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De traversier en traversier Version imprimable

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Là où la route s’arrête… Là où le chemin le plus court enjambe un lac,une rivière, un fleuve ou la mer… Là où l’ile convoitée n’est accessible que par voie d’eau… Un traversier nous attend toujours, même si nous voyageons en VR. Chaque petite croisière sur ces navires si spéciaux peut devenir une expérience en soi.

 

photo_1_juin.jpgPeu importe où le voyage conduit et quel mode de camping est pratiqué, la route finit immanquablement par mener à un quai auquel vient accoster le bateau qui nous portera sur l’autre rive. La traversée durera quelques minutes, quelques heures ou même, parfois, quelques jours. Chaque fois, le temps de relâche qu’accorde cette navigation peut nous apprendre des choses sur l’environnement traversé, sur les gens qui l’habitent ou sur les voyageurs qui suivent le même itinéraire que nous. Personnellement, j’adore chaque expérience maritime à bord de ces bateaux bizarres condamnés à un éternel aller-retour.

J’apprécie n’avoir d’autre choix que de m’arrêter et me relaxer alors que nos voyages prennent souvent l’allure de marathons sans pause. Dans la file d’attente se présente habituellement l’occasion d’aller « sentir » chez le voisin. Admirer les modèles de VR qui nous intriguent, rencontrer les propriétaires, discuter avec eux et, plus souvent qu’autrement, profiter d’une petite visite guidée de l’intérieur. Le moment de l’embarquement reste toujours empreint de nervosité et d’excitation. Il y a quand même quelque chose de spécial à faire une croisière avec son VR. Les véhicules sont stationnés serré, collés de partout. Chacun se demande comment faire pour en débarquer. Puis les interrogations se dissipent dès que le pied touche le pont et que l’on sent l’air du large. 

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Souvenirs ! Souvenirs !

  Éprouvant une attirance particulière envers les iles, les côtes et certains loisirs nautiques, je suis entrainé d’instinct vers ces destinations qui nécessitent l’embarquement sur des « ferries », comme disent les Français. Je me souviens fort bien de la toute première de ces aventures alors que, avec la Westfalia que nous venions d’acquérir, nous avions réalisé en famille une expédition de cinq semaines. Du Saguenay à Anticosti, vers la Gaspésie, le sud du Nouveau-Brunswick, l’Acadie, l’Île-du- Prince-Édouard et jusqu’aux Îles-de-la-Madeleine, notre itinéraire incluait une quinzaine de traversées sur une incroyable diversité de bateaux.

Le premier traversier de ce périple était le Nordik Passeur qui reliait à l’époque l’ile d’Anticosti à Havre-Saint-Pierre, sur la Côte-Nord, et à Rivière-au- Renard, en Gaspésie. L’année précédente, je m’étais rendu sur cette ile mystérieuse avec un copain et sa West. Nous avions fait transiter le VR dans un conteneur chargé sur le Nordik Express, le navire qui ravitaille les villages de la Basse-Côte-Nord. Cette fois, l’expérience s’est déroulée en douceur et nous a permis de nous gaver des images du golfe du Saint-Laurent, tellement grandiose.

Une fois en Gaspésie, après des étapes à Forillon et Percé, nous atteignions le parc national de Miguasha dans la baie des Chaleurs. De là, un petit traversier nous a amenés en 15 minutes au Nouveau- Brunswick, où nous avons mis le cap vers le sud, pour St. Andrews By-the-Sea puis Fundy. 

Aventure dans les iles

La baie de Fundy, caractérisée par les pjuin3.jpglus hautes marées au monde, compte de nombreuses iles, grandes et petites, dans l’estuaire de la rivière Saint- Louis. Sur un coup de tête heureux, nous nous sommes dirigés vers L’Etete pour l’embarquement sur un traversier rouillé conduit par un cowboy qui fonçait dans les quais. Destination : Deer Island, une découverte emballante. À côté du camping accostait un minuscule traversier, un bateau de pêche modifié qui poussait une dizaine de voitures sur une barge, par-delà de forts courants, jusqu’à l’ile voisine, Campobello. Bien que reliée au Maine par un pont, cette ile magnifique est canadienne, mais du Canada, on y accède uniquement à partirde Deer Island par ce bateau-passeur qui grimpe sur la plage comme les barges militaires lors des débarquements.

