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en camping et en caravaning
| Quand l’homme et l’ours se rencontrent |
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L’ours est vraisemblablement le premier représentant du règne animal qui partage le quotidien des petits enfants. En version peluche, bien sûr ! Ironiquement, pour plusieurs adeptes du plein air, cet ancien compagnon de jeunesse inspire plutôt la crainte dans sa version nature et demeure bien le dernier animal qu’ils aimeraient croiser sur leur chemin. Apprendre à le connaitre, c’est apprendre à le respecter et à l’éviter. Par Hélène Giroux Des ours noirs, il y en a pratiquement dans toutes les forêts du Québec. On estime leur nombre à environ 70 000, dont la majorité vivant au sud du 50e parallèle. Alors qu’auparavant, seuls les Amérindiens ainsi que les trappeurs, bucherons et chasseurs partageaient l’habitat de ce mammifère, ce n’est plus le cas aujourd’hui. « De plus en plus d’adeptes de camping, de canot, de randonnée et même des cyclistes s’aventurent dans la forêt, au pays de l’ours. Statistiquement, il y a donc plus de chance qu’il y ait des rencontres fortuites entre l’ours et l’humain », explique Hélène Jolicoeur, biologiste et spécialiste des ours au ministère des Ressources naturelles et de la Faune du Québec. « Malgré cette plus grande promiscuité et de plus nombreux contacts, on répertorie très peu de décès causés par des rencontres avec des ours », ajoute-t-elle toutefois. Au Québec, depuis 25 ans, il n’y aurait eu que quatre décès causés par cet animal alors que plusieurs milliers de personnes visitent des régions sauvages. D’après la spécialiste, sans vouloir diminuer l’importance de ces faits, c’est la très grande médiatisation des incidents et la rapidité de diffusion de l’information qui fait croire à une augmentation des cas. Si elle ne veut surtout pas excuser les bêtes, Mme Jolicoeur rappelle que, bien souvent, ce sont les humains qui, à cause de leur ignorance ou de leur nonchalance, sont responsables des visites importunes de ces animaux aux abords des sites de camping. Pour éviter des rencontres du troisième type, mieux vaut connaitre ceux à qui on a affaire! Une vie passée à mangerPour l’ours, manger est un impératif. Il le fait pratiquement 23 h sur 24 h! Il est constamment en quête de nourriture afin d’accumuler des réserves de graisse pour la période d’hibernation. Étant omnivore, il mange à peu près de tout : des poissons aux petits animaux, en passant par des petits fruits. Il ne perçoit pas normalement l’humain comme une proie, mais certains ours bien futés le voient, avec raison, comme un pourvoyeur. « Pour cet animal aussi, la loi du moindre effort prévaut. S’il lui est possible de mettre la patte sur de la nourriture sans trop avoir à travailler, à dépenser de l’énergie, il le fera », dit la biologiste. L’ours a un très bon odorat et une bonne mémoire. Si des campeurs ont mal nettoyé leur emplacement au départ, l’ours sera attiré par les déchets et pourra devenir une menace pour les campeurs suivants, car il aura la fâcheuse manie de revenir rôder autour de ce qu’il considère comme un garde-manger. Surtout, il deviendra plus audacieux et perdra un peu de sa crainte de l’homme à cause de ce conditionnement associé à la nourriture. « C’est là que réside le danger », insiste Mme Jolicoeur. Plusieurs pourvoiries et réserves fauniques, pour attirer une certaine clientèle, nourrissent malheureusement les ours afin de les attirer vers des lieux d’observation. « C’est une pratique inquiétante ; en agissant ainsi, on se tire dans le pied », prévient la spécialiste. En camping, ne pas tenter l’ours glouton!Afin de tenir ce glouton éloigné de nos activités de loisir, certaines règles de base sont incontournables et elles ont toutes comme dénominateur commun la gestion de la nourriture. D’abord, choisir un emplacement de camping éloigné des talles de petits fruits, véritable régal pour l’ours. Puis, éviter de le tenter par des odeurs alléchantes ou fortes en plaçant les aliments ou autres produits odorants (pâte dentifrice, produits pétroliers, etc.) à l’extérieur de la tente ou de la tente-caravane. Il vaut mieux les mettre dans le coffre de la voiture ou encore dans des contenants étanches, spécialement conçus à l’épreuve de cet animal. Sinon, on suggère de suspendre les aliments ou les restes à l’aide d’une corde à un arbre éloigné du campement, à une hauteur de quatre à six mètres et à une distance du tronc d’au moins un mètre. Il est conseillé de cuisiner hors de la tente ou de la tente-caravane afin d’éviter que les toiles ne soient imprégnées des odeurs de cuisson. Les vêtements portés pendant la préparation des repas devraient être laissés dans des sacs ou contenants hermétiques. Il est essentiel de disposer de ses déchets dans des poubelles à l’épreuve des ours s’il s’en trouve sur le site ou alors, de les placer dans un contenant étanche. Il est même fortement recommandé de laver la vaisselle après chaque repas, de rincer les boites de conserve utilisées et de vider l’eau souillée loin du campement. Des randonnées sans surprise ou presque
Bien entendu, un bon randonneur devrait apprendre à reconnaitre la présence d’un ours et à l’éviter. Excréments jonchant le sol, buches d’arbres déchiquetées et traces de griffes sur l’écorce des arbres sont des signes bien révélateurs. La marche arrière et en douce est alors grandement conseillée! Et si on en rencontrait un?La plupart des terrains de camping gèrent bien les déchets, ce qui assure une plus grande sécurité aux campeurs et moins de rencontres inopportunes. « Quand un animal est surpris à rôder, il est capturé, identifié et déporté très loin de l’endroit de sa capture. Si jamais il est à nouveau pris en flagrant délit, on ne lui donne pas une seconde chance, il est abattu », mentionne-t-elle. Malgré toutes ces précautions, il survient parfois des rencontres entre ce colosse et les humains. Pour la spécialiste, il n’existe pas de règle unique à suivre en cas d’un tel face-à-face : « Chaque animal a son propre caractère, sa personnalité et adopte un comportement qui lui est propre. En tout temps, il faut éviter qu’il se sente menacé, on doit lui laisser la place et s’en aller doucement », précise-t-elle. Elle mentionne qu’il existe plusieurs tactiques à adopter selon l’agressivité de l’animal, mais que la littérature est parfois contradictoire quant à la ligne de conduite à adopter. Certaines généralités s’imposent tout de même : si les mâles sont de façon générale plus belliqueux que les femelles, une mère protégeant ses petits oursons risque de devenir agressive si elle les sent en danger. Il ne faut pas oublier que ce sont des animaux sauvages, très puissants, curieux et pour qui la dominance joue un rôle déterminant entre les individus. En tout temps, les randonneurs et les cyclistes devraient se munir d’une bouteille de chasse-ours à base de poivre de Cayenne, une bonne façon de se protéger en cas d’agression. Doit-on se priver des joies du plein air en forêt ? Bien sûr que non ! Simplement avoir une bonne connaissance de la faune qui l’habite afin de prévenir bien des mésaventures, par exemple une rencontre avec un ours mal léché!
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