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Camper en paix, est-ce encore possible ?

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Entendre le chant de la grive des bois à l’aube et au crépuscule. S’endormir au son d’une rivière qui coule en cascades. Observer les étoiles sans être dérangé par les cris de fêtards qui ont un peu trop bu. Peut-on encore camper en toute quiétude, loin de la pollution du bruit et de la lumière en 2019 ? Oui, c’est possible, nous ont répondu une trentaine de campeurs et caravaniers. Quelques recherches au préalable et un peu de chance sont toutefois nécessaires.

La définition du mot tranquillité peut varier d’un campeur à l’autre », observe la caravanière Estelle, une fidèle abonnée du forum de la Fédération québécoise de camping et de caravaning (FQCC). Pour certains campeurs, dit-elle, la quiétude constitue un environnement calme et reposant. Pour d’autres, la quête de tranquillité en est une « d’esprit ». Ces campeurs aimeront un camping familial où les enfants peuvent s’amuser en toute sécurité.

Cela dit, trouver un camping sans voisins bruyants, sans enfants qui passent sous l’auvent pour prendre des raccourcis ou sans chiens qui jappent pour tout ou pour rien, relève aujourd’hui de la chance, poursuit-elle.

« Le voisin de banlieue qui démarre sa tondeuse à 7 h 30 le dimanche matin risque fort d’être celui qui va claquer la porte de son VR à la même heure et parler fort autour du feu. C’est avant tout une question d’éducation », avance pour sa part le caravanier Pierre Laframboise sur la page Facebook de la FQCC. Et ce n’est pas une question d’âge, de classe sociale ou d’origine, ajoute-t-il. Certains voient le camping comme un lieu pour faire la fête, alors que d’autres perçoivent l’activité comme une occasion de relaxer.

Selon la campeuse Louise Bélanger, c’est à l’exploitant de terrain de camping d’établir des règles et de les faire respecter avant que ne surviennent les plaintes. Propos que soutient Martine Gagnon : « Si les propriétaires s’assurent que leurs règles écrites sont respectées (couvre-feu, chiens, nombre d’occupants, etc.), chacun y trouvera son compte. »

Choisir son emplacement

Avoir le privilège de choisir son emplacement lors de la réservation aide à garantir un minimum de tranquillité, indique la caravanière Bérubé sur la page Facebook de la FQCC. La plupart des terrains de camping qui offrent un service de réservation en ligne permettent de sélectionner un emplacement selon des critères bien précis, tels l’intimité, le type de sol, le degré d’ombre ou de soleil. « Nous choisissons toujours l’emplacement le plus intime et isolé du terrain de camping que nous visitons. Cet emplacement se trouve généralement loin des services et du stationnement. C’est le prix à payer pour avoir cette impression d’être seul en forêt », souligne-t-elle. 

 

Évidemment, plus l’emplacement est retiré, plus il est populaire auprès des campeurs. « Il faut donc s’y prendre parfois jusqu’à un an d’avance afin de gouter au meilleur des deux mondes : soit un camping qui offre à la fois du divertissement et des emplacements plus calmes et isolés pour se reposer le soir », signale la caravanière Bérubé.

Un pictogramme « camping sans animation » svp !

De l’avis de la campeuse Patricia Delisle, qui nous a écrit une longue lettre sur le sujet, les divers guides et moteurs de recherche de terrains de camping devraient ajouter un pictogramme à leur liste : celui qui indique « terrain sans animation ». « Déjà que les terrains de camping tranquilles du matin au soir se font rares, cet élément faciliterait la recherche de lieux paisibles. Car plusieurs gestionnaires soutiennent que leur terrain offre un environnement calme alors qu’ils organisent une foule d’activités. Ceci, selon moi, est totalement contradictoire », souligne la caravanière qui voyage en caravane ultralégère.

Pour cette campeuse, la responsabilité de la tranquillité revient aussi aux campeurs eux-mêmes. Elle s’étonne toujours de lire sur le web des commentaires de parents qui se disent outrés d’avoir été avertis par des exploitants que leurs enfants dérangeaient la quiétude des autres campeurs. « Si ces gens faisaient leurs devoirs, ils constateraient que le mot camping n’est pas systématiquement synonyme de party et d’environnement ultrafamilial dans l’ensemble des terrains », signale Patricia. À son avis (et celui de plusieurs autres campeurs), avant de critiquer les exploitants qui les ont prévenus de se conformer aux règles de leur terrain, peut-être que ces parents devraient revoir leur méthode de sélection afin de choisir le bon lieu où camper.

