Magazine Camping caravaning - Magazine spécialisé en camping et en caravaning au Québec

Le magazine des passionnés et des experts
en camping et en caravaning

Horizon Lussier
Guide pratique du caravaning vers la Floride Version imprimable

Plusieurs caravaniers perçoivent la Floride comme une destination inaccessible située à l’autre bout du monde. Pourtant, s’y rendre est à la portée de tous, même en hiver, pourvu que l’on fasse preuve d’un peu de prévoyance et d’organisation.

Par François Martel

floride1web.jpgBon an mal an, des milliers de caravaniers « descendent » en Floride, que ce soit pour des vacances de deux ou trois semaines ou pour un séjour prolongé. Avant de prendre le volant, il importe de bien de préparer. Commençons !

LA PRÉPARATION DU VOYAGE

Le temps consacré à la préparation du voyage avant le départ permettra à coup sûr d’éviter certaines surprises et assura la tranquillité d’esprit au voyageur.

Le choix de l’itinéraire
Le choix de l’itinéraire revêt une importance capitale en fonction de la saison et des conditions climatiques, surtout en période hivernale. Pour les habitués, il existe une multitude de variantes à l’itinéraire. Au cours des années, certains caravaniers et snowbirds habitués du parcours ont développé des astuces pour éviter des sections d’autoroutes à péage, empruntant des tronçons de routes secondaires sur certaines portions du trajet, puis revenant à l’itinéraire principal un peu plus loin. De façon générale, on peut affirmer qu’il existe deux trajets principaux pour atteindre la Floride à partir du Québec.

Le premier itinéraire, recommandé en hiver, inclut les principales étapes suivantes :

L’autoroute 15 Sud jusqu’au poste-frontière de Lacolle, puis l’autoroute 87 jusqu’à Albany, capitale de l’état de New York, suivie du New York Thruway (encore la 87) jusqu’à la grande région métropolitaine de New York. Par la suite, le parcours emprunte la 287 qui contourne cette agglomération par le New Jersey avant de se joindre au New Jersey Turnpike jusqu’au pont Delaware Memorial Bridge. Ensuite, on fait une courte incursion dans les états du Delaware, puis du Maryland où l’on emprunte la voie de contournement de la ville de Baltimore. Attention de ne pas prendre le tunnel de Baltimore, car une amende très salée — de plusieurs milliers de dollars — attend ceux qui oseront s’y aventurer avec des réservoirs de propane. Le risque n’en vaut pas la chandelle, ne serait-ce que pour une question de sécurité.

Par la suite, on contourne l’agglomération de Washington pour arriver en Virginie par l’autoroute 95. Celle-ci contourne la ville de Richmond, mène à la Caroline du Nord et permet de traverser successivement cet état, la Caroline du Sud et la Géorgie avant d’atteindre la Floride au nord de Jacksonville.

Le second itinéraire quant à lui consiste à prendre l’autoroute 401 en direction de Toronto. À mi-chemin vers la ville reine, on bifurque vers la région des Mille-Îles que l’on enjambe au moyen de deux ponts suspendus successifs avant d’arriver à l’autoroute 81 dans l’état de New York. On suit alors cette autoroute à travers la Pennsylvanie jusqu’à Harrisburg où l’on emprunte la 89 qui mène à la région de Baltimore au Maryland. À partir de cet endroit, le second itinéraire rejoint le premier dans la boucle de contournement de Baltimore et se confond avec lui pour le reste du parcours.

Ce second itinéraire comporte des sections en altitude, plus enneigées, spécialement dans les régions montagneuses de la Pennsylvanie. Il est donc moins recommandé l’hiver.

La météo
La région de Montréal étant à environ 2 450 km de la région d’Orlando, le parcours traverse au moins trois systèmes météorologiques différents. Il ne faut donc pas se fier à la température du Québec au moment du départ. Il nous est arrivé de vivre une première journée de voyage au Québec et dans les Adirondacks sous un ciel radieux, pour ensuite être frappés de plein fouet par une tempête de neige majeure dont le diamètre atteignait 1 200 km. Nous avions dû nous arrêter pour dormir dans une aire de repos dans plus d’un pied de neige, l’autoroute 95 ayant été fermée à la circulation.

