Magazine Camping caravaning - Magazine spécialisé en camping et en caravaning au Québec

Le magazine des passionnés et des experts
en camping et en caravaning

2010-Horizon Lussier-leaderboard
Canot-camping au Parc national du Canada de la Mauricie Version imprimable

L'effet boomerang, vous connaissez ? Vous savez, le genre de choses que l'on fait ou dit et qui nous revient en pleine figure, parfois plusieurs années plus tard ? Eh bien pour moi, le parc de la Mauricie en est un bon exemple…

Texte et photos : Dany Coulombe

J’ai découvert ce parc au début des années 80, alors que j'apprenais les rudiments du canot-camping.Je l'ai exploré par la suite entre amis, avec ma blonde, avec mes jeunes enfants, puis avec mes étudiants au milieu des années 90. Je n'y étais pas retourné depuis, prétextant qu’il était devenu trop populaire. Et voilà que ma fille, maintenant adolescente, exprime le désir d'y aller de nouveau... Bof, puis oui, et enfin... wow ! Boomerang je vous disais : une adolescente qui désire faire quelque chose avec son père, comme dans le temps; un parc qui revient me hanter, comme dans le temps. Alors, c'est décidé, on fera un séjour de canot-camping de trois jours et deux nuits.

mauricieweb.jpgLes préparatifs terminés, le canot est chargé sur la remorque. Il faut que tout soit près pour demain matin. On part tôt, car il est impossible de réserver un site de camping sauvage, c'est le principe du premier arrivé premier servi. Et comme on est à la mi-aout, j'ai peur qu'il y ait foule. On entre dans le parc par l'entrée sud-ouest, celle de Saint-Mathieu, qui n'est qu'à 25 km de Shawinigan. C'est l'entrée principale, celle par laquelle on accède à l'accueil, où l'on doit s'inscrire et payer les droits d'accès et de canot-camping. Après avoir consulté les cartes, on décide d'un itinéraire simple. Facile, il faut que le nombre de portages soit réduit au maximum, que l'on puisse explorer de beaux coins et combiner canotage et courtes randonnées. On réserve donc une nuit sur un site du fameux lac Wapizagonke et une autre sur le Caribou. Équipés de nos permis de séjour, on s'engage sur la route promenade, la musique au fond (on se souvient, adolescence = musique...), le pied léger. Le discours est tout aussi léger. Je reconnais les lieux, c'est toujours aussi beau. Il fait bon être de retour. On stationne l'auto au point d'accès situé à mi-parcours du lac Wapizagonke. C'est un lac magnifique, longiligne, qui s'étend du sud au nord. Très accessible, la route promenade le longe sur une grande distance et offre plusieurs points d'accès. Un court portage entre le stationnement et la mise à l'eau (vive les chariots de portage !) nous permet d'être sur l'eau vers 10 h. Génial !

