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Camping rustique à l'Ile aux Lièvres - Planter sa tente au milieu du Saint-Laurent Version imprimable

Au fil des ans, j'ai eu la chance de goûter au camping servi à toutes les sauces. Du luxueux véhicule de classe A de 11,5 m (38 pi), en passant par le Westfalia, de la tente autoportante jusqu'au minimaliste sac de bivouac, j'ai apprécié chaque aventure, chaque outil. Force est d'admettre que le choix de l'outil doit tenir compte du type d'activité... et du budget. Ainsi, faire du camping au beau milieu du Saint-Laurent, à l'extrémité d'une petite ile n'offre d'autre option que de coucher sous la tente. Et c'est très bien ainsi !

Texte et photos : Dany Coulombe

L'ile aux Lièvres est une petite ile longiligne qui fait environ 13 km de long. Située au large de Rivière-du-Loup, elle n'est accessible que par bateau. Propriété de la Société Duvetnor Ltée, elle est ouverte à l'écotourisme du début juin à la mi-septembre. Même s'il est possible de n'y passer qu'une journée ou d'y séjourner en auberge ou même en chalet, il me semblait que la meilleure façon de vivre l'insularité au maximum était de coucher dans ma tente. Ainsi je pourrais sentir la brise marine caresser ma peau, écouter le son des bouées à sifflet et, surtout, m'éloigner de la foule. Une rapide étude de la carte de l'ile me révèle l'existence du camping les Bélugas, à 12 km de marche à l'ouest du débarcadère, accessible par un sentier de randonnée. Je devrai donc charger le sac à dos de tout le nécessaire de camping. Tous les éléments du bonheur y sont : je fais les réservations !

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Il pleut. Il vente. La courte traversée en bateau depuis la marina de Rivière-du-Loup ne prend que 20 minutes. De tous les passagers présents sur le bateau, soit environ une dizaine de personnes, nous sommes les seuls avec des sacs à dos. Les autres séjourneront donc à l'auberge ou dans les chalets. Ça augure bien pour nous... Il semble en effet que Catherine et moi partageons la même opinion : l'insularité s'apprécie encore plus avec un brin de solitude. L'accueil au quai de l'ile par le personnel de la Société Duvetnor nous permet de valider les derniers détails quant aux services offerts sur le site de camping, les sentiers à emprunter, etc. Et c'est le départ. Sacs aux dos, on emprunte gaiement le sentier, en dépit de la fine pluie qui tombe. Nommé La Grande Course, il nous mènera à la pointe ouest de l'ile, aussi appelée le Bout d'en Haut. Le sentier devient rapidement boueux, puis les moustiques se mettent de la partie. Par chance, il est relativement plat... Pour se consoler, on se dit qu'il faut bien gagner notre paradis ! Comme le sentier est tracé au centre de l'ile, ce n'est que vers la fin, c'est-à-dire trois heures plus tard, que la grève se révèle enfin. La brise de mer chasse les moustiques, une accalmie nous accueille, la fatigue disparaît... presque. Wow ! Le paysage est superbe. C'est déjà la fin de l'après-midi. Marcher sur les galets est agréable. Ah ! voilà le bout de l'ile et notre campement. Le site est constitué de trois emplacements pour tentes avec table de pique-nique, aire commune avec eau brute, abri semi-ouvert pour cuisiner et toilette sèche. Les trois emplacements sont éloignés les uns des autres et, même s'il est évident que l'on sera seuls ce soir, on choisit l’emplacement le plus éloigné, celui avec une superbe vue sur la baie.  

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Profitant de cette accalmie, je monte la tente pendant que Catherine défait les bagages. Maintenant que tout est prêt, une première exploration du coin est de rigueur. On se retrouve donc sur la grève à scruter l'horizon. De retour au campement, un souper réconfortant est vite cuisiné sous l'abri. Le crépuscule nous surprend à faire la vaisselle aux chandelles, et c'est fatigués que l'on s'endort au bruit des bouées à sifflet et de la sirène lugubre du traversier qui relie la rive sud à la rive nord en passant tout près de la pointe de l'ile.

