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en camping et en caravaning
| Club Échangiste... de VR ! |
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Par : Hélène Giroux Les vacanciers sont de plus en plus nombreux à profiter du troc d’habitats. Ils échangent leur maison, chalet, appartement ou bateau le temps des vacances, économisant ainsi bien des dollars sur les frais d’hébergement. L’offre s’est élargie récemment, plusieurs troquant maintenant leur VR avec des caravaniers des autres provinces canadiennes, des États-Unis et même du reste du globe. L’aventure vous intéresse ? La plupart des personnes intéressées par le troc de VR passent inévitablement par un site internet pour déposer une offre d’échange. En peu de temps, il est possible d’établir des liens avec des caravaniers à l’autre bout du monde et finalement de conclure un marché. Certains de ces sites, celui de Troc-Habitat.com par exemple, sont généralistes et mettent en ligne des échanges d’habitations, peu importe lesquelles. D’autres s’adressent exclusivement aux propriétaires de véhicules récréatifs désireux de faire un échange temporaire pour aller visiter un autre coin de pays ou un autre continent. Motor homes exchange est l’un de ceux-là. Sur ces sites, parfois gratuits, parfois exigeant des frais d’adhésion au club, les propriétaires mettent une annonce et fournissent de l’information tant personnelle que sur leur véhicule récréatif : le nombre de personnes participant à l’échange, leur résidence, l’endroit où se trouve le VR ainsi qu’une description et une photographie. Ils donnent les dates de disponibilité du véhicule. Ils indiquent également l’endroit ou les endroits qu’ils souhaitent visiter ainsi que la période de l’année durant laquelle ils comptent s’y rendre. Il est important qu’ils précisent si l’échange doit avoir lieu simultanément ou non. Un échange Québec–Suisse et France
Carl Vaillancourt, un Montréalais ayant fait du troc, a mis son message sur plusieurs sites à la fois afin d’augmenter ses chances de réussite. Il suggère de faire preuve de souplesse dans les demandes pour conclure une entente rapidement. « Au départ, c’est la France que ma famille et moi voulions visiter, mais nous avons mis, pour avoir plus de réponses, une annonce pour la France ou l’Europe en général, raconte-t-il. Les personnes intéressées par mon offre demeuraient à Bulle, en Suisse. Nous nous sommes arrangés. Nous avons d’abord séjourné à Paris en mars, puis début avril, nous avons pris le TGV pour Lausanne afin d’y quérir la Westfalia de Paul Després, un Québécois marié à Nathalie, une Suissesse. Après avoir passé quelques belles journées en compagnie de la famille Després et visité leur coin de pays, nous sommes repartis avec leur « camping-car » pour le sud de la France, en Provence, sur la Côte d’Azur et puis en Corse. Nous voulions voyager au mois d’avril alors qu’eux désiraient venir au Québec plus tard en juillet. Nous avons donc fait un échange non simultané », ajoute-t-il. La famille suisse, après avoir reçu l’hospitalité à son tour (à la québécoise avec des crevettes de Matane et du sirop d’érable !), a poursuivi son voyage avec la Westfalia des Vaillancourt jusqu’à Québec, Rivière-du-Loup, la Gaspésie et a même poussé le quatre roues jusqu’à l’Île-du-Prince-Édouard. Entre Istanbul et San Francisco
Huguette Comtois et Claude Gingras, deux résidants de la Rive-Sud de Montréal.