mauricie2web.jpg On peut maintenant canoter calmement en direction nord, notre but étant d'aller explorer en après-midi les chutes Waber, les plus belles du parc. Peu de temps après la mise à l'eau, le lac se rétrécit. Le parcours devient un étroit corridor, sinueux, bordé de marécages. Et puis soudain, droit devant, je le reconnais. Le barrage de castors est encore là ! J'oriente donc le canot pour que Catherine puisse y mettre le pied. J'y débarque aussi, et on hisse littéralement le canot sur le tas de branches afin de le faire passer en amont de l'obstacle. C'est ça, le canot-camping ! Catherine jubile, et moi j'ai le sourire fendu jusqu'aux oreilles. La vie est belle. Le marécage s'ouvre maintenant sur la partie nord du lac. On approche. Au loin, on devine une multitude de canots accostés. Il semble y avoir foule. On décide alors de dîner dans le canot, en se laissant dériver lentement. Ici, en effet, point de moustiques et, en plus, on a la possibilité de s'étendre librement. La pause gastronomique (!) terminée, je trouve un petit coin où hisser le canot sur la berge. Après avoir attaché une extrémité à un arbre, on charge les sacs à dos avec serviettes de plages, jumelles, caméra et tout ce qui est précieux. Les bagages resteront en effet ici, avec le canot, les pagaies et les vestes de flottaison. Bof, il ne doit pas y avoir grand danger de vol. Catherine entame la montée d'un bon pas. Mais 15 minutes plus tard, c'est le visage tout rouge qu'elle se tourne vers moi afin de voir si je suis le rythme. Comme il fait chaud et humide, je propose de ralentir un peu... pour son bien, évidemment. On est en vacances après tout. Les chutes Waber coulent amplement malgré le fait que nous sommes la mi-aout, une période généralement plus sèche. Plusieurs personnes sont déjà allongées sur ses berges, d'autres pataugent dans les différentes sections de la chute. On se croirait au spa. L'ambiance est à la détente, les gens chuchotent presque. Catherine trouve un petit coin libre et y dépose son sac. C'est l'heure du bain ! Le temps s'arrête. Les périodes de massage hydraulique intense alternent avec les trempettes plus calmes. Je prends quelques photos mais, rapidement, c'est déjà le temps de repartir si on veut monter la tente avant qu'il ne fasse trop sombre. Somme toute, la courte randonnée nous aura permis de couvrir environ 6 km et d'explorer un beau coin.

De retour sur l'eau, on file vers le sud, où se trouve notre site. Une belle plage de sable nous permet d'accoster facilement et de débarquer les bagages. Il y a déjà des gens d'installés. Un court tour de piste nous permet de choisir un emplacement qui semble tranquille et bien situé. Même s'il est évident que l'endroit souffre d'un usage intensif, les lieux sont propres, et la flore peu endommagée. Le site prévu pour la tente est un traditionnel carré de sable bordé par des poutres de bois. Ce sera sec, mais le sable va s'infiltrer partout... un classique ! Un grillage est installé au dessus de l'endroit pour faire le feu. Les toilettes sèches sont à trois minutes à pieds, plus loin dans le bois et, surtout, les voisins sont éloignés. Super. Même si les autorités du parc utilisent le terme camping sauvage pour désigner l'endroit, je trouve que l'accessibilité et la présence de tels aménagements le rendent plutôt rustique. Mais peut-être que le terme «sauvage» frappe plus l'imagination des campeurs. Un bon souper, une baignade en soirée et hop! au lit. Les joies du canot-camping résident dans les activités simples : exercice, bouffe et dodo. Ça nous convient parfaitement.

Le petit matin annonce encore une belle journée. Le déjeuner avalé, les sacs de couchage rangés, la tente est soulevée et secouée afin de la débarrasser du sable. En effet, les grains de sable usent prématurément la toile mais surtout coincent les fermetures éclair ! C'est certain qu'une tente autoportante facilite ce type d’opération. Curieusement, aujourd'hui c'est le retour à l'auto, pour mieux repartir en canot. En effet, question de minimiser les portages, on a opté pour le retour au stationnement afin de reprendre l'auto pour rejoindre le lac Caribou. Je tenais à pagayer ce lac, moins accessible et donc moins populeux. La mise à l'eau est plus difficile car plus longue, et ce n'est que sur l'heure du midi que l'on est prêts. Déjà, c'est évident, le lac est moins populaire. Il n'y a pas une embarcation en vue. Il faut dire que le vent s'est mis de la partie et que les vagues commencent à monter. Prudents, on charge le canot et je le dirige à l'ouest, vers une pointe assez rapprochée. On louvoie ainsi pendant une heure avant de trouver un beau cap rocheux propice à un arrêt lunch. Toujours seuls ! Enfin, ça commence à être plus sauvage. Mon genre de lac, quoi ! De retour dans le canot, Catherine propose d'aller jusqu’à la baie Cobb, une extension du lac. On passe le reste de la journée à explorer les baies et les marais, à jaser de tout et de rien, bref, à se payer du bon temps. C'est encore le soleil qui baisse à l'horizon qui nous rappelle qu'il est l'heure de trouver le site qu'on a réservé. Compte tenu du fait que l'on n’a aperçu que deux ou trois canots de toute la journée, une méchante différence avec la foule présente sur le Wapi, je ne suis pas surpris de découvrir qu'on sera les seuls à occuper le site, ce soir-là. Une avancée rocheuse nous permet de nous installer confortablement sur le bord de l'eau et de voir le crépuscule s'installer alors que l'on prend notre souper. En option, la petite brise contribue à chasser les moustiques. La vie est simple, je vous dis ! Il ne reste que la vaisselle à faire, une petite baignade (encore !) et c'est le temps de se réfugier dans la tente.