Il est donc d’une importance capitale de consulter les prévisions météorologiques pour toutes les régions traversées par votre itinéraire avant de confirmer la journée de votre départ.

LES PRINCIPAUX OUTILS DE PLANIFICATION

Plusieurs outils de planification sont à la portée des voyageurs et peuvent leur être d’une grande utilité tant avant le voyage qu’au cours de leur traversée du continent.

Les guides touristiques
Il existe une multitude de guides touristiques sur la Floride et ses régions touristiques. Ceux-ci sont en général très bien faits et peuvent s’obtenir à l’avance en consultant le site www.florida.com. Par ailleurs, il existe un immense centre d’information touristique situé à la première aire de repos en entrant en Floride par l’autoroute 95. On y trouve toute une panoplie de documents et il vaut vraiment la peine de s’y arrêter. Les guides régionaux comprennent une carte de la région et de ses principales agglomérations urbaines, des coupons de réduction et des listes des principaux points d’intérêt, classés par catégorie.

L’atlas routier publié par Walmart
Chaque année, Walmart publie, en collaboration avec Rand McNally, un atlas routier de l’Amérique du Nord, incluant le Mexique. Notre expérience confirme que la version américaine de cette publication est beaucoup mieux faite et plus utile que la version canadienne (qu’elle soit anglaise ou française). En effet, certaines annexes très utiles n’apparaissent que dans la version publiée chez nos voisins du Sud. Entre autres, le répertoire complet des magasins Walmart et Sam’s Club — classés par état ou province ainsi que par numéro d’autoroute et par numéro de sortie — est très utile si l’on cherche tard en soirée un endroit où stationner pour la nuit. Le type de Walmart y est également indiqué, à savoir s’il s’agit d’un Supercenter comprenant une épicerie complète et ouvert 24 h sur 24 (avec toilettes accessibles à toute heure) ou s’il s’agit d’un magasin moins complet aux heures d’ouverture restreintes.

L’ouvrage de référence The Next Exit
Cette publication annuelle en vente exclusivement à la Boutique FQCC est un outil essentiel pour tout voyageur sérieux et averti. Chaque autoroute américaine y est classée par état, par ordre alphabétique, ainsi que par numéro. Tous les numéros de sortie y sont indiqués avec les bornes de milles correspondantes entre parenthèses dans les états où les sorties sont numérotées en ordre successif et non en fonction de la distance. Les services situés dans un rayon de 3,2 km (2 mi) de chaque sortie sont indiqués, qu’il s’agisse de commerces, de restaurants, de postes d’essence ou autre. Les stations d’essence dites RV Friendly, c’est-à-dire dont les dimensions facilitent l’entrée et la sortie des VR, sont indiquées en caractères rouges ainsi que certains services tels les Walmart. De plus, toutes les aires de services et aires de repos y sont clairement indiquées avec leurs bornes de millage correspondantes. Les « centres de voyage » (ou Travel Plazas) y apparaissent également. Des cartes schématiques de chaque état complètent l’information.

Ce guide facilite grandement la planification du ravitaillement lorsque le niveau du réservoir est bas ou si vous désirez faire affaire avec une pétrolière en particulier. Les terrains de camping apparaissent également dans ce répertoire.

Il existe d’autres publications du même genre, dont le plus connu est le guide Woodall’s, dont la réputation n’est plus à faire.

Les outils de planification informatiques
Plusieurs outils informatiques peuvent servir à planifier un voyage. Les outils les plus dignes de mention sont Google Earth, qui permet de visualiser à l’avance les endroits que vous comptez visiter, et MapQuest, qui permet de préparer son itinéraire à l’avance ou au fur et à mesure si vous disposez d’un ordinateur et d’une imprimante pour en faire une copie papier.

Le GPS
Force est de constater que le GPS fait maintenant partie des outils que possède et utilise quotidiennement la majorité des caravaniers dans leur VR ou leur véhicule tracteur. Ces appareils sont également d’une très grande utilité en territoires inconnus lorsque vient le temps de localiser des restaurants, services divers, commerces ou stations d’essence.

