équipage, vous trouverez toujours quelques spécimens de la gent ailée pour attirer votre oeil, voire ravir vos oreilles. Bonne « chasse » !

Texte : Yves Ouellet
Magazine Camping Caravaning, vol. 26 no 3, juin 2020

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POUR INFO

Go oiseaux ! : le site gooiseaux.ca vous aidera dans l’identification des oiseaux du Québec.
Fédération canadienne de la faune : sa page hww.ca/fr/faune/oiseaux présente de très belles illustrations.

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