Plusieurs formules s’offrent à nous pour découvrir les trésors touristiques d’une région. La géocachette s’impose de plus en plus comme étant un moyen de faire des découvertes inédites.

À la géocachette, les « cachettes » sont déterminées par les habitants de l’endroit, des gens connaissant bien leur région et prêts à la partager avec les visiteurs. Cela réserve des découvertes inusitées en dehors des sites historiques habituels. L’aventure se vit comme un jeu où jeunes et moins jeunes apprennent dans le plaisir, souvent ponctué de fous rires. Plusieurs écoles ont même commencé à se doter de l’équipement requis pour intégrer la géocachette à leurs activités parascolaires. Sa popularité chez les jeunes n’en est qu’accrue.

L’origine

Bien que l’origine de la géocachette soit une opération militaire américaine datant de l’an 2000, l’activité a vite débordé à l’échelle planétaire. On peut dorénavant s’en servir pour découvrir plusieurs pays. L’Association Géocaching Québec est née en 2006 et a pour but non seulement de promouvoir l’activité, mais également d’encourager les rencontres entre géocacheurs québécois. Environ 4 500 membres sont inscrits et contribuent présentement à son forum d’échange.

Plus de 25 000 caches sont actuellement disséminées dans tout le Québec. Les grands centres urbains recèlent plus de caches que les campagnes. Par contre, les parcs régionaux et nationaux en possèdent de plus en plus. Certains, tels le parc régional Bois-de-Belle-Rivière, le parc de la Gatineau, le parc de la Rivière-Batiscan et le parc de l’Île- Saint-Quentin de Trois-Rivières, offrent des activités de géocachette encadrées d’initiation.

Qu’est-ce que la géocachette ?

Cette nouvelle activité est en fait une chasse au trésor version 21e siècle, c’est-à-dire qui utilise les moyens technologiques d’aujourd’hui : un GPS et un téléphone intelligent (BlackBerry, iPhone, etc.) qu’on peut idéalement compléter par une bonne carte topographique. L’arrivée des GPS pour automobile et surtout ceux qui sont intégrés aux téléphones intelligents ont beaucoup simplifié le processus. Plus besoin d’aller sur l’ordinateur à la maison et d’imprimer les indices pour trouver la cache, tout est accessible au bout des doigts en temps réel.

On se prépare

Indépendamment de l’équipement dont on dispose, voici le processus à suivre pour pratiquer l’activité. On s’inscrit d’abord en ligne sur le site international : www.geocaching.com. À partir du code postal de l’endroit que l’on compte visiter, on choisit les caches qui semblent intéressantes. Plutôt inhabituel, non ? Quelle autre activité fait prendre l’air en utilisant l’ordinateur comme point de départ ? Puis, l’on enregistre dans le GPS, à l’aide d’une clé USB, les coordonnées des caches sélectionnées. On prend soin d’amener les informations sur papier qui compléteront les indices. Il est préférable de se munir d’un calepin qui deviendra le registre des découvertes. Curiosité et sens de l’observation feront le reste.

Il existe toutes sortes de caches : les caches évènements, les caches mystères, les multi-caches, les caches thématiques, etc. Elles sont de différentes tailles, de minuscule à grande. Les trésors sont souvent des babioles. La règle du jeu est claire : quand on prend un objet, on en laisse un autre afin que le prochain visiteur ait le plaisir de faire une découverte à son tour. Certains sont même dotés d’une puce voyageuse. De déplacement en déplacement, ils peuvent faire le tour de la province.

Géocachette à l’essai

Nous avons opté pour la région de Mirabel, dans les Laurentides. Une fois notre recherche préalable complétée, nous choisissons trois caches au parc régional Bois-de-Belle-Rivière et une autre à un cimetière avoisinant.

 

La première cache

La première, « L’échange de jouets », ravit les enfants, car nous apportons avec nous des jouets miniatures avec l’intention de les échanger. Sur le terrain, il est d’abord difficile de discipliner les enfants… et les plus grands aussi ! Dès que le GPS nous indique que la cache est à proximité, nous le délaissons pour explorer les alentours.

Attention ! Il faut être discret et éviter de vendre la mèche aux passants qui deviennent, dans le jargon des géocacheurs, des « géomoldus ». C’est un clin d’oeil – apprécié des jeunes – aux livres de Harry Potter où l’on appelle les gens qui ne possèdent pas la faculté de faire de la magie des « Moldus ».

Notre fille, Dalya, croit avoir trouvéla cache. Nous lui rappelons qu’il faut attendre d’être seuls pour mettre la découverte au grand jour. Tout le monde se met en mode « hypocrite », fous rires inclus. Le signal donné, nous découvrons enfinla cache. Les enfants choisissent le jouet à prendre et celui qui le remplacera. Nous notons notre premier succès dans notre registre afin de pouvoir l’inscrire ultérieurement sur geocaching.com.

La deuxième cache

Pour la deuxième cache, appelée « la malandre », le niveau de difficulté est plus élevé, car l’objet à trouver est minuscule. Quand le GPS nous indique la proximité de la cache, nous sommes perplexes. Il y a tellement de branches et de bois mort que nous nous demandons par où débuter. C’est comme chercher une aiguille dans une botte de foin ! Au tour de Francis de proposer d’essayer de nous mettre dans la tête de celui qui a crééla cache. Nous réfléchissons tous et les hypothèses proposées sont plus délirantes les unes que les autres. Il est midi. Personne ne veut s’arrêter.

La troisième cache

Nous entreprenons donc la recherche de la troisième cache, « l’entre-deux ». Notre famille rivalise avec une autre qui semble effectuer la même recherche. Nous faisons connaissance et décidons de nous entraider. Après avoir trouvé la cache, nous prenons le temps de piqueniquer avec nos nouveaux amis.

La multi-cache

Pour clore l’expérience, nous changeons de lieu pour mieux nous attaquer à une cache plus complexe, une multi-cache, qui se trouve dans un cimetière avoisinant. À partir d’indices sur papier, nous nous affairons à courir d’une pierre tombale à l’autre puisque c’est là que se trouve la clé des énigmes. Après, nous devons décoder numériquement les réponses trouvées. Tout le monde est au calcul. Chacun vérifie, contre-vérifie. Le résultat est mis sur GPS. La recherche reprend jusqu’à ce que la cache soit trouvée.

La journée a passé en un éclair. Tout le monde est unanime : il faudra recommencer. La famille s’est amusée, s’est entraidée, a marché toute la journée en plein air sans que jamais personne ne se plaigne et, ce faisant, nous avons découvert un parc régional fort intéressant. Somme toute, nous avons vécu une activité familiale à la fois fort réussie et fort peu dispendieuse. Tout ça grâce à l’ordinateur. Qui l’aurait cru ?

Par Ginette Rochon
Magazine Mon camping préféré, mars-avril 2012.

 

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