Comme cela se produit souvent, la réalité me force à modifier l’ordre dans lequel je traite mes sujets sur ce blogue. Alors que je devais vous présenter la troisième région du nord de la Floride que j’ai visité ces dernières semaines, une nouvelle importante est tombée qui a bouleversé mon calendrier de publication.

Les lecteurs du magazine Camping Caravaning se rappelleront que, dans le numéro leur ayant été adressé la semaine dernière, j’avais publié un éditorial intitulé Un fleuron canadien disparait dans un scandale. Dans ce texte, je réfléchissais sur les conséquences de la faillite du groupe EHGNA (Erwin Hymer Group North America) et j’y allais d’une prédiction sur la renaissance de la marque RoadTrek.

Pour ceux qui n’ont pas lu cet éditorial, permettez que je me cite (loin de moi l’idée d’être pompeux) : « Il y a fort à parier que, dans les prochains mois, les actifs de EHGNA-Roadtrek seront rachetés à vil prix par un géant de l’industrie. La logique voudrait que ce soit Thor qui, libérée de toutes les conséquences légales et financières de la fraude, pourrait relancer la marque Roadtrek dont la notoriété est toujours très grande en Amérique. » Tour de force, s’il en est un, dans la même phrase, j’avais trouvé moyen d’avoir raison et d’avoir tort.

Après la fermeture des usines ontariennes où étaient fabriqués les produits RoadTrek et Hymer, un syndic recevait le mandat de disposer des actifs de EHGNA. Pour les fabricants de véhicules récréatifs, l’occasion était belle de récupérer une marque aussi connue que RoadTrek qui disposait d’un vaste réseau de revendeurs tant au Canada qu’aux États-Unis.

Le syndic assuma son mandat avec grande diligence puisque le 15 avril, on apprenait l’annonce que la vente de EHGNA était en phase finale. Tous les grands constructeurs de VR d’Amérique furent devancés au fil d’arrivée par une compagnie française, Rapido. Au risque de tomber dans le jeu de mots facile, on peut noter que cette démarche fut exécutée rapido resto.

Bien sûr, au moment où j’écris ces lignes, seule une lettre d’intention témoigne de l’acquisition. Mais cela semble assez suffisant pour que le syndic annonce la transaction et que le président de Rapido, Pierre Rousseau, fils du fondateur, ait diffusé un communiqué dans lequel il élaborait sur son intention de relancer la marque et d’autres projets intéressants.

Je vous épargne les détails liés au retour au travail des employés qui se fera avec prudence, environ 200 personnes seront rappelées prochainement. On est encore bien loin des 1 200 qui travaillaient pour EHGNA en janvier dernier.

Il fut savoir que le groupe Rapido, fondé en 1948, englobe plusieurs marques de camping-cars dont Rapido, Dreamer, Itineo, Campérêve. Cependant, si aucune de ces marques ne circule pas sur nos routes nord-Américaines, il en est une dernière qui vous rappellera des souvenirs, Westalia.

Non, comme je l’ai souvent écrit, Wesfalia n’a jamais appartenu à Volkswagen. Wesfalia est tout simplement un équipementier qui transforme des fourgonnettes en VR, comme le font ici des entreprises comme Roadtrek, New-West et Safari Condo. La confusion associant Westfalia à VW se créa lorsque Volks décida d’utiliser son réseau de concessionnaire pour vendre en Amérique, un modèle aménagé par Westfalia. La popularité de petit VR, importé chez nous des années soixante jusqu’en 1994, fut telle que le mythe prit racine. Aujourd’hui encore Wesfalia demeure sans doute la plus forte image de liberté associée aux véhicules récréatifs.

Dans son communiqué, Pierre Rousseau, muet sur ses intentions d’implanter toutes ses marques sur notre continent, a tout de même signifié son intérêt à ramener chez nous le mythique Wesfalia. Pour Westfalia, ce sera la deuxième tentative d’un retour en Amérique. En 2012, Jean Dumais, propriétaire-fondateur de New West avait déjà tenté le coup. Malheureusement, se heurtant au refus de Chrysler de supporter la plateforme Ducato utilisée par Westfalia sur notre continent, il n’avait pu mener son projet à terme, cela même si Ducato et Promaster possédaient le même code génétique. Aujourd’hui, Westfalia ne se limite plus à des coquilles Ducato, ses aménagements se retrouvent aussi sur des Ford Transit et des Mercedes Sprinter. Je risque le pari que, sous l’égide de Rapido, cette fois sera la bonne et que Westfalia reviendra sur nos routes.

La semaine prochaine, je vous ramène en Floride. D’ici là si vous désirez me faire un commentaire ou poser une question qui s’éloigne du sujet du jour, veuillez utiliser cette adresse pour me l’acheminer : plaquerre@campingcaravaningmag.ca