Par Claudine Hébert
Magazine Camping Caravaning, vol. 25 no 6, septembre 2019

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OÙ CAMPER ?

Certains de nos lecteurs nous ont suggéré des terrains de camping où le calme et la quiétude sont au rendez-vous. Parmi ces destinations, le nom du Camping Sainte-Justine, à Sainte-Justine-de-Newton, a été cité à plusieurs reprises. Cet établissement qui compte 78 emplacements, dont 40 pour saisonniers, propose un environnement boisé, situé loin de la circulation, et des exploitants qui font respecter les règlements.

Le Camping écologique de Frelighsburg, situé près du mont Pinacle, le Camping du Parc, à Saint-Mathieu-du-Parc, le camping du Parc Régional de la Rivière Gentilly, à Sainte-Marie-de-Blandford, le Camping Le Havre-de-la-Belle-Montagne, à Saint-Jean-de-Matha, le camping municipal de Brownsburg-Chatham, ainsi que le Camping Auclair, à Saint-Jean-Baptiste, ont également été mentionnés par nos lecteurs. Même chose pour les parcs nationaux du Bic et de la Yamaska, ainsi que les parcs nationaux de la Mauricie et Forillon.

Manon Plamondon, exploitante de l’Auberge du lac Tiblemont, à Senneterre, nous a même écrit. Saisonnière avec son conjoint, cette caravanière a eu la chance de camper dans un environnement tranquille pendant plus de 12 ans. Un environnement qu’elle souhaite maintenant reproduire au sein de la pourvoirie qu’elle vient d’acheter. L’endroit, dit-elle, compte maintenant une vingtaine d’emplacements de camping. « Les seules activités que nous allons organiser, promet-elle, vont se limiter à la fête d’ouverture, à la fête de fermeture et à un spectacle d’humour présenté au cours de l’été. »

Conseils de campeurs avertis

Si vous cherchez un terrain de camping où règnent le calme et la quiétude, voici neuf trucs que partagent avec nous des campeurs avertis.

1- Privilégiez un terrain de camping dont les emplacements n’ont pas de foyer, soulève le campeur qui signe sous le nom Versatile sur le forum de la FQCC. Ce type d’aménagement semble favoriser les rassemblements qui se poursuivent même après l’heure du couvre-feu, note-t-il.

2- Optez pour un emplacement loin, loin, loin des terrains de jeux et de la piscine, suggère également Versatile. Sans garantir la quiétude, ces emplacements isolés peuvent contribuer à assurer une certaine tranquillité.

3- Évitez les grands terrains où la circulation de voiturettes de golf est permise, conseille pour sa part le caravanier RGauthier sur le forum de la FQCC.

4- Utilisez l’outil Google Maps en mode satellite avant de réserver. « Grâce à cet outil, soutient RGauthier, on peut voir rapidement qui sont les voisins du terrain de camping. Ainsi, nous évitons de séjourner dans un terrain situé près d’une usine, d’une carrière ou encore d’un chemin de fer. »

5- Si vous êtes allergique aux cris d’enfants (et aux parents qui les laissent faire…), supprimez de votre liste les campings familiaux, reprend RGauthier.

6- Autre conseil de RGauthier : les terrains de camping qui comptent moins d’une centaine d’emplacements sont généralement des endroits plus tranquilles.

7- Privilégiez le camping au printemps ou à l’automne. Et particulièrement en semaine lorsque les enfants sont à l’école, préconise le caravanier qui signe Softin. « Ces périodes de l’année augmentent vos chances de pouvoir observer un coucher de soleil tout en écoutant le chant des oiseaux. »

8- Si le terrain de camping permet les regroupements de deux à trois VR, assurez-vous qu’il dispose d’emplacements retirés pour accueillir ce type de campeurs, recommande la caravanière Estelle.

9- Même si vous n’êtes sur place qu’une ou deux nuits tout au plus, prenez le temps de dialoguer de vos besoins et de vos attentes avec l’exploitant lors de votre arrivée, suggère le caravanier Thor24. Et si possible, dit-il, prenez le temps de faire le tour du terrain afin de repérer les voisins tranquilles. « Ainsi, nous ne choisissons jamais un emplacement dont les deux lots voisins sont vides, juste au cas… »

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