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Pitou et minou font du camping Version imprimable

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Si l’idée de laisser Fido en pension vous met tout à l’envers et que la simple évocation d’une séparation vous donne les jetons, vaut mieux bien vous préparer — et à toutes les éventualités — avant de l’amener en camping avec la famille.

Leçon de camping animalier 101. 

Selon un sondage de la firme Léger Marketing, effectué en janvier 2008, il y aurait au Québec près de 2,3 millions de chats et de chiens qui partagent leur vie avec leurs amis à deux pattes, les humains. Qu’advient-t-il d’eux lorsque s’annoncent des vacances à l’extérieur de la maison ? Si certains prennent le chemin de la pension ou de la maison voisine, pour plusieurs, c’est l’occasion de partir en voyage et de partager avec leur maitre les joies du caravaning !

L’amour, toujours l’amour !

ImageIl y a consensus, si ce n’est unanimité, chez les propriétaires d’animaux domestiques qui amènent leur compagnon avec eux : ils ne partiraient jamais, au grand jamais, sans leur ami : « Il m’est arrivé d’avoir à laisser Fred chez une gardienne ; j’ai tellement pleuré. Je m’ennuie trop de lui pour le laisser », confesse Lyne Bergeron, propriétaire d’une caravane à sellette et maitresse d’un actif berger australien de 11 ans. Depuis plusieurs années, il fait toujours partie du voyage, que ce soit pour une fin de semaine ou un long séjour.

Pour André Langevin, qui a parcouru une grande partie de l’Amérique avec sa conjointe, son golden retriever et ses deux chats, jamais il n’a été question de laisser ses compagnons plusieurs mois en pension, et pas seulement pour des raisons financières.

Plusieurs motivations expliquent aussi que Claude Martin et sa conjointe Louise Larose amènent Frida, leur airedale de 6 ans, avec eux : « Nousavons de la difficulté à la laisser. Nous nous ennuyons d’elle. Après quelques jours en pension, Frida aussi s’ennuie et ne mange pratiquement plus. De toute façon, le camping et la randonnée, c’est le fun avec un chien ! », mentionnent-ils.

Anne-Marie Potrawiak, vétérinaire à l’Hôpital vétérinaire Laurier et propriétaire de Laïka, une belle irish terrier de 6 ans, est tout aussi catégorique : c’est d’abord pour vivre une expérience avec son chien qu’elle l’amène partout. Et Laïka semble avoir hérité de la même passion pour le plein air que sa maitresse, car en plus de camper, c’est une adepte de la voile, du vélo et du canot !

Savoir ce qui nous attend

ImageOn a beau apprécier la compagnie de notre copain à quatre pattes en camping, cela comporte quand même un certain nombre de contraintes et une petite dose de stress. Afin de jouir pleinement du séjour ou de l’aventure (!), un minimum de connaissances, quelques précautions et beaucoup de préparation s’imposent.

Bien connaitre le comportement de son animal dans son milieu naturel permet de se faire une bonne idée de son attitude en camping et limite ainsi le stress que l’expérience pourrait engendrer.

Laïka, la rousse irlandaise, semble s’être accommodée dès son plus jeune âge au camping et autres activités de plein air : « J’ai essayé de faire vivre à mon chien dans sa première année tout ce qu’elle aurait à vivre par la suite », mentionne Anne-Marie. Maintenant, que ce soit dans l’auto, dans le canot ou dans la tente, Laïka est une compagne agréable.

Frida, l’airedale, fait aussi du camping depuis l’enfance. Comme Claude connait bien le tempérament de chasseuse de son chien, il sait qu’elle est stimulée par les odeurs intéressantes de petites bêtes autour de la tente. Un petit accommodement raisonnable s’est avéré nécessaire au coucher : « La nuit, j’attache sa laisse à ma jambe pour limiter ses déplacements dans la tente», raconte Claude. « Par contre, j’avoue que je ne dors pas toujours bien », admet-il en souriant.

André avait des chats avant de faire l’acquisition de sa première caravane. Lorsqu’ils ont pris possession du véhicule, les chats se sont partagé le territoire à l’intérieur. Bien sûr, ils étaient confinés et ne sortaient pas à l’extérieur : « Il fallait quand même être vigilant lorsqu’on ouvrait les portes, pour ne pas qu’ils se sauvent », raconte-t-il.

