Magazine Camping caravaning - Magazine spécialisé en camping et en caravaning au Québec

Le magazine des passionnés et des experts
en camping et en caravaning

2011-SunRVResort
Hawaii en Westfalia Version imprimable

Hawaii en Westfalia

Archipel situé au beau milieu de l’océan Pacifique, Hawaii est constitué de plus d’une centaine d’iles, d’atolls et de récifs. Comme il fait partie des États-Unis, il nous offre la culture polynésienne abordable, avec les plages et le surf en prime. Le paradis accessible, quoi !

Texte et photos : Dany Coulombe

kapamahukona1.jpg

Cinq iles se démarquent par leur taille : O’ahu, Maui, Lana’i, Moloka’i, Kaua’i et… Hawaii. Cette dernière, l’ile éponyme, est aussi appelée la « grande ile », car c’est de loin la plus grande de toutes. C’est aussi la plus jeune géographiquement, la plus diversifiée et la plus intéressante à explorer pendant quelques semaines à bord d’un Westfalia 1988. Faire du camping à Hawaii permet d’éviter les hôtels trop chers et les heures de route inutiles tout en profitant pleinement des économies et des saveurs des marchés ou kiosques de fruits, légumes et poissons sur le bord de la route. Voyez Hawaii sous un autre jour, plus sympathique, naturel et… abordable. Visitez les attraits incontournables, comme le volcan Mauna Kea et la plage Green Sand, mais réservez aussi du temps pour les trésors cachés.

Le tout débute à Hilo, la capitale de l’ile d’Hawaii. C’est là qu’un employé de Happy Camper, une petite compagnie de location de Westfalias, vient nous livrer notre véhicule. Une carte de l’ile annotée est même fournie et confirme les informations officielles : il n’y a pas de terrains de camping privés sur l’ile. Deux lots gratuits sont offerts au parc national des Hawaii Volcanoes, sinon il faut se rabattre sur des emplacements dans les parcs d’État ou les parcs régionaux. Officiellement, il faut réserver par téléphone et payer en personne au bureau d’Hilo, mais en pratique, la grande majorité des terrains ne sont pas supervisés… Voici donc un échantillon des lieux où il est possible de camper ainsi que quelques activités intéressantes à proximité. Que le tour de l’ile commence !

Kolekole County Park

kolekole2.jpg Situé au nord-ouest d’Hilo, ce parc se trouve au bord de la mer, comme il se doit. Fait particulier, il s’étend littéralement sous l’arche d’une ancienne voie ferrée détruite par le tsunami de 1946. Le site comme tel consiste d’un stationnement de gravier, d’une pelouse pour installer des tentes, d’un petit bâtiment et de toilettes sèches. Il n’y a pas d’eau potable. Dans le stationnement, il est possible d’installer le Westfalia le long de la rivière, ce qui  procure un semblant d’intimité. On peut s’y baigner, grimper sous la petite chute et, à son embouchure, faire du surf (ou observer de plus talentueux en faire…). La plage de galets noirs, quant à elle, invite plus au farniente qu’à la baignade.

kolekole1.jpg En quittant Hilo par la route 19 vers le nord-ouest, un arrêt s’impose au parc de la rivière Wailuku. La chute Rainbow est particulièrement accessible, photogénique et, par conséquent, populaire. Toutefois, un peu plus à l’ouest dans les terres, toujours dans le même parc, les chutes Pe’e Pe’e et les boiling pots sont moins touristiques et valent le détour. De retour sur la 19, il faut sortir au mile 7 pour emprunter l’ancienne route, très jolie, qui mène au Hawaii Tropical Botanical Garden. Le jardin propose, de façon peu orthodoxe, une multitude de sentiers où il fait bon marcher et surtout découvrir l’incroyable végétation tropicale, avec toutes les couleurs et odeurs qu’il est possible d’imaginer. À la fin de la journée, si la chaleur et le soleil sont de la partie, un arrêt au kiosque What’s Shakin’ est un must pour prendre un frappé aux fruits tropicaux. Rafraichissant !

