Chaque année, des centaines de caravaniers partent à l’étranger sans se soucier des risques couverts par leurs assurances ou sans vérifier si les médicaments qu’ils transportent sont légaux dans le pays qu’ils comptent visiter. Pourtant, s’ils sont mal informés et mal assurés, un simple accrochage au Mexique ou un séjour à l’hôpital aux États-Unis peuvent se transformer en cauchemar.

Les polices d’assurance automobile vendues au Québec couvrent généralement les mêmes risques ailleurs au Canada et aux États-Unis, y compris en Alaska. Ce n’est cependant pas le cas au Mexique.

Pour voyager dans ce pays, il faut acquérir une police d’assurance spécifique. Même si cela coute plus cher, il est préférable de payer quelques dollars en sus pour traiter avec une compagnie reconnue et non avec l’une que l’on attrape au vol sur Internet à la dernière minute.

Les pratiques légales mexicaines sont différentes des nôtres. Chez nous, à la suite d’un accident, un individu est tenu pour innocent tant que la faute n’a pas été légalement démontrée et jugée.

Au Mexique, c’est le contraire. Dès qu’un automobiliste a un accident, il est immédiatement présumé coupable et il doit démontrer qu’il ne l’est pas. Dans le cas d’accidents graves, un voyageur peut même être emprisonné jusqu’au prononcé du jugement.

Pour cette raison, les compagnies d’assurances mexicaines assignent sur leur territoire des conseillers juridiques qui peuvent vous venir en aide en cas d’accident. Ceux-ci sont en mesure de vous porter assistance, de fournir une caution et de vous libérer, vous et vos biens, en attendant le jugement.

Quelques conseils : tentez d’obtenir un rapport de police du poste le plus près, n’admettez rien et ne signez rien avant les avis juridiques. Dans l’éventualité où vous seriez déclaré coupable, votre assureur devra couvrir les sommes requises. C’est pourquoi il vaut mieux transiger avec une compagnie reconnue comme, par exemple, Leclerc Assurances qui propose des couvertures pour le Mexique.

D’autre part, si l’assurance collision n’est pas obligatoire au Québec, elle a ses avantages : en cas d’accident, elle sert à couvrir immédiatement le cout de vos dommages matériels, même si vous êtes responsable. Dans ce dernier cas, vous aurez cependant l’obligation d’acquitter la franchise prévue à votre police. Cette franchise est généralement de 100 $, 250 $ ou de 500 $ par sinistre.

À l’extérieur du Québec, l’assurance collision peut aussi s’avérer fort utile puisqu’elle évite d’avoir à poursuivre personnellement devant les tribunaux la personne responsable de l’accident pour obtenir une compensation suffisante. C’est l’assureur privé, par le biais de l’assurance collision, qui paye l’indemnité.

Assurance auto : dommages corporels

Tout ce qui a été dit précédemment au sujet de l’assurance automobile n’a trait qu’aux dommages matériels. En ce qui concerne les dommages corporels causés par un accident automobile, les Québécois sont individuellement protégés partout à l’étranger par la Société d’assurance automobile du Québec (SAAQ), et ce, sans égard à la faute, c’est-à-dire que vous soyez coupable ou non. Selon diverses modalités, les frais médicaux seront totalement couverts par l’État québécois (Régie de l’assurance maladie du Québec [RAMQ] et la SAAQ).

Par ailleurs, si vous êtes déclaré coupable d’avoir causé des dommages corporels à autrui, c’est la clause de responsabilité civile de votre police d’assurance auto qui entre en jeu. Cette clause de protection est obligatoire au Québec pour un minimum de 50 000 $. Il est par ailleurs hautement recommandé de hausser cette protection à un million, voire à deux millions de dollars. Les hospitalisations coutent très cher et les indemnisations à un handicapé à vie aussi. Cette protection supplémentaire n’est pas tellement onéreuse.

Assurances maladie : fonctionnement et couvertures

Avant de partir sur la route en véhicule récréatif, il est toujours prudent de connaitre son état de santé. Un bon examen médical avant le départ permettra de vérifier la pertinence et le dosage des médicaments, s’il y a lieu. De plus, un médecin pourra suggérer une diète, certaines activités physiques ou même, à l’opposé, interdire certains sports trop exigeants pour une certaine condition. Il pourra aussi vous indiquer si des vaccins sont nécessaires dans le pays de destination. Les CLSC sont de bons endroits pour obtenir ces renseignements.

En cas de maladie, la RAMQ indemnise les citoyens québécois à l’étranger de la même manière qu’elle le ferait dans la province. Cependant, le taux d’indemnité est largement insuffisant pour couvrir les frais d’interventions médicales, même mineures, notamment aux États-Unis.