Se renseigner à l’avance sur l’endroit où loger est une sage précaution : plusieurs terrains n’acceptant pas les chiens et certains, seulement les petits. À nombre d’endroits, ils ne sont pas les bienvenus sur la plage et bien des sentiers leur sont interdits.

ImageLyne choisit toujours son camping en fonction de Fred. Elle se fie à des guides sur le marché (voir encadré Où aller). Elle s’enquiert aussi de l’ampérage offert sur son emplacement, car elle a besoin de 30 ampères afin de faire fonctionner son climatiseur dans son VR. « C’est surtout pour le chien, mais c’est essentiel. Comme nous faisons beaucoup de vélo, nous devons laisser Fred à l’intérieur de notre véhicule ; il ne faudrait pas qu’il souffre de la chaleur », précise-t-elle en ajoutant qu’ils ont séjourné plusieurs fois dans le sud des États-Unis.

Pour ceux qui campent en tente-caravane ou en tente, cela s’avère un peu plus compliqué. La planification des activités, voire l’orientation même du voyage, sont primordiales. Comme on ne peut pas laisser l’animal seul sur le terrain, il faut ajuster ses activités en fonction de l’animal : « si je prévois aller au bord de la mer, je vérifie si les chiens ont le droit d’aller sur la plage. Aux États-Unis, par exemple, plusieurs plages sont accessibles aux animaux, mais à certaines heures seulement. Je m’assure donc qu’une personne reste près du campement avec le chien pendant que les autres profitent de la baignade », explique Anne-Marie.


OÙ ALLER ?

Avant même de faire la liste des choses à ne pas oublier (nourriture, bols, laisse, corde ou câble etc.), l’itinéraire et le choix des campings devraient être la préoccupation principale. Bien sûr, il faut aussi garder en tête le fait que ce ne sont pas tous les campeurs qui aiment les animaux domestiques. Leur présence doit donc impérativement demeurer discrète et bien encadrée…

Tout d’abord, il faut savoir qu’au Québec, en règle générale, les parcs nationaux gérés par la SÉPAQ n’autorisent pas la présence de chiens sur leurs sites de camping. Cette règle pousse plusieurs campeurs à séjourner la plupart du temps aux États-Unis ou dans le reste du Canada, là où les parcs provinciaux ou les state parks sont ouverts aux chiens et leurs maitres pour la randonnée pédestre et le camping.

Les parcs nationaux canadiens, ainsi que bien des terrains de camping privés partout au Canada, acceptent la présence des chiens tout en étant très sévères sur le respect de certaines règles normales de savoir-vivre, comme celle de garder constamment son animal attaché ou en laisse. Il faut bien penser à ceux qui ne partagent pas le même amour des bêtes.

ImageUn nombre important de guides sur le marché permettent de planifier un voyage en camping avec son animal. Parmi ceux-là, Escapades pour chien et autres idées de sortie, publié par les Éditions touristiques du Québec, regorge d’informations fort utiles autant sur des activités à faire avec son animal que sur les terrains de camping, hôtels et gites qui les admettent. C’est un guide présentant une belle facture visuelle grâce à des pictogrammes. Au Québec également, Camping Québec, un organisme qui représente les exploitants de terrains de camping, produit chaque année son Guide du camping au Québec, qui contient toute l’information nécessaire afin de bien choisir son camping. Des indications claires précisent où les animaux sont admis. Une version électronique facile à utiliser est également en ligne sur le site de Camping Québec . Internet constitue par ailleurs une source intarissable d’information. Un site en particulier, DogFriendly.com , répertorie, en plus des terrains de camping accueillant les animaux, la liste des plages aux États-Unis et au Canada où nos amis canins peuvent eux aussi se tremper… les pattes !

 

Question de santé

« Vaut mieux prévenir que guérir », dit le proverbe. En camping, ce dicton tient aussi la route !

Pour Anne-Marie, vétérinaire et adepte hors pair de plein air, il y a certaines précautions auxquelles les propriétaires d’animaux de compagnie ne peuvent se soustraire. Tout d’abord, la vaccination. « Le vaccin contre la rage est essentiel. C’est autant une protection pour son compagnon que pour soi », précise-t-elle. Les petits animaux sauvages comme les mouffettes et les ratons laveurs pourraient être porteurs de rage et la transmettre à un chien le moindrement curieux. « Lorsqu’on traverse la frontière des États-Unis, on demande à voir le certificat de vaccination de notre animal. Bizarrement, il m’est arrivé à une occasion qu’on ne m’ait rien demandé en passant la frontière américaine, mais une fois rendue sur mon site de camping — hyper sauvage — des gardiens du parc sont arrivés en bateau et, à ma grande surprise, ont demandé à voir le certificat de Laïka. Comme quoi ils ne laissent rien au hasard sur ce plan », raconte-t-elle en riant.

