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Dans l’esprit populaire, on ne peut dissocier la tente du camping. Tout comme le feu de camp et les guimauves, la tente fait partie de l’image classique que l’on se fait du loisir. On ne peut donc parler de camping sans parler de tentes, non ?

Que l’on soit campeur débutant ou chevronné, adepte de camping rustique ou saisonnier dans un terrain de camping avec services, la tente a sa place dans l’expérience. Bref, connaître un tant soit peu les tentes est un incontournable. Le hic, c’est que la variété est telle qu’il peut être difficile d’en  parler avec autorité. Imaginez, on peut se procurer une tente pour environ 30 $, mais il en existe aussi à plus de 7 000 $. Il doit bien y avoir des différences…

Le point de départ

Question de démêler tout ça, on peut débuter la réflexion par des points d’ordre général. Une des premières considérations est la saison d’utilisation. Il y a des tentes conçues uniquement pour le camping hivernal, par exemple. Avec une toile plus robuste pour supporter le poids de la neige et les bourrasques, elles sont aussi moins ventilées. Plus dispendieuses et lourdes, ce n’est définitivement pas un bon choix pour faire du camping en plein été. La grande majorité des utilisateurs optent donc pour une tente dite 3 saisons. Mais il y a des nuances. Certaines ont un habitacle tout en filet, ce qui est génial pour les chaudes nuits d’été mais moins agréable pour les débuts et fins de saison où le mercure peut avoisiner le point de congélation.

Le type d’activité aura aussi un impact majeur sur le modèle choisi. Lors d’activités comme la randonnée ou le cyclotourisme, minimiser la masse et le volume sont de toute première importance, au détriment du prix, de la robustesse et du volume habitable. Le camping en voiture amène des considérations totalement opposées! C’est pour cela que certains opteront pour des modèles aux caractéristiques plus générales, afin d’en accroître la polyvalence.

Enfin, il y a le volume adapté au nombre de personnes qui y dormiront. Il y a des tentes pour les groupes comme les camps de base pour une armée de grimpeurs en haute altitude. Les tailles les plus populaires sont faites pour accueillir 2-3 et 3-4 personnes. Vous remarquerez que j’ai parlé de  volume et non d’espace plancher. Les tentes de cyclotourisme pour 1 personne sont si petites que l’utilisateur doit demeurer couché dans la tente. À l’opposé, une tente familiale pour 4 ou 6 personnes a tout à la fois besoin de plus de plancher mais aussi de hauteur pour faciliter la gestion et agrémenter les longues journées pluvieuses à distraire les enfants… dans la tente. Il y a en effet une limite aux roupillons de milieu de journée ! Il faut préciser que les fabricants ont généralement tendance à être généreux quant à leur classification. Ainsi, une tente dite pour 3 personnes insinue que ces trois utilisateurs seront coude à coude. Vaut mieux être à l’aise avec notre voisin dans ce cas. Sinon, on opte pour une telle tente alors que l’on  prévoit n’être que deux à y dormir.

Poids, arceaux, toile et vestibule

Plongeons maintenant dans les détails de conception plus techniques. Les considérations énumérées précédemment auront toutes un impact sur ces détails et ces derniers s’influenceront aussi l’un l’autre. Vaut donc mieux en saisir un peu les tenants et aboutissants. Prenons la masse, par exemple. S’il est évident que la légèreté est importante pour la randonnée et moins pour le camping en voiture, il faut aussi comprendre l’impact qu’elle peut  avoir sur les autres détails. Ainsi, règle générale, une tente plus légère sera construite d’une toile plus mince, d’arceaux moins nombreux, au diamètre plus petit et au matériau plus exotique, comme le carbone, et sera par conséquent moins robuste et plus dispendieuse. Une tente pour une personne a une masse de 1,5 à 2 kg, alors que cela passe à 2 à 4 kg pour une de 2-3 personnes. Une tente familiale de 4-6 personnes destinée au camping en voiture peut peser de 4 à 6 kg (et même plus). Quand on lit les données techniques, il faut faire attention aux nombres indiqués. Il y a en effet la masse minimale (généralement sans les piquets, la toile de fond et les sacs de transport) qui est plus là pour des raisons publicitaires et la masse totale, qui est celle qui nous intéresse vraiment. 