La plus grande et la plus populaire des iles du Nouveau-Brunswick s’appelle Grand Manan. Deux traversiers la desservent à partir de Blacks Harbour. Une traversée mémorable pour le mal de coeur qu’elle m’a procuré et ma première observation de baleines grises.

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Les longs courriers

juin4.jpgC’était au moment où les derniers bateaux bleus, dont le MV Abegweit de la Marine Atlantic, faisaient la navette entre le Nouveau-Brunswick et l’Île-du-Prince-Édouard, juste avant l’inauguration du fameux pont de la Confédération qui les a mis au rancart. Les Québécois connaissent bien la route qui conduit ensuite à Souris où l’on embarquait à bord du Lucy Maud Montgomery qui rouille maintenant au quai de Havre-Aubert. L’embarquement (comme c’est toujours le cas à Montréal avec le CTMA Vacancier ou à Baie-Comeau sur le NM Camille-Marcoux) était un vrai cirque. On nous a mesurés dans tous les sens pour nous faire payer au pied linéaire le bout le plus long du VR. On m’a surfacturé d’ailleurs à cause de la longueur du plus long kayak posé sur le toit, qui dépassait l’autocaravane d’un bon mètre. Pour nous faire embarquer sur le bateau, une armée de « plaçologues » se disputait, rivalisant de stratégies mystifiantes pour nous empiler sur le pont. J’ai causé tout un drame en immobilisant mon VR un mètre derrière le véhicule qui me précédait puisqu’on me faisait payer tout cet espace… Heureusement, l’ambiance était à la fête à bord.

L’autre façon de se rendre aux Iles en traversier est de s’offrir la totale, soit la croisière à partir de Montréal. Quai Bickerdike, à l’extrême ouest du port de Montréal, le gros bateau blanc de la CTMA s’amarre tous les vendredis, dans l’attente de son départ prochain pour Cap-aux-Meules. Partir en croisière avec son véhicule récréatif semble un concept plutôt inusité. C’est pourtant ce que propose le CTMA Vacancier qui fait monter quelques remorques de fret, plusieurs voitures et quelques autocaravanes dont nos deux VR de classe B. Quelle expérience exceptionnelle qui permet de découvrir en spectateur toutes les splendeurs du Saint-Laurent, à partir du meilleur des points de vue : sur l’eau.

De belles découvertes

 Les bons moments vécus sur des traversiers avec l’autocaravane sont nombreux. Il y a eu cette courte traversée entre L’Isle-Verte (Bas-Saint- Laurent) et l’île Verte. En Caroline-du-Nord, le passage entre les Outer Banks et Cypress Island s’est révélé aussi agréable que dépaysant. La navigation entre l’ile Manitoulin et la péninsule de Bruce, sur la baie Georgienne (Ontario) s’avère également très spectaculaire, tout comme l’embarquement par la large gueule du MS Chi Cheemaun. Et que dire de cette lutte impressionnante que livre et gagne le NM Joseph-Savard à l’encontre du puissant courant qui sévit entre l’ile aux Coudres et Saint-Joseph-de-la-Rive ? Le NM Camille-Marcoux, entre Baie-Comeau et Matane, offre pour sa part les couchers de soleil les plus grandioses qu’on puisse imaginer.

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Les plus populaires

 La flottille de navires de la Société des traversiers du Québec prend la relève de la route à maints endroits à Sorel, l’Isle-aux-Grues et ailleurs. De ce nombre, deux traverses me semblent particulièrement intéressantes par leur histoire et leur popularité : Saint-Siméon–Rivière-du-Loup et Baie-Sainte-Catherine–Tadoussac.