Le vaccin de base du chien, qui inocule entre autres contre le distemper (maladie de Carré) est aussi important, la mouffette et le raton laveur pouvant transmettre cette maladie. Pour le chat qui va normalement dehors, le vaccin de base est aussi une bonne assurance. Bien sûr, on a entendu parler de la maladie de Lyme, transmise par des tiques porteuses d’une bactérie. Elle affecte les chiens, mais surtout les humains. Selon l’endroit que vous comptez visiter (certaines régions sont plus à risque que d’autres), votre vétérinaire saura prescrire le bon antiparasitaire pour votre animal.

ImageEn même temps, ce sera l’occasion de lui demander, s’il y a lieu, une prescription contre le mal des transports. Si votre meilleur ami est anxieux en voiture ou qu’il se met à saliver beaucoup et semble sur le point de vomir, le voyage pourrait s’avérer long ! Anne-Marie propose plusieurs solutions pour atténuer le mal du transport, mal qui serait assez fréquent chez les chiens : « Il existe un nouveau médicament que l’on obtient sous prescription du vétérinaire et qui agit sur les nausées. Il est plus sécuritaire que les anciens produits et il a l’avantage de ne pas causer de sédation. Ce produit se nomme Cerenia. Mieux encore, on peut combiner ce produit et de l’huile essentielle de lavande, qui a un effet calmant quand on l’applique dans nos mains pour ensuite l’étendre sur l’intérieur du pavillon de l’oreille. Ça fonctionne très bien avec Laïka, cela la fait même dormir ! ». Un petit conseil supplémentaire d’une évidence simpliste : nourrir son animal quelques heures avant de se mettre en route, question d’éviter un nettoyage de banquette d’auto !

S’il est prouvé que la musique a un effet certain sur les humains, certaines musiques sembleraient apaiser un animal anxieux. Un CD de musique vendu sur le net : Through a dog’s ear, Music for driving with your dog, prétend amener votre animal vers un état de douce relaxation pendant une balade en voiture. De la musicothérapie animale ! Attention, il pourrait avoir le même effet sur vous et être incompatible avec la conduite automobile. À essayer avant de prendre la route !

Enfin, pour les toutous qui ont tendance à sortir le nez par la fenêtre afin d’être à l’affut de toutes les bonnes odeurs, Anne-Marie propose un gel à appliquer dans les yeux avant de partir, le Tear Gel. Cela évite la sècheresse de l’oeil et la fameuse conjonctivite qui s’ensuit souvent.

Vaut mieux guérir aussi !

En camping, une trousse de premiers soins devrait obligatoirement faire partie du bagage, tant pour soi que pour son compagnon. Parmi ses éléments essentiels : une petite pince à épiler, pour extraire les échardes ou même les tiques. « Il faut s’assurer qu’on enlève la tête de la tique avec ses pièces buccales », insiste Anne-Marie. Aux pinces s’ajoutent de la gaze, un petit rouleau de bandage, un antiseptique, le chlorhexidine pour désinfecter une plaie (offert en pharmacie), un onguent antibiotique (du Polysporin ou du Bacitin). Afin de soulager les piqûres d’insectes de tout le monde, Anne- Marie recommande Animodel, un onguent homéopathique très efficace contre les démangeaisons. Comme plusieurs d’entre nous en vacances, notre animal peut éprouver des petits dérangements intestinaux. La compagnie Animodel offre également un produit éprouvé par plusieurs propriétaires de chiens qui ont les intestins fragiles. Très utile afin d’éviter les visites nocturnes à l’extérieur du VR ou de la tente !

Les propriétaires d’animaux domestiques seront tous d’accord, il n’existe pas d’odeur plus répugnante que celle d’un animal « parfumé » par une mouffette. Une petite quantité du shampoing Skunk off dans une trousse pourrait sauver bien des vacances en cas de rencontre inappropriée entre Fido et Jolie Mouffette.

 
2012-04-Hautes Voltides Laurentides