Camping Caravaning a mis à l’essai une nouvelle venue sur le marché des VR nord-américains, la Banff, produite par le fabricant Hymer. Ses caractéristiques lui permettent-elles de se distinguer de ses (nombreuses) concurrentes dans le domaine ?

Venu d’Allemagne et régnant en maitre sur le monde des véhicules récréatifs en Europe, le géant Hymer est devenu EHGNA (Erwin Hymer Group North America) sur notre continent. Ce nouvel acteur a déjà commencé la production et la distribution d’autocaravanes de classe B. Après avoir fait assembler ses premiers modèles nord-américains dans l’usine de Roadtrek, à Cambridge, en Ontario, EHGNA a fait l’achat, quelques mois plus tard, de ce réputé manufacturier canadien.

L’été dernier, le nouveau dépositaire de la marque Hymer dans la grande région de Montréal a mis à notre disposition l’un de ces premiers modèles pour que nous puissions juger par nous-mêmes du produit. Il s’agit de l’autocaravane Banff, de la série Carado.

Aménagée sur un fourgon ProMaster de FCA (Fiat Chrysler America), cette autocaravane reprend plusieurs éléments de son jumeau européen monté sur Ducato, une plateforme largement utilisée par Hymer en Europe. Malgré quelques faiblesses probablement imputables à son statut de première mouture, la Banff nous a impressionnés par des caractéristiques rarement offertes sur un VR de ce prix.

Parlons mécanique

Depuis son apparition à la fin 2013, le fourgon ProMaster suscite toujours un fort engouement dans le monde du véhicule récréatif. Beaucoup moins onéreux que le Sprinter de Mercedes, seulement offert en version diésel, le ProMaster attire tout particulièrement les consommateurs désireux de rouler à bord d’une  fourgonnette fonctionnant à l’essence.

Le ProMaster, un véhicule à traction, cache sous son capot un moteur ayant fait ses preuves depuis longtemps. Ainsi, le Pentastar, un moteur atmosphérique de 6 cylindres disposés en V, dispose de 24 valves pour mieux régulariser l’entrée du carburant et l’échappement des gaz postcombustion. D’un volume de 3,6 L, il est couplé à une boite automatique 62-TE à six rapports. Cet ensemble met à la disposition du conducteur une puissance de 280 ch et de 352 Nm (260 lb-pi), ce qui s’avère suffisant pour créer un bel agrément de conduite.

Un des points forts de la plateforme ProMaster est sans nul doute son faible rayon de braquage qui lui permet de se faufiler avec aisance dans les rues étroites. Celui-ci contribue aussi à faciliter les manoeuvres quand vient le temps de se stationner en parallèle entre deux voitures ou encore de se glisser sur un emplacement de camping plutôt serré.

Plus carré que ne l’est le Sprinter, le ProMaster présente au premier regard un aspect plus costaud. Cet élément, conjugué avec un plancher plus bas, conséquence de l’absence d’arbre de transmission et de pont arrière (le ProMaster est une traction, ne l’oublions pas), abaisse le centre de gravité du véhicule, améliorant ainsi sa tenue de route.

Doté de freins ABS à disque d’excellente qualité aux quatre roues, il ravira aussi son propriétaire par sa frugalité. Une consommation moyenne de 13,5-14 L/100 km est facile à atteindre, à condition bien sûr d’adopter une sage conduite.

Visitons ce VR

Modèle d’entrée du catalogue EHGNA offert en Amérique du Nord, la Banff propose néanmoins beaucoup d’attraits pratiques particulièrement intéressants. La porte latérale, côté passager, permet facilement de pénétrer dans le véhicule, bien qu’un petit meuble de chevet doté de deux armoires déborde sur l’entrée. Au premier coup d’oeil, le lit situé sur la gauche n’est pas vraiment apparent. En effet, il est constitué de deux banquettes se faisant face. La nuit venue, on peut les transformer en un grand lit de 173 cm sur 193 cm, simplement en faisant glisser une planche rangée sous la banquette pour réunir les deux côtés et y placer les coussins servant de dossiers.