Pour les adeptes de camping, aussi bien en énorme VR qu’en petite Westfalia ou avec la tentecaravane, l’option du traversier Saint-Siméon– Rivière-du-Loup demeure souvent la plus intéressante à cause de sa proximité et de la rapidité de la traversée. C’est ainsi que le Trans-Saint-Laurent accueille à son bord près d’un millier de véhicules récréatifs chaque année. « Un phénomène en constante croissance depuis une vingtaine d’années », explique le capitaine Marc Harvey. Ce dernier est aussi un passionné d’histoire maritime et il connait sur le bout des doigts celle de la traverse de Rivière-du-Loup, un service maritime qui a célébré ses 100 ans l’an dernier.

Pour leur part, les traversiers qui relient les rives de l’embouchure du Saguenay font partie intégrante du patrimoine de Tadoussac. La traversée n’a toutefois pas toujours été aussi facile. Au 19e siècle, il fallait affronter en canot les courants puissants ou, même, les glaces menaçantes. C’est en 1927 seulement que s’implante le premier service régulier avec le Pixie B puis le MV Jacques- Cartier, qui relient en 1938 Tadoussac au quai de Baie-Sainte-Catherine, un trajet considérablement plus long qu’actuellement.

À partir de 1958, les bateaux-passeurs ont commencé à prendre de l’expansion. Devant l’augmentation importante de la circulation automobile et du transport routier, la Société des traversiers du Québec a lancé deux nouveaux navires en 1980 : le NM Jos-Deschênes et le NM Armand-Imbeau, consolidant ainsi une activité économique extrêmement importante localement. Depuis plusieurs années, l’idée de construire un pont sur le Saguenay suscite de nombreux débats, mais nous sommes encore loin du jour où le signal sonore des traversiers ne se fera plus entendre à Tadoussac.


•GUIDE D’EMBARQUEMENT Les conseils du capitaine Harvey

Le capitaine Harvey explique que tous les véhicules motorisés et tous les VR peuvent monter sur un traversier de la grosseur du Trans-Saint-Laurent, peu importe leur taille ou l’équipement qu’ils remorquent. Il arrive cependant, à l’embarquement à marée basse, que les plus longues autocaravanes ne puissent pas embarquer à cause de l’inclinaison trop forte de la descente. Le capitaine Harvey a élaboré un tableau qui établit avec précision quels sont les véhicules à risque qui ne peuvent monter à bord dans ces circonstances. Le conseil du capitaine : le premier et le dernier départ de la journée sont toujours les moins achalandés, même en période d’affluence.

 

•LES RÈGLES DE LA SOCIÉTÉ DES TRAVERSIERS DU QUÉBEC

 

Contrairement au transport routier, le transport du gaz propane sur les traversiers est assujetti à un règlement de juridiction FÉDÉRALE.

À ce titre, les normes qui régissent de transport de propane dans les tunnels du réseau routier québécois ne sont pas les mêmes que celles qui régissent le transport de propane sur les traversiers.

Lorsqu’il prend un traversier, le propriétaire d’un VR doit mentionner qu’il transporte du propane. La quantité maximum de propane que l’on peut transporter sur un traversier est de 65 L, par exemple deux bonbonnes de 32.5 L. Les soupapes doivent absolument être fermées. Pour confirmer que tout est en règle, une étiquette rouge sera apposée sur les bonbonnes avant le départ.

Les réservoirs de propane vendus au Québec le sont en livres. Les caravaniers auront donc un réservoir de propane de 60 livres dans leur autocaravane ou des bouteilles de propane de 25 livres à l’avant de leur caravane. Mais voilà, le remplissage et les normes de transport sont indiqués en Litres. Voici la règle de trois à appliquer si vous désirez connaître combien de litres de propane entre dans votre réservoir. Ce calcul tient compte que l’on ne doit jamais remplir un réservoir de propane à plus de 80% de sa capacité total.

Il faut savoir qu’un réservoir de 100 livres contient 90 L de propane. Pour trouver la capacité en litre du vôtre, vous n’avez qu’à multiplier son poids en livre par 90 L et diviser le tout par 100. Vous obtiendrez ainsi le nombre de litres contenu dans votre réservoir.

Pour info supplémentaires sur le transport de marchandises dangereuses : www.fqcc.ca

 

 
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