Laupahoehoe County Park

Situé sur une pointe balayée par les vagues, l’endroit est particulièrement joli. Autrefois, un village y était établi, mais depuis le fameux tsunami de 1946, il a été déplacé sur le haut de la falaise. Le parc propose plusieurs emplacements, dont certains en bord de mer. Douches, toilettes et abri équipé d’électricité sont offerts. Si la baignade est impossible, regarder les vagues venir se briser avec force sur les rochers noirs se révèle un spectacle divertissant. Spectacle d’autant plus intéressant si l’autocaravane est approchée à quelques mètres desdits rochers et que l’on sirote un petit café ou un bon vin en bonne compagnie !

En route vers le parc de Laupahoehoe, il faudra prévoir un arrêt au parc d’État des chutes Akaka. L’endroit ne possède pas de sentiers de longues randonnées, mais les courtes boucles offrent tant à voir que le pas se fait lent afin de permettre aux yeux de tout observer. La végétation impressionne, notamment quand le sentier passe littéralement à travers une forêt de bambous. En d’autres endroits, lianes et racines contribuent à créer une atmosphère mystérieuse. Évidemment, le clou de la visite reste les chutes. Celle de Kahuna fait 30 mètres alors que celle d’Akaka plonge dans un canyon de forme cylindrique d’une hauteur de 128 mètres. On comprend alors pourquoi les chutes hawaiiennes sont inscrites sur la liste des sites naturels du patrimoine mondial de l’UNESCO.

Kalopa State Recreational Area

Encore plus au nord, avant que la 19 ne bifurque vers l’intérieur des terres, le parc d’État Kalopa s’étend sur environ 40 ha (100 acres) de forêt ancienne qu’il faut explorer. L’endroit est calme et frais, un changement bienvenu après le climat plus chaud de la côte et les parcs populaires (et parfois bruyants) des bords de mer. Une section est réservée aux dortoirs et cabines alors que celle pour les tentes, un peu en retrait, offre un confort qu’on ne trouve nulle part ailleurs sur l’ile (à notre connaissance…). Il y a un abri pour manger avec dalle de béton, électricité, douche chaude et eau potable. Le parc se prête bien à la randonnée. On rencontre des figuiers impressionnants aux racines entrelacées, des hapu’u, ces fougères qui s’accrochent aux arbres, et une forêt d’ohias, un arbre emblématique aux fleurs rouges. Et il y a la solitude, celle qui apaise et permet d’entendre parfois le cri impressionnant d’un sanglier sauvage.

Kapa'a et Mahukona Parks

kapamahukonaaccueil.jpg

Ces deux parcs régionaux peuvent servir de piedà- terre pour explorer la pointe nord ou même les vallons verdoyants qui entourent Waimea. Pour le campeur économe qui recherche une relative tranquillité, ce sont les seuls endroits intéressants sur la côte nord-ouest. Plus au sud se trouvent les très populaires parcs Spencer et Hapuna avec leurs belles plages, mais les réservations s’envolent très rapidement. Très simples, Kapa’a et Mahukona n’offrent que des toilettes sèches et une place pour stationner. Il n’y a ni plage ni services élaborés, mais probablement personne non plus pour vous demander votre permis…

De l’un de ces deux parcs, il vous sera facile d’aller marcher au fond de la très encaissée vallée Pololu, située sur la pointe nord. C’est la dernière de la série des spectaculaires vallées qui bordent l’extrême côte nord-est. La première étant la Waipi’o, qu’il est aussi possible d’arpenter. Polulu propose un sentier de terre qui descend abruptement vers une plage de sable noir. Explorer les recoins, les rochers et observer la mer et les falaises occupe une demi-journée. Au retour, à l’intérieur des terres, il ne faudrait pas manquer d’emprunter la route 250 vers Waimea : dépaysement assuré. C’est une escapade qui permet de découvrir un autre côté d’Hawaii, avec ses vallons, ses arcs-en-ciel et ses ranchs immenses.

Ho'okena Beach Park

hookena.jpg Encore une fois, c’est son emplacement plutôt que ses attraits qui rend ce site intéressant. Situé au sud de Kona, sur la côte ouest, il est suffisamment près de tout pour faciliter l’exploration de cette partie de la côte. Il faudra payer de 5 USD à 10 USD au surveillant pour pouvoir stationner dans le camping. Au moins, l’endroit est maintenant plus sécuritaire qu’autrefois, mais toujours aussi populaire et bruyant. La baie est jolie. La plage grisâtre plonge rapidement sous l’eau et les services proposés sont de base : toilettes (certaines sèches), douches et pavillon.