Pour leur part, Huguette Comtois et Claude Gingras, deux résidants de la Rive-Sud de Montréal, ont placé leur annonce sur deux sites seulement. La réponse a été très rapide : « Le lendemain matin, nous avions une offre qui nous intéressait ! », mentionne M. Gingras tout sourire. « Il faut dire que nos demandes n’étaient pas trop précises, nous étions ouverts pour la destination. Une seule exigence, nous voulions passer l’hiver à la chaleur ! » Ils ont conclu un marché avec Céline et Rémy Ergen, des Français originaires de Turquie et demeurant à Sainte-Maxime, près de Saint-Tropez. Ceux-ci leur proposaient leur camping-car pour la période de janvier à mars 2010 et les invitaient à Istanbul, en Turquie, pour quelques jours. « Parce que la température n’est pas très chaude dans cette région de France en janvier, ils nous ont suggéré d’aller plutôt au Maroc pour y faire du camping. Comme ça faisait longtemps que nous nous proposions d’y aller, nous nous sommes dit pourquoi pas ! », raconte-t-il. Après avoir sillonné les routes du Maroc, ils ont mis le cap sur l’Espagne pour ensuite terminer leur voyage en compagnie de leurs hôtes à Istanbul, sur la belle ile de Büyükada. De leur côté, le couple de Français a voyagé avec le VR des Québécois de septembre à novembre 2009, traversant une bonne partie du Canada, puis la côte ouest américaine jusqu’à San Francisco. Ils ont parcouru tout près de 20 000 kilomètres. À bon entendeur, salut ! Une fois le lien établi entre les « échangistes », le succès du projet repose essentiellement sur une bonne communication entre les parties. En général, il faut que l’échange soit aussi avantageux pour l’une que pour l’autre, que ce soit en matière de kilométrage, de type de véhicule ou encore de la durée du prêt. L’important, c’est de s’entendre au préalable. « Nous avons engagé avec l’autre couple un véritable processus de communication, nous nous sommes écrit souvent par courriel, puis parlé plusieurs fois au téléphone. Mutuellement, nous nous sommes dit ce que nous pouvions offrir », mentionne Claude Gingras. Évidemment, le fait de communiquer dans une même langue facilite grandement les choses et limite les possibles malentendus. Selon Magali Kerleo, fondatrice du site Troc Habitat, il est primordial de poser bien des questions et pas seulement sur le véhicule à échanger. On s’évite bien des mauvaises surprises en s’informant de l’expérience de conduite de la personne (ce qui pourrait être important avec un gros VR), de l’itinéraire, du nombre de kilomètres prévus, du nombre de personnes en voyage, etc. Peu de gens signent un véritable contrat. Habituellement, tout se fait à l’amiable et repose sur la confiance entre les parties. Généralement, aucune somme d’argent n’est exigée. Pour leur part, les Vaillancourt ont versé un montant en garantie aux Després avant de partir avec leur campingcar. « Souvent les échanges de camping-car se font de façon simultanée. Comme nous ne l’avons pas fait au même moment, les Québécois nous ont versé, pour des raisons de sécurité, au moment où ils ont pris possession de notre camping-car, un montant de 2000 $ pour garantir la continuité du projet. Plus tard au mois de juillet, quand nous avons emprunté leur VR à notre tour, nous leur avons remis leur dépôt », explique Paul Després. Les avantages du troc de VR La grande majorité des personnes ayant fait ce type de troc est tout à fait enchantée de l’expérience. Tout d’abord, elles réalisent une économie importante sur l’hébergement et l’alimentation. Seuls les frais de déplacement et de terrains de camping sont à comptabiliser. Comparativement à un échange de maisons, ce troc permet aussi une plus grande mobilité, donnant la possibilité de visiter beaucoup plus d’endroits et de faire bien des rencontres intéressantes sur les terrains de camping. En troquant, les gens profitent également de conseils pratiques et de précieux renseignements touristiques fournis par le prêteur (par exemple, sur la signalisation et la conduite dans leur pays, les conditions météorologiques, les aires de services). De nombreuses fois, lorsque l’échange n’a pas lieu en même temps, les familles sont accueillies par leurs hôtes à l’aéroport et hébergées amicalement