Par exemple, le prix d’une chirurgie cardiaque ou cervicale d’urgence est faramineux au sud de la frontière et peut acculer un individu à la faillite. Disons, à titre d’exemple, que la seule évacuation sanitaire d’un malade vers le Québec peut dépasser les 50 000 $. Il devient essentiel de souscrire une bonne assurance maladie complémentaire.

Certains caravaniers sont déjà couverts par des assurances collectives à leur travail, qui peuvent parfois être maintenues à la retraite. D’autres doivent choisir un assureur et passer un contrat avant le départ. Les assureurs remettent habituellement à leurs clients un numéro d’assistance téléphonique où ils peuvent obtenir des renseignements et de l’aide jour et nuit.

 

D’autre part, le contrat de certaines cartes de crédit propose des indemnisations de divers types : accident seulement, accident ou maladie, aux tarifs quotidiens limités et, aussi, le plus souvent limités en nombre de jours. De façon générale, ces contrats ne sont pas suffisants pour voyager en paix. Scrutez-les scrupuleusement.

En voyage, le touriste doit obtenir l’autorisation de la RAMQ pour se faire soigner à l’étranger, sinon il pourrait devoir assumer lui-même la totalité des couts. L’assureur privé se chargera des sommes supplémentaires nécessaires aux paiements des intervenants médicaux étrangers.

Les conditions médicales préalables

La question qui se révèle la plus contentieuse lorsqu’il s’agit d’assurance privée est celle qu’il est convenu d’appeler les « conditions médicales préalables ». Disons clairement que les compagnies d’assurances acceptent facilement de protéger les individus en santé. Si vous souffrez déjà d’une maladie chronique ou d’un problème cardiaque, hépatique, rénal ou autre qui a nécessité des soins médicaux dans les derniers mois, il faut le déclarer à votre assureur actuel (si vous êtes déjà assuré) ou à votre assureur potentiel si vous voulez souscrire une police.

Les assureurs exigent généralement qu’une maladie préexistante ou existante soit bien contrôlée, c’est-à-dire que les examens médicaux le démontrent ou que le médecin l’atteste. Ils exigent aussi habituellement qu’en cas de médication, le type et le dosage des médicaments soient les mêmes durant les six mois précédant le départ. Cependant, cette exigence peut varier d’un assureur à l’autre.

Certains états de santé fragiles, après des interventions chirurgicales complexes, peuvent même rendre difficile l’achat d’une assurance maladie privée. Si un assureur accepte un cas problématique, ses primes seront beaucoup plus élevées et il pourra même limiter la durée du voyage à l’étranger.

Le transport des médicaments

Il serait étonnant que les douaniers demandent à voir les médicaments que vous transportez. Toutefois, vous devriez vérifier avant de partir, au Canada, auprès de l’ambassade du pays de destination si vos médicaments sont légaux dans cette contrée. De plus, vous devez les transporter dans leur emballage original ou dans le contenant affichant les données de l’ordonnance.

Ne les dispersez pas un peu partout dans vos bagages. Il vaut mieux les regrouper et les garder à portée de main. Les anxiolytiques comme les Ativan, Xanax, Valium et les drogues comme la morphine en comprimés devraient être accompagnés de leur ordonnance. Il en va de même pour les seringues utilisées par les diabétiques.

Un conseil : apportez plus de médicaments que nécessaire pour la durée de votre séjour. Il n’est pas toujours facile d’obtenir des médicaments à l’étranger. Aux États-Unis notamment, il est quasi impossible de faire renouveler l’ordonnance d’un médecin québécois. Le pharmacien vous donnera bien quelques comprimés de dépannage, mais exigera que vous obteniez une ordonnance d’un médecin local.

Par ailleurs, il est impossible de faire venir au Mexique des médicaments de l’étranger. Contrairement aux États-Unis, les pharmaciens mexicains honoreront les ordonnances québécoises et ils disposent, surtout dans les grands centres, de presque tous les remèdes prescrits chez nous. C’est la même chose en France ; ils rempliront une ordonnance québécoise sans difficulté.

Dernier détail : si vous avez subi un examen pour lequel on vous a injecté une substance radioactive ou si l’on vous a implanté un stimulateur cardiaque, vous devez remettre une attestation de votre médecin avant de prendre un avion.

Enfin, tâchez de prendre soin de vos médicaments. Pour la plupart d’entre eux, l’entreposage dans un endroit sec est souhaitable.

Bon voyage… en santé et en sécurité !

Par l’équipe du magazine
Magazine Camping Caravaning, vol. 21/no 8, décembre 2015-janvier 2016.

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