Suite au sujet abordé dimanche dernier, un commentaire — le seul d’ailleurs — a suscité mon intérêt. Je sais que vous êtes des lecteurs de peu de mots, mais des fois, j’aimerais bien être rassuré. Pâques approchant rapidement, je ne voudrais surtout pas connaître le sort réservé à l’Autre qui prêchait dans le désert. Fin de l’angoisse !

Marc, auteur du commentaire et lecteur de longue date, y formulait une hypothèse plausible. S’appuyant sur différents éléments liés à la fragilité de l’économie américaine : inflation, taux d’intérêt à la hausse, pénurie de main-d’œuvre compétente, mais, aussi paradoxal que cela puisse sembler, de trop nombreuses mises à pied, il avançait que plusieurs des personnes se rendant au Florida RV SuperShow, à Tampa, pourraient s’apparenter à de simples badauds et non à d’acheteurs sérieux.

Craignant une réaction sympathique à l’idée, mais trop impulsive, je me suis gardé de surenchérir dans le même sens et préféré attendre une confirmation des données officielles. Celles-ci me sont parvenues vendredi. Bien qu’elles ne soient pas exhaustives – les retombées immédiates d’un salon du genre sont toujours partielles – elles sont toujours porteuses d’une tendance fiable. 

Les commerçants participants aux salons de VR qui se tiennent chez nous vous confirmeront que les deux, trois et même quatre semaines suivant sa fermeture, l’effet de l’événement continue de générer des vagues secondaires positives. Plusieurs visiteurs de ces salons en ressortent remplis d’enthousiasme et de rêves, mais, dans un réflexe souvent salutaire, s’accordent quelques jours pour décanter un peu, murir une décision autrement trop hâtive et en mesurer les impacts sur le budget familial ou encore s’assurer que leur cote de crédit supporterait un financement pour le moins majeur.

Désolé pour Marc et pour ma tentation sympathique à son idée, mais les données sont venues nous contredire. Si, cette année, le salon de Tampa n’a pas fracassé le record d’assistance établi l’an dernier, il a quand même réussi à accéder au podium et obtenu la médaille de bronze. Jusqu’ici, l’hypothèse de Marc tient encore la route. D’ailleurs, pour préciser combien elle était plausible, même les organisateurs du salon ne savaient trop à quoi s’attendre et se montraient anxieux de la réaction du public.

Durant les cinq jours de l’événement, environ 80 000 personnes ont franchi les tourniquets, à peine 4 000 de moins que le record de 2021. Par contre les exposants ont noté que les transactions ont été aussi bonnes, sinon meilleures que l’an dernier. Selon eux, les visiteurs en quête d’une simple activité de lèche-vitrine ont été remplacés par d’autres, venus au salon avec l’intention d’acheter, que ce soit un nouveau VR ou des accessoires pour améliorer celui acheté durant l’épidémie.

Ce fait fut aussi corroboré par de nombreux exposants qui avaient joué de prudence et quelque peu limité les quantités apportées sur place. Plusieurs accessoires se sont envolés tellement rapidement qu’après seulement deux jours, ils durent se réapprovisionner pour répondre à la demande.

L’ensemble de l’industrie américaine du VR voit dans le salon de Tampa, un baromètre prédicteur des ventes pour l’année qui s’amorce. Je crois d’ailleurs que les commerçants présents aux salons de Montréal ce printemps et de Québec à l’automne considéreront sans doute eux aussi ce coup de sonde comme de bon augure. Et c’est tant mieux !

Une des grandes surprises de Tampa, fut aussi de prendre la mesure d’une tendance qui devient de plus en plus lourde. La clientèle intéressée par les VR se fait beaucoup plus jeune. Alors qu’habituellement, les premiers jours n’étaient peuplés que de têtes blanches retraitées, cette année, les familles s’y faisaient nombreuses. Souvent accompagnées de leurs enfants, elles n’ont pas attendu le weekend pour envahir les lieux. Serait-ce un effet direct du télétravail auquel plusieurs ont pris gout durant la pandémie ? L’avenir pourrait bien le confirmer, tellement VR et travail à distance sont compatibles.

La semaine prochaine, mon test du mois intéressera particulièrement les caravaniers possédant un équipage composé d’un véhicule tracteur et d’une caravane. Soyez au rendez-vous.