Bien que la côte ouest possède des hôtels de luxe et des centres commerciaux haut de gamme, il ne faudrait pas oublier d’emprunter les abruptes routes de campagne qui grimpent rapidement dans la montagne dans la région de Kona. C’est là, dans un décor surréaliste enveloppé de nuages qui déversent continuellement de fines gouttelettes, que sont situées les plantations de café. Le café Kona est l’un des plus couteux sur le marché. Une visite d’une plantation suivie d’une dégustation est un must. La plantation de Mountain Thunder propose une intéressante et très instructive visite gratuite, non seulement des installations, mais aussi de la plantation biologique où des ânes circulent librement pour contrôler les mauvaises herbes… et enrichir le sol. Après la dégustation, vous ne pourrez vous empêcher de mettre la main dans votre bourse afin de ramener un (ou deux) sac de ce délicieux or brun.

Hawaii Volcanoes National Park

hawaiivolcanoes1.jpg Situé au sud-est de l’ile, l’endroit est simplement formidable. La beauté du lieu – combinée aux deux terrains de camping propres, sécuritaires et gratuits – rend impossible de ne pas le mentionner. Le long de la très, très scénique route Hilina Pali se trouve le Kulanaokuaiki, un tout petit et rustique camping (8 emplacements) qui ne propose que des toilettes sèches… et un certain calme. De son côté, le site Namakanipaia, plus étendu et mieux pourvu en services, se situe sur la route 11, à quelques kilomètres de l’accueil du parc. Sa proximité et ses services font vite oublier son manque d’intimité.

Le parc a beaucoup à offrir aux randonneurs et aux curieux de tout acabit. Il y a bien sûr le tube de lave Thurston qu’il faudra visiter dès les premières heures, le matin. Plus tard, les autobus y déversent leur flot de touristes et contribuent à rendre l’endroit moins intéressant. Si l’on pense à apporter une lampe de poche, il sera possible d’explorer la partie non éclairée du tube : une expérience en soi ! En fin de journée, alors que le soleil se couche et que tous se préparent à rentrer, il faudra se rendre au belvédère du volcan Kilauea, situé au musée Jaggar. De là, on pourra observer les fumées et le rougeoiement du cratère Halema’uma’u. Si l’on a pris soin d’apporter une petite laine (il fait froid rapidement, en soirée) et un trépied pour faire des photos, l’expérience sera magique, rien de moins.

Et d'autres...

Il aurait fallu parler de Whittington et de ses tortues vertes géantes, de Punalu’u et de sa plage de sable noir, de McKenzie et de ses sites rustiques sous les pins, à proximité des piscines seminaturelles et thermales d’Ahalanui… mais le temps et l’espace nous manquent. Il vous faudra donc y aller pour en faire l’expérience ! Un dernier détail : surtout ne vous offusquez pas si un conducteur vous brandit un poing fermé avec le pouce et l’auriculaire pointés : c’est un shaka : un salut hawaiien ! 

Où camper :

Les lots les plus propres et sécuritaires sont ceux du parc national Hawaii Volcanoes… et ils sont gratuits ! Dans les autres, la sécurité, la propreté et le calme varient beaucoup.

Pour info :

Location d’autocaravanes
Happy Camper, Hilo, 808-896-8777, www.happycampershawaii.com
Dites à Terry et Bud que c’est Dany qui vous envoie… 

Hawaii Volcanoes National Park : 10 USD par automobile, pour une passe de 7 jours donnant accès au parc ; le camping est gratuit, 808-985-6000, www.nps.gov/havo
Le site de Kulanaokuaiki ne possède que 8 emplacements sans eau courante alors que celui de Namakanipaio est très grand et offre même des douches chaudes (payantes).

Parcs d’État : 5 USD la nuit
Division of State Parks, 808-974-6200, www.hawaiistateparks.org/parks/hawaii
Réservations et permis obligatoires (en théorie) payables en personne au bureau de Hilo…

Parcs régionaux : de 5 USD à 10 USD la nuit
Department of Parks & Recreation, 808-961-8311, www.hawaii-county.com/parks/parks
Réservations et permis obligatoires (en théorie) au bureau de Hilo. Il y a, semble-t-il, des bureaux régionaux où il est possible de recevoir son permis payé au préalable. Les parcs Spencer et Isaac Hale sont populaires, surveillés et payants. 

 

 
MicrotechClavier2011