Hawaii en Westfalia
Archipel situé au beau milieu de l’océan Pacifique,
Hawaii est constitué de plus d’une centaine d’iles,
d’atolls et de récifs. Comme il fait partie des
États-Unis, il nous offre la culture polynésienne
abordable, avec les plages et le surf en prime. Le
paradis accessible, quoi !
Texte et photos : Dany Coulombe
Cinq iles se démarquent par leur taille :
O’ahu, Maui, Lana’i, Moloka’i, Kaua’i et…
Hawaii. Cette dernière, l’ile éponyme, est
aussi appelée la « grande ile », car c’est de loin la
plus grande de toutes. C’est aussi la plus jeune
géographiquement, la plus diversifiée et la plus
intéressante à explorer pendant quelques semaines
à bord d’un Westfalia 1988. Faire du camping
à Hawaii permet d’éviter les hôtels trop chers
et les heures de route inutiles tout en profitant
pleinement des économies et des saveurs des
marchés ou kiosques de fruits, légumes et poissons
sur le bord de la route. Voyez Hawaii sous un
autre jour, plus sympathique, naturel et… abordable.
Visitez les attraits incontournables, comme le
volcan Mauna Kea et la plage Green Sand, mais
réservez aussi du temps pour les trésors cachés.
Le tout débute à Hilo, la capitale de l’ile d’Hawaii.
C’est là qu’un employé de Happy Camper, une
petite compagnie de location de Westfalias, vient
nous livrer notre véhicule. Une carte de l’ile annotée
est même fournie et confirme les informations
officielles : il n’y a pas de terrains de camping privés
sur l’ile. Deux lots gratuits sont offerts au parc
national des Hawaii Volcanoes, sinon il faut se
rabattre sur des emplacements dans les parcs
d’État ou les parcs régionaux. Officiellement, il faut
réserver par téléphone et payer en personne au
bureau d’Hilo, mais en pratique, la grande majorité
des terrains ne sont pas supervisés… Voici donc
un échantillon des lieux où il est possible de camper
ainsi que quelques activités intéressantes à
proximité. Que le tour de l’ile commence !
Kolekole County Park
Situé au nord-ouest d’Hilo, ce parc se trouve au
bord de la mer, comme il se doit. Fait particulier, il
s’étend littéralement sous l’arche d’une ancienne
voie ferrée détruite par le tsunami de 1946. Le site
comme tel consiste d’un stationnement de gravier,
d’une pelouse pour installer des tentes, d’un petit
bâtiment et de toilettes sèches. Il n’y a pas d’eau
potable. Dans le stationnement, il est possible
d’installer le Westfalia le long de la rivière, ce qui procure un semblant d’intimité. On peut s’y baigner,
grimper sous la petite chute et, à son embouchure,
faire du surf (ou observer de plus talentueux en
faire…). La plage de galets noirs, quant à elle,
invite plus au farniente qu’à la baignade.
En quittant Hilo par la route 19 vers le nord-ouest,
un arrêt s’impose au parc de la rivière Wailuku. La
chute Rainbow est particulièrement accessible,
photogénique et, par conséquent, populaire. Toutefois,
un peu plus à l’ouest dans les terres, toujours
dans le même parc, les chutes Pe’e Pe’e et les boiling
pots sont moins touristiques et valent le détour.
De retour sur la 19, il faut sortir au mile 7 pour
emprunter l’ancienne route, très jolie, qui mène au
Hawaii Tropical Botanical Garden. Le jardin propose,
de façon peu orthodoxe, une multitude de sentiers
où il fait bon marcher et surtout découvrir
l’incroyable végétation tropicale, avec toutes les
couleurs et odeurs qu’il est possible d’imaginer. À la
fin de la journée, si la chaleur et le soleil sont de la partie, un arrêt au kiosque What’s Shakin’ est un
must pour prendre un frappé aux fruits tropicaux.
Rafraichissant !
Laupahoehoe County Park
Situé sur une pointe balayée par les vagues, l’endroit
est particulièrement joli. Autrefois, un village
y était établi, mais depuis le fameux tsunami de
1946, il a été déplacé sur le haut de la falaise. Le
parc propose plusieurs emplacements, dont certains
en bord de mer. Douches, toilettes et abri
équipé d’électricité sont offerts. Si la baignade est
impossible, regarder les vagues venir se briser avec
force sur les rochers noirs se révèle un spectacle
divertissant. Spectacle d’autant plus intéressant si
l’autocaravane est approchée à quelques mètres
desdits rochers et que l’on sirote un petit café ou
un bon vin en bonne compagnie !
