Le paysage des Keys a beaucoup changé depuis le passage de l’ouragan Irma, l’an dernier. Comme le veut le proverbe, à quelque chose malheur est bon, les Keys ont profité de ce désastre pour donner un sérieux coup de balai dans les vieilles bicoques qui s’étalaient des deux côtés de la route 1 reliant Miami à Key West. Certes, il reste encore des terrains qui n’ont pas été réaménagés, sans doute parce que leur propriétaire a jeté l’éponge, mais dans l’ensemble, les Keys présentent maintenant un visage nettement rafraichi.

J’y ai passé quelques jours la semaine dernière pour redécouvrir cette région célèbre de l’extrême sud de la Floride. Voici donc quelques observations qui pourront inspirer les caravaniers qui souhaiteraient s’y rendre.

Le premier camping où nous nous sommes arrêtés fut le Sunshine Key, quelques kilomètres après avoir traversé le célèbre Seven Mile Bridge. Fortement touché par Irma, ce camping a nécessité de gros investissements de la maison mère, la bannière Encore. Les rues profitent d’un nouveau revêtement asphalté tandis que tous les emplacements à entrée directe sont sur de petits cailloux blancs créant un beau contraste donnant l’impression que ceux-ci sont plus dégagés qu’auparavant.

Durant notre séjour, nous nous sommes aussi rendus au Fiesta Key RV Resort, affichant la même bannière, histoire de voir comment celui-ci s’était sorti de l’ouragan. Nous avons également profité de l’occasion pour souper au restaurant le Lobster Crawl situé sur le camping, directement sur le bord de la plage du Golfe. Atmosphère des îles garantie !

Devant notre étonnement de constater que le restaurant ait résisté à la tempête malgré son toit de branches de palmiers, la serveuse, une francophone de la région de Québec arrivée en Floride il y a plusieurs décennies alors qu’elle était encore enfant, nous a expliqué que le camping et le restaurant avaient profité du fait que l’ouragan et ses vents dominants venaient de l’Atlantique et non pas du golfe du Mexique. Selon elle, l’onde de tempête avait provoqué le retrait de l’eau sur des centaines de mètres devant le restaurant, une situation aussi impressionnante que peu commune.

Le lendemain, nous avons joué aux touristes et visité deux attractions situées dans la région immédiate. Notre premier arrêt se fit au Turtle Hospital, qui, comme le dit son nom, vient en aide aux tortues ayant subi des blessures souvent causées par des hélices de petits bateaux ou encore victime de la pollution abondamment causée par le plastique rejeté à la mer.

Cette visite d’environ de 60 à 90 minutes permet d’en apprendre beaucoup sur les cinq variétés de tortues qui nagent dans l’eau des Keys. Un court exposé rehaussé de moyens audiovisuels précède la visite des salles d’opération ou de traitement des tortues et des bassins à l’eau de mer dans lesquels elles s’ébattent durant leur convalescence avant d’être relâchées dans l’océan. Cette visite, comme la seconde que nous avons effectuée vaut le détour.

L’arrêt suivant se fit au Dolphin Research Center. Comme le lieu précédent, cet endroit se définit comme un organisme à but non lucratif. Ne bénéficiant d’aucune subvention gouvernementale, le DRC survit grâce à des dons privés qui s’ajoutent aux revenus générés par les admissions et la vente de produits dérivés.

Même si l’on m’avait chaudement recommandé cette attraction, je craignais de m’y ennuyer un peu. Regarder des dauphins s’ébattre dans des bassins alors que l’on peut souvent en voir près des rivages de plusieurs cours d’eau de la Floride se jetant dans la mer ne me titillait pas particulièrement. La suite de la visite allait démontrer à quel point j’étais dans l’erreur.

Dès notre arrivée, Michelle et moi avons découvert et rencontré des personnes passionnées et complètement dédiées aux dauphins. Cela commença par la responsable du marketing et des médias, Mary Stella, qui avait été prévenue de notre venue. Cette dame, qui définit les dauphins comme des animaux très intelligents adorant entrer en relation avec les humains, connait chacun des dauphins du centre par son nom. Si l’un d’eux s’approche du bord du bassin, elle le salue de la main et par son nom en lui adressant quelques mots avec tendresse. J’avais l’impression d’entrer dans un monde où les relations humain-animal prennent une importance qui m’était jusqu’alors inconnue. Par la suite, en y repensant, je me suis dit que son attitude n’était tellement différente de celle des personnes qui parlent à leur chien ou à leur chat comme s’ils étaient des enfants. Personne ne s’en surprend ou ne s’en offusque.

Je suis également resté pantois de constater ce que, après avoir établi une relation de confiance avec les dauphins, le personnel sur place pouvait réussir à leur enseigner. Le plaisir que prenaient ces animaux à exécuter de toutes sortes de cabrioles pour amuser la galerie était évident.

Maria Stella précisa avec insistance que tous ces apprentissages reposaient avant tout sur le respect de l’autonomie des dauphins. Chaque pirouette effectuée par l’animal l’était toujours de façon volontaire. Conséquemment, on pourrait se rendre au Dolphin Reseach Center deux jours consécutifs et avoir l’impression d’assister à un spectacle légèrement différent de celui de la veille.

L’activité proposée par le Dolphin Research Center s’adresse autant aux personnes d’âge mûr qu’aux jeunes familles accompagnées de leur progéniture. Je peux d’ailleurs vous assurer que, sur les lieux, on retrouve facilement l’émerveillement qui caractérisait notre enfance. Nous nous y sommes tellement amusés que nous nous y sommes attardés près de trois heures, même si à l’arrivée, je m’étais imaginé que tout serait fini dans l’heure. Un incontournable des Keys, je vous le dis.

Cette journée inoubliable, nous l’avons terminée au Sunset Grill, un endroit animé et très sympathique situé à la sortie de Marathon, juste avant le long pont mentionné plus haut. Chaque jour, des dizaines et des dizaines de personnes s’y retrouvent en fin d’après-midi pour l’apéro, mais surtout pour voir le soleil plonger dans la mer.

La semaine prochaine je vous emmène à Key West, tout au bout de ce chapelet d’îles.