Signe que les vacances estivales tirent à leur fin, il semble bien que certains, caravaniers ou non, enviant les privilégiés qui dans un peu plus de deux mois mettront le cap au Sud, aient décidé de polluer à nouveau le web québécois avec des « fake news » pourtant éculées depuis longtemps.

Alors que la semaine dernière, je dénonçais la pseudo-obligation de détenir un permis spécial pour traverser des états en conduisant une caravane à sellette — ou même traditionnelle — dont la masse serait élevée. Et ce n’était pas de caravane en surcharge dont il était question, simplement de celles qui sont lourdes.

Voilà donc que, ces derniers jours, j’ai reçu deux courriels et lu une question sur le forum de la FQCC déterrant d’autres cadavres que je croyais décomposés à tout jamais. Le premier abordait une fois de plus la nécessité de détenir un permis international pour, cette fois, rouler dans l’état du Massachusetts. Bien intentionné, l’auteur fournissait un lien sur le site officiel du DOT (Department of Transport) de l’état. À première vue, l’information présentait tout pour être crédible, sauf que…

Comme je l’ai déjà dit, la Géorgie, la Floride, le Mass et sans doute certains autres états, ont bien dans leur réglementation un article mettant en garde les conducteurs dont le permis serait rédigé dans une langue inconnue des officiers de la route. Cela se comprend pour un permis rédigé en langue arabe, en chinois, en russe ou toute autre langue ne partageant pas le même alphabet que la majorité du monde. Je mets au défi quiconque de reconnaître un permis écrit dans une de ces langues et de déterminer s’il s’agit bien d’un permis de conduire valide ou d’une simple carte d’employé d’une entreprise. Mais voilà, les Américains partagent le même alphabet que nous. En fait la seule différence qui distingue nos permis de conduire de celui des autres provinces ou états d’Amérique du Nord, réside dans la façon d’inscrire une date. En français, le positionnement du mois et du jour est inversé, tout le reste est identique.

Lorsque le canular des barrages routiers pour prendre les caravaniers québécois en défaut sur les routes de la Géorgie était apparu, l’affaire avait fait beaucoup de remous dans les médias et inquiété plusieurs de nos compatriotes anxieux à l’idée de traverser le territoire inhospitalier.

La ministre québécoise responsable de la sécurité routière avait alors abordé ce problème — qui n’en était pas un ailleurs que sur le web — avec les autorités de la Géorgie, ce qui avait suffi pour calmer le jeu et rassurer les plus timorés d’entre nous. Pourtant, il n’avait pas été nécessaire de modifier la réglementation de la Géorgie, où l’article est toujours en vigueur. Le gros bon sens avait prévalu et l’application de l’article restreinte aux seuls permis illisibles.

Cet été, combien de Québécois ont été verbalisés dans le Mass. pour le seul motif que leur permis de conduire était rédigé en français ? Je suis prêt à parier qu’il n’y en a eu aucun. De grâce, ne succombons pas à l’hystérie d’imaginer des « troupers » embusqués derrière chaque arbre pour attraper nos compatriotes et les accuser de délinquance linguistique ?

La captation des signaux télévisuels retransmis par les satellites de Shaw Direct a aussi refait surface, rappelant des reprises ad nauseam de vieilles émissions de télé. Bien sûr, on sait que la télévision par satellite est en voie de devenir une technologie dépassée, mais dans l’espace, les satellites stationnaires au-dessus de l’équateur continuent toujours de transmettre.

Automne après automne, la rumeur veut que Shaw Direct ne fonctionne plus aux États-Unis. Chaque fois, cette rumeur ressemble aux histoires de peur l’Halloween et ne sert qu’à faire frissonner les grands voyageurs accros à leurs téléséries québécoises. Sachez cependant qu’après l’Halloween, viendra, à la toute fin de décembre, la Saint-Sylvestre et que vous pourrez encore regarder le Bye-Bye de la Floride, du Texas ou de l’Arizona, la neige en moins cependant.