En route vers le parc de Laupahoehoe, il faudra
prévoir un arrêt au parc d’État des chutes Akaka.
L’endroit ne possède pas de sentiers de longues
randonnées, mais les courtes boucles offrent tant
à voir que le pas se fait lent afin de permettre aux
yeux de tout observer. La végétation impressionne,
notamment quand le sentier passe littéralement
à travers une forêt de bambous. En d’autres
endroits, lianes et racines contribuent à créer une
atmosphère mystérieuse. Évidemment, le clou de
la visite reste les chutes. Celle de Kahuna fait
30 mètres alors que celle d’Akaka plonge dans un
canyon de forme cylindrique d’une hauteur de
128 mètres. On comprend alors pourquoi les
chutes hawaiiennes sont inscrites sur la liste des
sites naturels du patrimoine mondial de l’UNESCO.
Kalopa State Recreational Area
Encore plus au nord, avant que la 19 ne bifurque
vers l’intérieur des terres, le parc d’État Kalopa
s’étend sur environ 40 ha (100 acres) de forêt ancienne
qu’il faut explorer. L’endroit est calme et
frais, un changement bienvenu après le climat plus
chaud de la côte et les parcs populaires (et parfois
bruyants) des bords de mer. Une section est
réservée aux dortoirs et cabines alors que celle
pour les tentes, un peu en retrait, offre un confort
qu’on ne trouve nulle part ailleurs sur l’ile (à notre
connaissance…). Il y a un abri pour manger avec
dalle de béton, électricité, douche chaude et eau
potable. Le parc se prête bien à la randonnée. On
rencontre des figuiers impressionnants aux racines
entrelacées, des hapu’u, ces fougères qui s’accrochent
aux arbres, et une forêt d’ohias, un arbre
emblématique aux fleurs rouges. Et il y a la solitude,
celle qui apaise et permet d’entendre parfois
le cri impressionnant d’un sanglier sauvage.
Kapa'a et Mahukona Parks
Ces deux parcs régionaux peuvent servir de piedà-
terre pour explorer la pointe nord ou même les
vallons verdoyants qui entourent Waimea. Pour le
campeur économe qui recherche une relative tranquillité,
ce sont les seuls endroits intéressants sur
la côte nord-ouest. Plus au sud se trouvent les très
populaires parcs Spencer et Hapuna avec leurs
belles plages, mais les réservations s’envolent très
rapidement. Très simples, Kapa’a et Mahukona
n’offrent que des toilettes sèches et une place
pour stationner. Il n’y a ni plage ni services élaborés,
mais probablement personne non plus pour
vous demander votre permis…
De l’un de ces deux parcs, il vous sera facile
d’aller marcher au fond de la très encaissée vallée
Pololu, située sur la pointe nord. C’est la dernière
de la série des spectaculaires vallées qui bordent
l’extrême côte nord-est. La première étant la Waipi’o, qu’il est aussi possible d’arpenter. Polulu
propose un sentier de terre qui descend abruptement
vers une plage de sable noir. Explorer les
recoins, les rochers et observer la mer et les
falaises occupe une demi-journée. Au retour, à l’intérieur
des terres, il ne faudrait pas manquer d’emprunter
la route 250 vers Waimea : dépaysement
assuré. C’est une escapade qui permet de découvrir
un autre côté d’Hawaii, avec ses vallons, ses
arcs-en-ciel et ses ranchs immenses.
Ho'okena Beach Park
Encore une fois, c’est son emplacement plutôt que
ses attraits qui rend ce site intéressant. Situé au
sud de Kona, sur la côte ouest, il est suffisamment
près de tout pour faciliter l’exploration de cette
partie de la côte. Il faudra payer de 5 USD à
10 USD au surveillant pour pouvoir stationner
dans le camping. Au moins, l’endroit est maintenant
plus sécuritaire qu’autrefois, mais toujours
aussi populaire et bruyant. La baie est jolie. La
plage grisâtre plonge rapidement sous l’eau et les
services proposés sont de base : toilettes (certaines
sèches), douches et pavillon.