 

Il faut aussi considérer le nombre d’arceaux, leur matériau de fabrication et la façon dont ils se fixent à l’habitacle. Aujourd’hui, la grande majorité des tentes sont dites autoportantes. Elles n’ont donc pas besoin d’être ancrée au sol avec des haubans pour se tenir debout (mais elles doivent tout de même l’être pour augmenter leur résistance au vent, toutefois). C’est vraiment pratique quand le sol est dur comme de la pierre ou que la tente est montée sur une plate-forme de bois. Il faut au moins deux arceaux en X pour cela. Plus le diamètre des pôles sera grand, plus elles seront robustes, évidemment, mais aussi volumineuses et lourdes. En augmentant le nombre de points de fixations entre elles, on stabilise l’armature, mais on  complique aussi souvent l’érection de la tente. Fixées à la toile avec des manchons, les arceaux répartissent ainsi mieux la charge (et limitent les risques de déchirures), mais nuisent à la ventilation entre le double-toit et l’habitacle. Comme la fibre de verre a pour ainsi dire disparue du paysage et que le carbone ne se retrouve que dans les tentes ultralégères, on constate que l’aluminium règne en maître. Mais la qualité des alliages (série 6000 versus 7000, par exemple) aura un impact sur la masse, la robustesse et le prix. Il y a bien l’acier, mais on le retrouve surtout dans certains gros abris
cuisine, par exemple.

Les toiles sont maintenant généralement faites de polyester ou de nylon. Le canevas de coton, lourd et difficile à entretenir ayant disparu totalement dans ce type de tente portative. Le nylon est surtout utilisé pour le fond, étant plus résistant à l’abrasion. Avec un maillage anti déchirure, les toiles légères (indiquées par un nombre de deniers plus petits, comme 40D versus 70D) sont tout de même très robustes. Leur étanchéité est assurée par un enduit de polyuréthane et le test de résistance à une colonne d’eau donne un bon aperçu de leur performance dans ce domaine. Ainsi, un plancher aura une cote de 1 500 à 5 000 mm alors que ce sera plutôt de 1 500 à 2 000 mm pour le double-toit. Les coutures doivent être scellées en usine pour une étanchéité maximale (bien que l’on puisse, au fil du temps, appliquer un scellant manuellement en guise d’entretien).

Une bonne ventilation entre le double-toit et la toile de l’habitacle minimisera la condensation qui pourrait se traduire par de l’eau sur les sacs de couchage au contact des parois, par exemple. Des tunnels de ventilation, mais surtout des manchons en filet ou des attaches de type crochet pour les arceaux, sont ici de bonnes solutions. La toile de l’habitacle peut aussi être tout en filet, pour une utilisation plus estivale, ou seulement dans sa partie supérieure, pour étirer la saison. D’ailleurs, un double-toit qui descend jusqu’au sol et un plancher aux rebords qui remontent (genre baignoire) assurent une plus grande étanchéité lors des pluies torrentielles, mais limitent la ventilation. Ce sera un compromis à faire en fonction de nos priorités. Toutefois, il faudra se méfier des double-toit partiels qui ne couvrent qu’une partie du sommet de la tente.

J’ai abordé les notions de volume et d’espace plancher, précédemment. Si une tente dans laquelle on peut se tenir debout est un choix intéressant pour une petite famille, cela l’est moins pour un randonneur. Tous apprécieront toutefois des murs plus verticaux, maximisant ainsi le volume habitable pour une même surface de plancher. Parmi les autres considérations, on peut mentionner le nombre et le volume des vestibules. Très pratiques pour y ranger les souliers et les sacs à l’abri ou même sortir ou entrer par temps pluvieux, certains sont toutefois si en pente que la surface de plancher est loin d’être maximisée. Une option intéressante est d’avoir deux portes avec de grandes ouvertures en U, chacune équipée de son vestibule. Enfin, doit-on le mentionner, les filets doivent absolument avoir un maillage très fin pour empêcher les brûlots de passer et les fermetures éclair être assez robustes pour un usage intensif. Ouf ! n aurait pu parler de couleur, d’accessoires comme les pochettes ou les filets de rangement, les toiles de fond ou même les piquets et les haubans, mais le temps nous manque…

Il ne vous reste plus qu’à passer en boutique pour faire l’essai, sur place ou chez vous si un retour est possible, afin de vous assurer de la facilité et de la rapidité de l’assemblage, ainsi que du volume. En terminant, voici quelques exemples de modèles, question de vous donner une idée de départ.

Marques et modèles

Sur le marché québécois, on ne peut pas se tromper beaucoup avec des noms comme Marmot, The North Face, Big Agnes, MEC et Nemo. Pour une option plus économique, Eureka, Kelty et certaines marques maisons ne sont pas à négliger.

Texte et photos : Dany Coulombe
Camper au Québec 2021

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