À la suite de la publication de mon billet sur le Jonathan Dickinson State Park, j’ai reçu un courriel de M. Daniel Bergeron, du Heritage Village RV Resort, à Okeechoobee, me demandant si une visite de l’endroit, dont il est le président du conseil d’administration, pouvait m’intéresser. Immédiatement après avoir accepté, je me suis demandé s’il ne fallait pas y voir l’intervention d’un fidèle lecteur de ce blogue, Normand B, qui, chaque fois que l’occasion se présente, ne se prive pas pour témoigner de la grande estime qu’il a de ce lieu. Ce n’était pas lui, mais un autre lecteur, qui avait eu l’idée d’en faire la suggestion à M. Bergeron.

Voyageant sans réservations ni tracé contraignant, il nous est donc facile de réaménager notre trajet pour réagir rapidement aux opportunités qui se présentent sur notre route. Aussi, lundi dernier, après avoir quitté le chantier qu’est l’Ocean Breeze, nous étions des plus disposés à visiter un parc à maturité et d’une grande qualité, selon ceux qui le fréquentent. Dès notre arrivée, cette impression allait devenir réalité, pour notre plus grand plaisir.

Pour ceux qui ne connaissent pas ce parc, précisons qu’il se trouve dans la ville, ou plutôt le village d’Okeechobee, juste au nord du lac du même nom, le plus grand de la Floride. Les Australiens utiliseraient le mot « outback » pour désigner cette partie du centre de l’état. Quant aux Étatsuniens, ils parleraient plus familièrement de « boonies ». Faut-il le rappeler, l’intérieur de terres de la Floride est à des décennies de la trépidance touristique de ses côtes. Un résidant du parc m’avouait d’ailleurs avoir l’impression de remonter le temps chaque fois qu’il arrivait à Okeechobee, tellement la mentalité de la population lui rappelait le caractère traditionnel qui régnait dans le Québec de son enfance.

Heritage Village est né de la vision d’un Québécois francophone, Fernand Larose, qui, il y a 23 ans, se portait acquéreur d’un terrain où se trouvaient des habitations préfabriquées en plus ou moins bon état avec l’intention d’en faire une oasis d’hiver à saveur francophone. Qualifié d’hurluberlu par plusieurs, il persista dans son idée pour mener à terme son projet. Aujourd’hui, même s’il a quitté ses fonctions dans gestion du parc, Fern comme l’appelle chaleureusement ses voisins, habite toujours les lieux. Au total, ils sont environ 250 à y posséder un terrain. Certains y viennent régulièrement chaque hiver, d’autres, se contentent de louer leur emplacement.

Je pourrais écrire durant des heures sur ce parc sans pouvoir lui rendre complètement justice. Une qualité de vie de haut niveau, sans snobisme, dans un parc où la mesquinerie et les guerres de clans sont inconnues, mais remplacées par l’engagement bénévole et l’entraide, voilà la première chose que l’on perçoit en y mettant les pieds. Une valeur qu’unanimement, toutes les personnes qui y habitent ne se privent d’ailleurs pas de souligner.

Les terrains y sont immenses, 500 mètres carrés, et on ne peut mieux aménagés. Une section du parc est réservée aux habitations préfabriquées alors que l’autre peut accueillir tout type de véhicule récréatif de même qu’une remise et une maisonnette de type modèle de parc. Chaque emplacement dispose d’un service de câblodistribution permettant de capter les principales chaînes de télévision québécoises.

À l’occasion, la salle communautaire accueille des vedettes de chez nous qui viennent y donner un spectacle, alors qu’à d’autres moments, ce sont des soupers thématiques qui y sont organisés. Lors de tels soupers, il n’est pas rare qu’une soixantaine de bénévoles unissent leurs efforts pour faire de chaque rencontre un moment inoubliable.

Autre illustration de l’entraide régnant sur le terrain. Afin que les vacanciers de passage puissent compter sur un accès internet, un des résidants du parc, Serge Claveau, a mis sur pied un réseau Wi-Fi qui, pour quelques dollars permettant d’absorber les coûts de fonctionnement, offre aux visiteurs d’accéder à l’internet sans avoir à souscrire à un abonnement à long terme auprès d’un fournisseur externe de services. Serge a également concocté un mini site web où il témoigne des nombreuses activités du parc en plus d’y inclure une foule de renseignements forts utiles, notamment sur ce qu’il en coûte pour y vivre.

Je crois sincèrement que ce parc constitue une avenue intéressante pour quiconque désire trouver un lieu calme, propre, de grande qualité, où la sécurité ne constitue vraiment pas une préoccupation et qui, somme toute, est fort abordable pour passer l’hiver en Floride. N’était-ce de notre incorrigible bougeotte, Michelle et moi pourrions facilement envisager d’y passer nos hivers.

Je tiens également à mentionner qu’un des frères de l’initiateur du projet, Gilles Larose, se fait un plaisir de faire visiter et d’expliquer le parc aux visiteurs ayant manifesté un intérêt. Son bagout et ses talents de communicateurs transforment le tour du parc en une véritable visite touristique à saveur botanique et zoologique. Tout au long du parcours, Gilles se fait un plaisir de montrer et nommer la diversité des plantes, des arbustes et des arbres qui ornent le terrain et d’énumérer les variétés de poissons que l’on peut pêcher dans les deux lacs agrémentant les lieux.

En terminant, deux liens qui vous conduiront sur le site officiel du Heritage Park et sur le blogue de Serge Claveau :

http://www.heritagevillageflorida.com/xx_apropos_bienvenue_heritage_fr.shtml

http://quebecoisenfloride.blogspot.com

Note : J’ai créé une adresse courriel spécialement pour permettre à ceux qui souhaitent me soumettre des commentaires, soulever un point ou poser une question n’ayant pas de lien avec le billet en titre. N’hésitez pas à vous en servir si le cœur vous en dit : plaquerre@campingcaravaningmag.ca