En route vers les États-Unis pour un long séjour, une fin de semaine ou une escapade d’un après-midi, l’étape des douanes est un passage obligé qu’on aimerait bien éviter. Quel poste frontalier est-il préférable de choisir ? Et à quelle heure doit-on s’y présenter ? Camping Caravaning a fait le tour de cette question qui préoccupe bien des voyageurs…

Nous sommes le 24 juin 2016, 10 h. Mon conjoint et moi roulons en direction de Vergennes, au Vermont. C’est le début des vacances, nous avons le cœur léger, l’esprit tranquille et surtout le sentiment que nous aurons les deux pieds dans les eaux du lac Champlain au plus tard à 14 h. Grossière erreur.

Insouciants, trop heureux de commencer nos vacances, nous avions complètement oublié qu’il s’agissait du début d’un long congé pour plusieurs autres vacanciers. Par conséquent, l’attente à la douane de Saint-Armand a été longue et pénible. Une bonne perte de temps de 90 minutes, parechoc à parechoc, avant que nous nous retrouvions en sol américain.

Évidemment, j’entends vos commentaires. « Vouloir franchir les douanes en même temps que tout le monde, c’est comme vouloir traverser l’autoroute Métropolitaine en pleine heure de pointe », lance HervéVR sur le forum de discussion de la Fédération québécoise de camping et de caravaning (FQCC).

C’est un fait, nous aurions pu nous éviter ce désagrément en devançant d’une journée notre départ. Ou en le retardant au lendemain. Ou en partant tôt. Très tôt. « Lorsqu’il s’agit de traverser les douanes lors du début d’un long congé ou au début ou au retour des vacances de la construction, il vaut mieux traverser la frontière avant 5 h, au plus tard 5 h 30. Très peu de voyageurs aiment partir très tôt dans la journée », signale Daniel Evans, animateur à Radio Circulation 730. Cet expert de la circulation automobile, qui compte plus de 30 années de métier, soutient avoir déjà vu une attente de 20 minutes au poste frontalier de Lacolle dès 6 h.

Lui-même caravanier (et membre de la FQCC), Daniel Evans a toujours porté une attention particulière aux principaux postes douaniers lors de ses heures de travail en ondes. Principalement lorsqu’il travaillait les weekends. « Avec les années, je constate que le temps d’attente aux douanes a augmenté. Il y a plus de voyageurs et les douaniers sont beaucoup plus vigilants », dit-il.

Ne vous fiez pas au temps d’attente que l’on indique sur le site web des douanes américaines, prévient-il. « Multipliez par deux le temps d’attente indiqué. La mise à jour du site n’est pas la plus efficace. Si l’on vous indique 10 minutes, ce sera 20 ; pour 30 minutes, ce sera 60. Un calcul qui, par expérience, s’applique pour les temps d’attente en deçà d’une heure », soutient-il. Détenir une carte Nexus, est-ce que ça peut faire une différence ? Sur le forum de discussion de la FQCC, le caravanier RGauthier indique que cette carte a permis à son couple de retrancher au moins 30 minutes d’attente lors du dernier weekend de l’Action de grâce. « Mais ça ne fonctionne pas à tout coup. Si la file d’attente est très longue, il faudra tout de même patienter avant d’accéder au couloir réservé aux détenteurs de la carte Nexus », souligne le caravanier. 

Les « petites » douanes

Et si l’on emprunte les postes douaniers secondaires de Noyan, de Morses Line ou d’Abercorn ? « C’est un fait, il y a moins de voyageurs qui les fréquentent. Mais attention, ces douaniers, que ce soit du côté américain ou canadien, sont en général moins occupés. Du coup, de voir arriver des caravaniers, des vacanciers, ça peut les chicoter. Il peut donc s’ensuivre une série de questions plus pointues de leur part », indique l’animateur Daniel Evans.

Dans ce cas-là, conseille-t-il, mieux vaut pouvoir montrer patte blanche. S’il y a la moindre anicroche à votre dossier (casier judiciaire, déclaration erronée), le douanier peut vous donner du fil à retordre, voire vous refuser l’accès à son pays.  

 

Les caravaniers Sylvie Lemay et Pierre D’Astous se rappellent justement avoir passé un peu plus de temps à discuter avec le douanier de Morses Line au sujet de leur destination : la Floride. « Your destination is Florida? », leur a demandé le douanier, très surpris. « On a réalisé que ces douaniers sont plus habitués de voir traverser des camions de moulée pour animaux que des snowbirds en direction du sud », rapporte le couple Lemay-D’Astous, qui traverse régulièrement les douanes depuis 2008.

Remarquez, le passage aux « petites » douanes au retour risque, lui aussi, de soulever plusieurs questions de la part du douanier de ce côté-ci de la frontière. « Est-ce pour justifier leurs heures de travail ? Quoi qu’il en soit, les douaniers des petits postes sont beaucoup plus tatillons et sont plus enclins à vouloir fouiller le véhicule récréatif que ceux des “grosses” douanes », observe la caravanière Sylvie. Une fois, indique-t-elle, c’était l’insecticide qui posait problème. Une autre fois, c’était la poussette qui ne faisait pas l’affaire. Il y a aussi eu ce laurier que le couple a dû déterrer de son pot et garder dans l’eau jusqu’au retour à la maison. « Pour éviter ces désagréments, on ne revient maintenant que par les “grosses” douanes où les douaniers canadiens se préoccupent davantage de savoir si l’on rapporte du tabac et des bouteilles d’alcool ou si l’on a des armes », rapporte la caravanière.

Fruits, légumes et toutou

Autre erreur commune qui allonge l’attente avant d’entrer aux États-Unis : le transport d’agrumes. « Nous nous apprêtions à franchir la douane Sarnia/Port Huron. Le douanier américain nous avait déjà demandé de nous ranger, car nous lui avions déclaré que nous avions des oranges à bord. On nous a fait poireauter 90 minutes avant qu’un agent vienne chercher les oranges dans le VR », répond la caravanière Estelle sur le forum.

À ce propos, la plupart des fruits et légumes frais sont interdits d’entrée au pays de l’oncle Sam pour empêcher des risques de contamination. Le site des douanes américaines donne en exemple l’introduction d’un insecte provenant de la Méditerranée qui, dans les années 1980, a provoqué des pertes de plus de 100 M$ pour la Californie et le gouvernement fédéral.

Vous avez un chien ? Le certificat de vaccination contre la rage sera exigé. Une vaccination qui doit avoir été effectuée au moins 30 jours avant la date du passage aux douanes.

Conseil de la fin

Enfin, pour faciliter la traversée de la frontière, mieux vaut avoir les passeports à portée de main et limiter les discussions. « Contentez-vous de répondre aux questions du douanier de façon claire et précise sans entrer dans une foule de détails. À moins que ces derniers vous soient demandés », recommande Daniel Evans. Dernière suggestion, conclut l’animateur de Radio Circulation 730 : si le douanier vous parle de Donald Trump, mieux vaut demeurer le plus neutre possible dans vos commentaires. Le douanier peut tout autant être pour que contre les idées de son nouveau président. 

Par Claudine Hébert
Magazine Camping Caravaning, vol 23/no 2, mai 2017. 

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