Le magazine des passionnés et des experts
en camping et en caravaning
| Le nouveau permis de conduire Plus |
|
|
Indispensable aux caravaniers ?À la mi-mars, le gouvernement provincial annonçait en grande pompe que les Québécois pourraient, dès le mois de juin, se procurer un nouveau permis de conduire doté d’une puce. Les renseignements encodés sur cette puce permettront l’identification officielle de son possesseur au poste frontalier. Exit le passeport ? Pas pour tout le monde, ni dans toutes les situations… Par Paul Laquerre Comme son grand frère, le passeport, le nouveau permis de conduire Plus sera accepté à tous les postes frontières terrestres et maritimes avec les États-Unis. Cela serait rendu possible grâce à une puce sur laquelle seraient encodés des renseignements correspondant aux normes de sécurité exigées par les services frontaliers américains.
Le lendemain de l’annonce de cette nouveauté, le
téléphone de Camping Caravaning tournait au
rouge, idem pour la boite de courriels. Chacun demandait
plus de précisions ; s’enquérait de l’utilité
de ce permis lorsque l’on possède déjà un passeport; Avant de payer les 40 $ supplémentaires requis pour obtenir le permis à puce, il importe de déterminer s’il convient bien aux besoins. Pour certains, ce permis représente un document, moins onéreux que le passeport, qui peut fort bien leur convenir. Pour d’autres, comme moi, il est fortement à déconseiller. Trois exemples serviront à déterminer si ce permis s’adresse à vous. Jean et Monique résident dans la région de Montréal. Ils voyagent peu à l’étranger, sauf peut-être durant les vacances d’été où ils aiment bien se rendre sur les plages du Maine. À l’occasion, ils se rendent à Plattsburgh pour faire des emplettes. Pour eux, le permis à puce est l’outil d’identification idéal. Moins cher que le passeport, il répond parfaitement à leur profil de voyageurs. De leur côté, Roger et Thérèse adorent voyager. Comme Jean et Monique, ils font de courtes escapades sur la côte atlantique durant l’été, se réservant l’hiver pour effectuer de plus longs voyages en Europe, en Afrique et même en Australie où ils sont allés l’an dernier. Dans leur cas, le permis de conduire à puce est absolument inutile. Ce permis est accepté uniquement pour entrer aux États- Unis. Pour se rendre dans tout autre pays, ils sont soumis à l’obligation de détenir un passeport canadien. Pourquoi débourser pour deux documents quand un seul (le passeport) suffit à toutes les éventualités? Dernier exemple, ma conjointe Michelle et moimême. Nous voyageons beaucoup en VR aux États-Unis l’hiver et nos destinations préférées sont le sud de l’Arizona et de la Californie. Notre profil de voyage ressemble beaucoup à celui de plusieurs compatriotes désireux de fuir l’hiver et sa froidure. Pour nous, la réponse est claire : le permis à puce ne répond pas à nos besoins. Voici pourquoi. Supposons un instant que nous sommes à San Diego, en Californie, et qu’une situation nous impose de rentrer d’urgence au pays. Ce pourrait être pour cause de décès d’un proche parent, pour une inondation, un incendie ou un bris majeur à la résidence, qui sait ! Certes, dans un tel cas, l’avion s’imposerait comme le moyen de transport le plus efficace pour rentrer rapidement, mais nous ne pourrions monter à bord d’un avion. Comme pièce d’identité, le permis à puce ne vaut que pour les déplacements terrestres ou maritimes. Il n’est donc d’aucune utilité pour les voyages en avion. Pour monter à bord d’un avion, il est obligatoire de présenter un passeport valide. Nous en serions alors réduits à revenir en VR et à oublier la notion d’urgence. Moralité : avant de décider de se procurer un permis de conduire à puce, il est essentiel d’analyser ses besoins et de préciser son profil de voyageur. |