Une salle de bain complète occupe tout l’espace arrière. Attention cependant, le véhicule est petit : 5,95 m hors tout. Il y a tout de même assez de place pour une douche. Pour y maximiser l’espace, Hymer a eu recours à un lavabo à cuvette repliable. Lorsque celle-ci est à la verticale, le caravanier peut utiliser la toilette placée dessous. Pour se laver les mains, il devra placer la cuvette à l’horizontale. Cette initiative des plus intéressantes nous a cependant un peu agacés pendant que nous roulions. À chaque soubresaut sur la route, le lavabo fait d’une matière plastique mince et légère frappait à répétition contre le mur, laissant aux passagers une impression désagréable. Comme il s’agissait d’un véhicule de première génération, on peut espérer que ce petit défaut sera rapidement corrigé sur les prochains modèles. Après tout, une simple courroie dotée de boutons pression suffirait à immobiliser le lavabo bruyant sur son mur. Pour en terminer avec la partie arrière, soulignons la présence face au cabinet de toilette d’un placard de bonne dimension, fort utile pour y ranger bagages et vêtements.  

 

Opposé à la porte latérale, le coin cuisine est petit, mais suffisant pour préparer un repas. Il est constitué d’un plan de cuisson à deux feux et d’un évier surplombant un frigo-congélateur de 88 L. Grâce au meuble qui empiète sur l’embrasure de la porte latérale, le chef n’a qu’à pivoter sur lui-même pour accéder à un comptoir supplémentaire aussi pratique qu’essentiel.

Soulignons une autre particularité peu commune sur un véhicule récréatif de cette catégorie, soit la présence d’un onduleur sinusoïdal de 2 000 W relié à une batterie lithium-ion de 400 A, dont la recharge rapide est assurée grâce à un second alternateur de 280 A sous le capot et 200 W de panneaux solaires sur le toit.

La réserve de puissance de cette batterie est telle que, même si le VR n’est pas branché au secteur, il est possible de faire fonctionner le climatiseur pendant près de 30 minutes sans qu’elle en soit vraiment réduite. En peu de temps, il est donc facile de rendre l’habitacle de la Carado Banff très confortable après l’avoir laissée tout l’après-midi au soleil.

À l’extérieur

L’extérieur est plutôt dépouillé du côté passager. Lors de notre essai routier, n’était-ce la présence d’un auvent de 3,5 m, nul n’aurait pu se douter être en présence d’un véhicule récréatif. C’est de ce côté que se trouvent les raccords pour l’eau, l’électricité et l’égout. Pour dissimuler de manière esthétique la présence des tuyaux et conduits, une pièce de plastique noir court à la base de la carrosserie. Malheureusement, celle-ci est plutôt mince et l’orifice percé pour accéder au branchement d’eau, d’un trop faible diamètre. La manoeuvre en devient compliquée et présente des risques de s’écorcher les doigts.

Comme nous l’avons précisé au début, la production nord-américaine de véhicules Hymer en est à ses balbutiements. Si les modèles européens ont fait leurs preuves, l’américanisation de ceux qui rouleront sur les routes de notre continent est toute nouvelle. Il n’est donc pas surprenant que certains défauts apparaissent sur cette première génération de véhicules. À l’intérieur, par exemple, la forme des panneaux latéraux destinés à cacher la carrosserie de métal du Promaster devrait être revue et agrandie pour faciliter l’ouverture des fenêtres. L’actuelle découpe ne concorde pas avec le mécanisme de certaines d’entre elles, il faut alors glisser ses doigts derrière le panneau pour rejoindre le loquet de la fenêtre, ce qui s’avère plutôt compliqué. Le branchement électrique présente le même genre de problème, car il faut soulever le couvercle de la prise pour y insérer le cordon d’alimentation. À moins de se coucher sur le sol, il est très difficile de voir si les pattes du cordon sont vis-à-vis les orifices destinés à les recevoir.

Globalement, on en pense quoi ?

Malgré certains défauts mineurs imputables à sa jeunesse, l’autocaravane Banff présente des qualités et des innovations qui méritent que l’on s’y intéresse. La plus importante est sans doute son prix de vente qui, au moment de notre essai, s’établissait sous la barre des 80 000 $.

Ses qualités routières, ainsi qu’une luminosité intérieure accrue par un lanterneau au plafond, séduiront les nouveaux caravaniers désireux de rouler dans un véhicule dont le format permet de se rendre partout et qui peut même servir de voiture principale.

Texte et photos : Paul Laquerre
Magazine Camping Caravaning, vol. 24 no 1, mars-avril 2018

Nous remercions Monaco de Montréal de nous avoir gracieusement permis de faire l’essai de cette autocaravane.

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