Avec ce gadget, on sait maintenant exactement la distance parcourue depuis le départ et la distance restante. Les itinéraires peuvent être déterminés en établissant certaines contraintes ou objectifs, tels que d’utiliser les autoroutes, d’éviter les traversiers, d’éviter les potentiels bouchons, etc.

LE PASSAGE DE LA FRONTIÈRE AVEC UN VR

Le passage de la frontière américaine avec un VR fait partie des expériences routinières que vit un grand nombre de caravaniers. Au cours des récentes années, et plus particulièrement depuis les malheureux événements du 11 septembre 2001, les exigences et contraintes imposées par les autorités américaines se sont accrues de façon concrète. Il est maintenant impératif de montrer patte blanche lors de ce passage et surtout d’avoir en main les documents requis. Par ailleurs, la politique de tolérance zéro du gouvernement fait en sorte que les détenteurs d’un casier judiciaire se voient à quelques exceptions près interdire l’accès au pays.

Il existe cependant certaines pratiques et astuces relativement simples qui peuvent faciliter la traversée de la frontière, surtout avec un VR équipé d’un réfrigérateur. Le fait d’être bien au courant des principales préoccupations des agents d’immigration américains avant la traversée et de répondre adéquatement à ces préoccupations peut grandement faciliter votre passage à la frontière :

Choisir la journée et l’heure de traversée de la frontière afin, dans la mesure du possible, d’éviter les heures d’affluence. Le site internet de l’Agence des services frontaliers canadiens indique en temps réel le temps d’attente aux principaux postes-frontières.

Adopter une attitude ouverte et soigner son apparence. Des gestes aussi simples que de retirer ses verres fumés afin que l’agent vous voie les yeux démontre une certaine transparence de votre part. Cela peut faciliter le contact et déclencher la cordialité de l’agent.

Le voyageur possède un casier judiciaire. Dans ce cas, il y a lieu de tenter de régulariser la situation à l’un des consulats américains avant de se rendre à un poste-frontière.

• Si le voyageur a l’intention ou non d’aller travailler aux États-Unis. Les lois relatives au travail dans le pays sont très strictes et la possibilité qu’on s’y rende pour travailler constitue une préoccupation importante des autorités.

Éliminer les aliments interdits (et toute substance illicite). Depuis quelque temps déjà, nous avons pris l’habitude de n’apporter que le minimum d’aliments nécessaires pour la durée du voyage et d’éviter de transporter des aliments qui pourraient être frappés d’interdiction tels que fruits, légumes, viandes fraiches ou congelées, etc. Cela nous permet de dire à l’agent d’immigration que nous préférons faire notre épicerie une fois rendus aux États-Unis, ce qui facilite grandement notre passage.

Ne pas transporter de bois de chauffage dans le VR. Depuis quelque temps, les agents sont beaucoup plus sévères sur ce point, appréhendant que du bois de chauffage abritant des parasites puisse faire son entrée au pays. Il est donc fortement suggéré de faire l’acquisition de bois de chauffage une fois rendu à destination et d’éviter d’en transporter d’une région à l’autre.

Pour ceux qui traversent souvent la frontière et qui n’ont rien à cacher, l’obtention d’une carte Nexus constitue un atout important. Le site http://www.cbsa-asfc.gc.ca/prog/nexus/menu-fra.html indique toutes les exigences relatives à l’obtention de cette carte et la procédure à suivre. Il s’agit d’un programme conjoint du Canada et des États-Unis qui cible les voyageurs présentant un risque dit « minime ». La carte Nexus leur donne accès à une voie réservée à certains postes-frontières terrestres, dont Lacolle et Philipsburg au Québec, et leur permet d’éviter les longues files d’attente. De plus, ils peuvent contourner les files d’attente aux aéroports internationaux et utiliser un lecteur d’iris pour s’identifier, ce qui accélère les procédures lorsqu’ils voyagent par avion. Pour obtenir ce privilège, les candidats doivent cependant accepter de se soumettre à une enquête de sécurité poussée sur leur passé et à une entrevue avec un agent d’immigration canadien, puis un agent américain. Ces entrevues ont lieu dans un bureau commun situé à l’aéroport international Montréal-Trudeau. Ma conjointe et moi avons constaté que cette carte raccourcit de façon significative la durée de « l’interrogatoire » à la frontière, ce qui abaisse nettement notre niveau d’anxiété.