La dernière journée s'annonce tout aussi radieuse que les deux autres. On doit mener une bonne vie ! Le retour vers l'est et le stationnement où est garée l'auto nous rappelle que le voyage se termine. Je ne dis rien et prends mon temps. Le canot glisse doucement sur l'eau calme du matin. C'est un genre de camping que j'aime bien, pas trop compliqué. Les bagages sont chargés dans la remorque et le canot y est aussi installé. C'est le départ. Mais on n’a pas le goût que ça finisse déjà, ce n'est que le début de l'après-midi, après tout. Je me souviens qu'à l'entrée du parc, un ruisseau dévale doucement une paroi rocheuse sur des dizaines de mètres. Il fait chaud, ce serait une bonne façon d’ôter la sueur et de repousser notre départ. Catherine ne se fait pas prier. C'est certain que l'on n’est pas seuls, mais une fois qu'on a réussi à trouver un endroit moins encombré, l'eau, la pente douce et la roche polie se combinent pour faire un terrain de jeu agréable, même pour des « jeunes » adultes ! C'est en fait plutôt comme des enfants que l'on joue dans l'eau pendant quelques heures. Rafraichits, contentés, on peut entamer notre retour à la maison.

Le retour des choses, l'effet boomerang, peu importe, il reste que c'est drôlement plaisant de revenir à nos anciennes amours. Ainsi, j'ai pu de nouveau apprécier un parc magnifique. Il s'est considérablement développé depuis mes premières visites et est devenu plus accessible et plus populaire, forcément, pour le meilleur et pour le pire. Mais, surtout, j'ai pu passer du bon temps avec ma grande fille, comme dans le bon vieux temps. J'aime le camping !

Pour information

• Le parc national du Canada de la Mauricie a été créé en 1970 et couvre plus de 500 km². Situé à environ 200 km au nord-est de Montréal et à 60 km au nord de Trois-Rivières, c'est un parc facilement accessible. Protégeant près de 150 lacs, son relief est vallonné et témoigne de la présence de la chaîne de montagnes des Laurentides. Une route asphaltée fait une boucle et relie l'entrée de Saint-Mathieu au sud-ouest à celle de Saint-Jean-des-Piles, plus à l'est. Elle donne accès à plusieurs lacs, sentiers de randonnée et campings.

• Trois campings aménagés offrent plus de 580 sites pouvant accueillir tentes, roulottes et véhicules motorisés. Plusieurs sites sont électrifiés et les réservations sont acceptées. Accessibles en auto, des campings de groupe sont aussi disponibles et, tel que décrit dans le texte, environ 200 campings sauvages sont localisés à des endroits stratégiques sur une douzaine de magnifiques lacs.

• Les activités estivales sont disponibles de la mi-mai à la mi-octobre. Le parc offre aussi des activités hivernales.

Tarification :
• droit d'accès, adulte : 7,80 $
• camping, par nuit : de 16 $ à 30 $ selon le type, rustique ou aménagé (le camping de groupe revient quant à lui à moins de 6 $ par personne...).

• Entrée Saint-Mathieu : autoroute 55, sortie 217 en direction de Saint-Mathieu-du-Parc

www.pc.gc.ca/fra/pn-np/qc/mauricie/index.aspx 

 
L'École FQCC Optimisez vos connaissances