Bien que la côte ouest possède des hôtels de luxe
et des centres commerciaux haut de gamme, il ne
faudrait pas oublier d’emprunter les abruptes
routes de campagne qui grimpent rapidement
dans la montagne dans la région de Kona. C’est là,
dans un décor surréaliste enveloppé de nuages
qui déversent continuellement de fines gouttelettes,
que sont situées les plantations de café. Le
café Kona est l’un des plus couteux sur le marché.
Une visite d’une plantation suivie d’une dégustation
est un must. La plantation de Mountain Thunder
propose une intéressante et très instructive
visite gratuite, non seulement des installations,
mais aussi de la plantation biologique où des ânes
circulent librement pour contrôler les mauvaises
herbes… et enrichir le sol. Après la dégustation,
vous ne pourrez vous empêcher de mettre la main
dans votre bourse afin de ramener un (ou deux)
sac de ce délicieux or brun.
Hawaii Volcanoes National Park
Situé au sud-est de l’ile, l’endroit est simplement
formidable. La beauté du lieu – combinée aux
deux terrains de camping propres, sécuritaires et
gratuits – rend impossible de ne pas le mentionner.
Le long de la très, très scénique route Hilina
Pali se trouve le Kulanaokuaiki, un tout petit et rustique
camping (8 emplacements) qui ne propose
que des toilettes sèches… et un certain calme. De
son côté, le site Namakanipaia, plus étendu et
mieux pourvu en services, se situe sur la route 11,
à quelques kilomètres de l’accueil du parc. Sa
proximité et ses services font vite oublier son
manque d’intimité.
Le parc a beaucoup à offrir aux randonneurs et aux
curieux de tout acabit. Il y a bien sûr le tube de
lave Thurston qu’il faudra visiter dès les premières
heures, le matin. Plus tard, les autobus y déversent
leur flot de touristes et contribuent à rendre l’endroit
moins intéressant. Si l’on pense à apporter
une lampe de poche, il sera possible d’explorer la
partie non éclairée du tube : une expérience en
soi ! En fin de journée, alors que le soleil se couche
et que tous se préparent à rentrer, il faudra se
rendre au belvédère du volcan Kilauea, situé
au musée Jaggar. De là, on pourra observer
les fumées et le rougeoiement du cratère
Halema’uma’u. Si l’on a pris soin d’apporter une
petite laine (il fait froid rapidement, en soirée) et
un trépied pour faire des photos, l’expérience sera
magique, rien de moins.
Et d'autres...
Il aurait fallu parler de Whittington et de ses tortues
vertes géantes, de Punalu’u et de sa plage de
sable noir, de McKenzie et de ses sites rustiques
sous les pins, à proximité des piscines seminaturelles
et thermales d’Ahalanui… mais le
temps et l’espace nous manquent. Il vous faudra
donc y aller pour en faire l’expérience ! Un dernier
détail : surtout ne vous offusquez pas si un
conducteur vous brandit un poing fermé avec le
pouce et l’auriculaire pointés : c’est un shaka : un
salut hawaiien !
Où camper :
Les lots les plus propres et sécuritaires sont
ceux du parc national Hawaii Volcanoes… et
ils sont gratuits ! Dans les autres, la sécurité,
la propreté et le calme varient beaucoup.
Pour info :
Location d’autocaravanes
Happy Camper, Hilo, 808-896-8777, www.happycampershawaii.com
Dites à Terry et Bud que c’est Dany qui vous envoie…
Hawaii Volcanoes National Park : 10 USD par automobile, pour une passe de 7 jours donnant accès au parc ; le camping est gratuit, 808-985-6000, www.nps.gov/havo
Le site de Kulanaokuaiki ne possède que 8 emplacements sans eau courante alors que celui de Namakanipaio est très grand
et offre même des douches chaudes (payantes).
Parcs d’État : 5 USD la nuit
Division of State Parks, 808-974-6200, www.hawaiistateparks.org/parks/hawaii
Réservations et permis obligatoires (en théorie) payables en personne au bureau de Hilo…
Parcs régionaux : de 5 USD à 10 USD la nuit
Department of Parks & Recreation, 808-961-8311, www.hawaii-county.com/parks/parks
Réservations et permis obligatoires (en théorie) au bureau de Hilo. Il y a, semble-t-il, des bureaux régionaux où il est possible de
recevoir son permis payé au préalable. Les parcs Spencer et Isaac Hale sont populaires, surveillés et payants.
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