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Cinq semaines en France Version imprimable

Dans le magazine Camping Caravaning, Fernan Carrière et Diane Bérubé nous parlait de leur expérience de caravaning dans le sud de la France. Voici quelques informations supplémentaires sur les villes où ils se sont arrêtés.

Une grande virée dans un passé très présent

L’humain occupe la grande région du sud de la France depuis plusieurs dizaines de milliers d’années. Il y a laissé sa trace depuis des temps très anciens, entre autres dans les nombreuses grottes de la Dordogne, dont celle de Lascaux, la plus connue. La région a subi de nombreuses invasions et a été le théâtre de plusieurs guerres de religion. Même si l’on y trouve un grand nombre de sites d’une très grande antiquité, le sud de la France n’est pas uniquement un grand musée à ciel ouvert. Le visiteur y trouvera toutes sortes d’installations pour satisfaire une grande variété d’intérêts — particulièrement la gourmandise.

Le problème, c’était de faire un choix parmi toutes les options possibles. Pendant les mois qui ont précédé notre départ, nous n’avons pas seulement consulté les guides touristiques, nous avons aussi beaucoup parlé avec des gens qui ont vécu dans la région ou l’ont visitée. On nous disait : « Il faut que vous visitiez ce site, ce village, ce château… » Il a bien fallu nous résoudre : on ne peut tout faire, même en cinq semaines. Nous avons atterri à Genève, où nous avons passé une journée complète avant le prendre le TER (train régional) Genève-Lyon. C’est à Lyon que nous avons pris possession du « camping-car ».

Genève : La ville de l’horlogerie est charmante et tranquille. Nous avons arpenté son quartier historique et nous nous sommes promenés le long des berges du lac Léman tout en nous adaptant au décalage horaire. Le lendemain de notre arrivée, nous avons appris sur place que les habitants observaient la Journée du jeûne genevois : les magasins étaient fermés. La ville était abandonnée aux touristes. Le trajet de Genève à Lyon en train est l’équivalent de la liaison Montréal-Ottawa.

Lyon : Nous avons été épatés par Lyon. C’est une ville très dynamique, ouverte sur le monde. Elle se targue, avec raison, d’être une capitale de la gastronomie. Nous aurions pu y rester les cinq semaines de notre voyage. Nous nous sommes contentés de visiter le Musée gallo-romain de Lyon, le Musée des beaux-arts, le Musée de l’imprimerie et la Maison des canuts. Nous avons aussi pris le temps de bouquiner, le samedi matin, le long d’un quai au bord de la Saône. Du Camping Indigo International à Dardillly en banlieue nord de Lyon, on peut se rendre au centre-ville de Lyon en empruntant autobus et tramway. Si l’on compte y demeurer quelques jours consécutifs, il faut passer à l’Office de tourisme pour se procurer la Lyon City Card.

Par ailleurs, nous avons eu le bonheur d’assister au lancement du défilé d’ouverture de la Biennale de la danse sur la magnifique place des Terreaux, devant l’Hôtel de ville de Lyon. Le défilé de la Biennale rassemblait une quinzaine de troupes de danse de chacun des quartiers de la ville, chacune rivalisant d’imagination pour séduire les spectateurs.

Ambert : Si vous aimez le fromage bleu, la randonnée pédestre ou cycliste dans la nature et que vous êtes amateur d’artisanat et d’antiquités, cette petite commune d’environ 7 500 habitants en Auvergne est votre destination. Nous y avons visité le Musée du papier, où l’on fabrique encore le papier à la main, feuille par feuille, comme il y a 700 ans. Quelques kilomètres plus loin, le Musée de l’école de 1900 vaut vraiment le détour. Bien entendu, vous pouvez demeurer en « ville » pour visiter le Musée des instruments et machines agricoles ou encore la Maison de la fourme et des fromages. Le Camping Les Trois chênes se situe à l’entrée sud de la Commune.

Figeac : Dans cette autre petite commune de moins de 10 000 habitants, on s’efforce de protéger le patrimoine architectural du cœur de la ville. Figeac se trouve sur l’un des chemins qui mènent à Compostelle. C’est aussi la ville natale de Champollion, le savant qui a réussi à percer les secrets des hiéroglyphes égyptiens. La ville a restauré sa maison natale et y a aménagé un musée unique, le Musée des écritures du monde. Le magnifique Camping Sur les rives du Célé se trouve à 20 minutes de marche de ce musée.

Sarlat : Le progrès n’était pas passé à Sarlat il y a 50 ans, lorsque André Malraux a fait adopter une loi favorisant la protection du patrimoine en France. Cette ville a donc conservé une grande partie de ses édifices datant du Moyen-Âge. C’est pourquoi on choisit souvent Sarlat pour y tourner des films : les amateurs de cinéma français se souviendront peut-être du film Chocolat. C’est par hasard que nous sommes passés à Sarlat au cours des Journées européennes du Patrimoine. Le samedi soir, le centre historique était illuminé d’une douzaine de milliers de lampions : une atmosphère magique. Du Camping Les Perrières, il suffit de 10 à 15 minutes, à un pas très lent, pour se rendre au cœur de la ville médiévale. Les couchers de soleil au-dessus de la vallée y sont superbes.

Sarlat est situé dans le Périgord, tout près des grottes de Lascaux. C’est une base idéale pour visiter cette région, riche en sites préhistoriques et autres sites tout aussi intéressants mais plus récents.