le temps de les familiariser avec le véhicule. C’est l’occasion aussi de leur faire connaitre leur région. C’est ce que les Després ont fait en faisant découvrir aux Québécois leur patelin, la belle région de Gruyère (eh oui, celle du fameux fromage !) avec le château de Gruyère, la ville médiévale de Fribourg, la chocolaterie Nestlé, le lac Léman, les vignobles, etc. Autre avantage : les voyageurs arrivant par avion n’ont pas à se soucier de transporter autre chose que leurs effets personnels, les camping-cars étant équipés en literie, vaisselle, bicyclettes et support (bien souvent), GPS, etc. Voyageant avec un poupon, la famille Vaillancourt a également pu compter sur un siège d’enfant gentiment fourni par les Després. Mieux vaus prévenir... que payer Bien souvent, les caravaniers font profiter leurs proches de leur véhicule récréatif. Généralement, les compagnies d’assurance, surtout celles spécialisées dans l’assurance de VR, acceptent sans problème ces emprunts et n’exigent pas de frais supplémentaires. Il en va autrement lorsque le prêt est fait à un étranger, comme l’explique Mme Suzanne Roy, des Assurances Leclerc. « Lorsqu’une personne entend prêter son véhicule à un étranger, elle doit absolument contacter son courtier et mentionner le nom de la personne qui emprunte, donner la destination, la date et la durée du prêt. Certains assureurs peuvent demander le dossier de conduite de l’emprunteur ou encore exiger une preuve écrite émise par l’assureur de l’emprunteur attestant d’un bon dossier de conduite. Dans certains cas, l’assureur du prêteur peut même exiger une surprime. Et si jamais il n’est pas avisé du prêt, il peut arriver qu’en cas de dommages, il refuse de payer toutes les réclamations », prévient-elle. Elle ajoute que les deux parties doivent également échanger un document attestant que le prêteur a bien consenti à ce que l’autre personne utilise son véhicule. Celui-ci peut s’avérer bien utile dans le cas où une assistance routière est nécessaire ou lorsque les caravaniers traversent certaines frontières. Les Després et Vaillancourt se sont aussi entendus qu’en cas d’accident, la personne responsable paierait la franchise exigée par la compagnie d’assurances du propriétaire du véhicule. Échange de VR, échange culturel et d'amis Au-delà des avantages financiers d’un troc de VR, les caravaniers sont unanimes pour dire combien l’expérience humaine est enrichissante. Paul Després ne tarit pas d’éloges sur ce type d’échange et n’y voit tout simplement aucun point négatif : « Ce fut tout simplement merveilleux de rencontrer tous ces gens chaleureux et de les faire connaitre à nos deux enfants. Finalement, nous avons fait cet échange pour des raisons financières, mais nous avons réalisé que l’expérience humaine nous a enrichis bien davantage », mentionne-t-il.
Céline et Rémy Ergen, des Français originaires de Turquie.
Huguette Comtois et Claude Gingras ont appris beaucoup de leur rencontre avec les Ergen, des musulmans pratiquants. Accueillis plusieurs jours dans leur appartement de la petite ile de Büyükada, ils ont gouté à l’hospitalité turque, rencontré les amis de leurs hôtes et échangé sur leur mode de vie. « Ce fut une expérience des plus enrichissantes », assure Huguette. Recommenceraient-ils l’expérience ? « Oui ! » répond avec enthousiasme Paul Després. « Nous sommes partants cette fois-ci pour l’Australie et la Nouvelle-Zélande à l’hiver 2011 », répond Claude Gingras tout de go ! Leur annonce parait depuis quelques mois sur un site internet. Souhaitons-leur de concrétiser encore une fois un troc de VR aussi emballant que celui qu’ils ont vécu en 2010.
Pour info :
Exemple d'un message d'échange Jeune couple avec un bébé, désire échanger son camping-car compact (Westfalia) et ou sa maison de Montréal contre camping-car en Europe. Nous désirons visiter un beau coin d’Europe au printemps 2010. Dates flexibles. Durée approximative d’un mois. Notre camping-car est un VW Westfalia (Eurovan), il a un toit rétractable, une boite automatique couchant quatre personnes, poêle au gaz, frigo, dvd, support pour trois vélos. Cet e-mail est protégé contre les robots collecteurs de mails, votre navigateur doit accepter le Javascript pour le voir |