Le premier matin annonce encore des averses. Qu'à cela ne tienne, ça ne chambardera pas notre horaire, qui est des plus simples : profiter de l'ile en découvrant les alentours, lentement... J'ai rarement fait si peu et eu autant de plaisir. La grève devient un microcosme à découvrir. Couchés sur les galets, Catherine et moi sommes à la recherche plus beau caillou et de son origine minérale, on jase de tout et de rien. Au loin, en mer, un grain s'annonce. On a juste de temps de courir se réfugier sous les arbres de la forêt naine qui borde la grève. On rit, vive les membranes respirantes de nos manteaux ! De retour sur la grève, ce sont les bosquets d'églantiers et ensuite les petits étangs d'eau saumâtre qui nous passionnent. La soirée s'annonce plus calme, et c'est assis sur une grosse souche que l'on regarde le soleil se coucher. On est au bout de la Terre et encore seuls à profiter de notre coin de paradis.

Un départ tôt en matinée nous assure de profiter au maximum de notre dernière journée. De retour au débarcadère, il nous semble que le chemin a été plus facile qu’à l’aller. Peut-être était-ce en raison du radieux soleil... Une bonne collation et une pause sur les rochers bordant la baie me redonnent suffisamment d'énergie pour décider d'aller explorer d'autres sentiers avant l'arrivée du bateau qui vient nous chercher. C'est que l’ile renferme plus de 40 km de sentiers ! Je laisse les sacs à Catherine qui prolonge sa pause, étendue au soleil, les yeux déjà fermés. C'est donc allègrement que je grimpe le sentier de la Corniche, la bien nommée. J'ai le goût d'aller voir vers le nord, d'autant plus que les eaux profondes du fleuve à cet endroit sont propices à l'observation des mammifères marins. Si la vue sur le massif de Charlevoix est jolie, la grande humidité de l'air combinée à l'angle du soleil aplatissent le paysage. Et point de baleines à l'horizon. Je continue donc ma course... littéralement. Il faut dire que l'heure avance et que j'aimerais bien faire une boucle par les sentiers Du Jardin et de la Chouette. C'est d'un bon pas que je complète le tour. J'arrive juste à temps pour prendre en photo le bateau qui arrive en longeant l'île du Pot à l'Eau-de-Vie. Et bien, là, je ressens une petite fatigue.

Le retour sur la rive sud est des plus calmes. La mer est d'huile, Catherine s'appuie sur mon épaule et c'est à mon tour de fermer les yeux. Rando, camping et nature, le trio gagnant ! Le seul regret que nous éprouvons est de ne pas avoir eu le temps, en trois petites journées, d'explorer l'ile à fond. Il faudra que l'on y retourne... en camping, bien sûr!

Pour information

- www.ileauxlievres.com
- www.duvetnor.com

Tarification
- Traversée par bateau de Rivière-du-Loup : 42 $/adulte
- Camping rustique : 30 $ / jour / 4 personnes

Saison : du début juin à la mi-septembre

Il y a quatre sites de camping sur l'île (et une auberge ainsi que des chalets)

• Le camping de la Plage comprend neuf emplacements et est situé à seulement 300 m à l'est du débarcadère. C'est celui dont les services sont les plus élaborés : toilettes, douches et eau potable y sont disponibles.

• Le camping Les Cèdres est situé à 3,5 km, sur la rive nord. Il propose sept emplacements.

• Le camping de l'Anse à la Boule est à un peu plus d'une heure de marche de l'accueil. Il est situé à 3 km, dans la partie centre-sud de l'ile. Il offre trois emplacements.

• Les Bélugas est le plus éloigné. Situé à 12 km à l'ouest de l'embarcadère, il propose trois emplacements. 

 
http://www.camping-remillard.com/
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