Bordeaux : Belle comme la ville de Québec ; le cœur de cette ville est un véritable paradis pour les piétons. Elle a la réputation d’être une grande bourgeoise, mais elle s’est rajeunie depuis quelques années. Tout comme à Montréal et à Québec, la zone portuaire a été transformée pour libérer l’accès au fleuve, la Garonne, qui la traverse. On nous a expliqué que les grandes familles des marchands de vin de Bordeaux ne la dominent plus comme auparavant. Lorsque les Romains ont fondé la ville il y a 2 000 ans, ils ont tracé deux axes principaux. La rue Sainte-Catherine, qui existe toujours, est l’un de ces deux axes. Il faut visiter le Musée d’Aquitaine pour mieux connaitre non seulement la ville, mais aussi toute la région. Nous recommandons le Camping Bordeaux-Lac, situé en banlieue nord de la ville, très agréable et offrant un accès en transport en commun jusqu’au cœur de la ville.

Toulouse : On nous avait dit qu’il fallait visiter Toulouse, qu’on allait y trouver une douceur et un art de vivre incomparables. Nous avons malheureusement eu l’impression que Toulouse s’assoit sur sa réputation et qu’elle est en train de perdre son âme. La Ville Rose subit une autre invasion venue du nord de l’Europe, celle des hordes attirées par la richesse de ce centre de l’industrie aéronautique et spatiale européenne. On peut y visiter le centre de production des Airbus et la Cité de l’espace. Toulouse a de la difficulté à conserver son héritage culturel de capitale de la culture occitane. Il faut être très attentif aux directions pour se rendre au Camping Le Rupé, mais il offre un accès commode au réseau de transport en commun. Les randonneurs apprécieront l’accès aux sentiers bordant le canal du Midi.

Barcelone : Si la vie nous le permet, nous nous promettons bien de retourner à Barcelone. C’est une ville vivante, spontanée, débordante d’énergie, presque un pays en soi. Une flânerie le long de la promenade de La Rambla stimulera le visiteur le plus blasé. Ne pas oublier de s’arrêter au marché La Boquería ! Dans un tout autre quartier de la ville, il faut passer quelques heures à la cathédrale Sagrada Familia : on se sent petit dans ce monument toujours en construction, un chef-d’œuvre d’architecture débordant d’imagination. Barcelone est aussi une ville militante : le deuxième jour de notre passage, il y avait grève de tous les transports en commun, y compris à l’aéroport. Nous avons été obligés de demeurer au Camping Tres Estrellas, en banlieue sud, sur le bord de la plage, par une belle journée ensoleillée. Un autobus qui passe régulièrement devant le camping mène directement au centre de la ville, à l’une des extrémités de La Rambla.

Marseillan-Plage : Le rythme d’un voyage est important, surtout pour un voyage de longue durée. Nous avions prévu nous arrêter sur le bord de la Méditerranée, dans une station balnéaire, pour profiter de la plage, tout en visitant les environs. Nous en avions besoin. Nous en avons profité pour visiter un vignoble de la région, le Château de l’Engarran. Quelle ne fut pas notre surprise d’y apprendre qu’un des anciens propriétaires a été un marchand important qui s’est exilé à Toronto au cours de la Révolution française. Nous avons été heureux de pouvoir visiter l’Espace Brassens à Sète, un musée à la mémoire du chanteur dans sa ville natale, à quelques kilomètres du camping où nous étions installés. Le Camping Beauregard-Plage donne accès directement à la plage. L’été, on tient marché public une fois par semaine dans le village, à quelques minutes de marche.

Avignon : La ville des Papes est telle qu’on la décrit. Nous y avons passé une belle journée ensoleillée à marcher et à visiter ses musées, dont le Musée Requien consacré à l’histoire naturelle. Nous n’avons pas dansé sur le pont d’Avignon, mais nous y avons marché ; l’audio-guide nous a informés que c’était sous le pont qu’on dansait, puisque, comme on peut s’en rendre compte, il n’est pas vraiment assez large pour y danser une farandole. Le Camping du Pont d’Avignon est situé sur l’ile de la Barthelasse au milieu du Rhône, face au pont d’Avignon et au Palais des Papes. On peut traverser un pont plus moderne, à pied, pour se rendre à la vieille ville derrière les murs. Nous nous sommes servis du camping comme base pour faire une randonnée motorisée dans les environs, notamment pour aller visiter le village des Bories dans les collines du Vaucluse.

 

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      Le village des Borries

   

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       Le Pont Saint-Bénézet à Avignon


Marseille : Il faudrait plus d’une journée pour visiter Marseille. Toutefois, c’est tout le temps que nous avions pour le faire. Nous avions appris, par expérience, qu’il est préférable d’éviter d’entrer au cœur des grandes villes en autocaravane. Nous avons donc choisi de nous y rendre en train, à partir d’Avignon. Nous avons passé la journée dans le secteur du Vieux Port : le berceau de la ville. Au Musée d’histoire de Marseille, jouxtant le Jardin des antiquités, nous avons observé une guide raconter la légende de la fondation de la ville à de jeunes enfants de cinq et six ans, d’origines très diverses. Elle répétait constamment : « Nous, les Marseillais… nous sommes comme ça, nous, les Marseillais… » Une belle leçon d’intégration !

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         Jardin des antiquités

 

 
2012-05-CTFO