OÙ COUCHER SUR LA ROUTE

La liberté qu’offre le mode de vie en VR se manifeste notamment par une panoplie d’options pour le coucher en route, surtout lors d’un voyage tel que celui menant à la Floride, spécialement en période hivernale. Pour les individus qui ne sont pas encore à la retraite, le temps passé à voyager représente une variable non négligeable, ce qui n’est pas le cas pour les snowbirds retraités qui disposent de tout leur temps.

Le choix du lieu où passer la nuit en route doit se faire en tenant compte de plusieurs facteurs, dont les plus importants sont la saison, la région, le climat, la durée des déplacements sur la route durant la journée ainsi que l’heure de l’arrêt le soir, le sentiment de sécurité (ou d’insécurité) des caravaniers, leur facilité à trouver le sommeil dans un environnement plus ou moins paisible, la disponibilité ou non de certains services, etc.

Les principales options s’offrant aux caravaniers sont donc variées et se résument ainsi :
• les aires de repos ;
• les stationnements des magasins Walmart ;
• les relais de camionneurs de type Pilot’s ou Flying J ;
• les hôtels et motels ;
• les terrains de camping.

À notre deuxième journée sur la route, nous apprécions particulièrement le service de douche offert dans les relais de camionneurs Flying J et Pilot’s. Ces commerces offrent à un cout relativement minime une salle de bain complète à laquelle on peut accéder en famille pour prendre une douche. Les installations sont très propres, car le ménage y est fait entre chaque utilisation. C’est remarquable à quel point une bonne douche peut revigorer les voyageurs et leur remonter le moral au cours de longs périples !

LE CHOIX DE LA DESTINATION FINALE EN FLORIDE

floride2web.jpgLa Floride étant un état très étendu, il est hors de question de même penser à le visiter dans sa totalité en deux ou trois semaines, à moins d’avoir l’intention de passer toutes ses vacances à voyager. L’état est extrêmement bien desservi par un réseau autoroutier qui permet de se déplacer rapidement d’une région à l’autre. Pour les voyages de courte durée, il est recommandé de choisir une ou deux régions et de s’y tenir. Globalement, les habitués affirment que l’état est divisé en trois grandes régions climatiques. La portion nord est moins recommandée en hiver, car la mer y est plus froide. Il en va de même pour la portion nord-est, au nord de Daytona Beach, où l’océan Atlantique amène de l’air frais, surtout à proximité de la côte. Le centre de l’état, dans la région d’Orlando, est plus tempéré et la côte ouest, surtout au sud de la région de Tampa, bénéficie d’un climat plus agréable et surtout d’une mer plus tempérée. La carte ci-jointe illustre les principales régions de l’état. La région sud-ouest, en bas de Fort Myers, constitue sans contredit un de nos coups de cœur, car elle est beaucoup moins populeuse que la côte sud-est (au sud de Fort Lauderdale), près de Miami.

LA PLANIFICATION DU VOYAGE DE RETOUR

Reprendre la route vers le nord, surtout en hiver, nécessite un minimum de planification. Force est d’insister sur la nécessité de s’enquérir des prévisions météorologiques dans les régions qui seront traversées et, surtout, de la présence de systèmes dépressionnaires.

Habituellement, il est possible et même agréable de passer la première nuitée sur la route dans le VR. Par contre, la deuxième nuitée sera en toute probabilité passée à proximité d’amoncellements de neige, une preuve irréfutable que vous approchez de votre destination. Le choix de l’option pour coucher ce deuxième soir dépendra de cette réalité.

Comme il est fréquent de passer le point de congélation au cours des premières 24 heures du périple de retour, il est recommandé d’hiverniser le VR avant même d’entamer le voyage. Pour les plus téméraires, l’arrêt dans un terrain de camping avec services complets le premier soir peut constituer une option valable pour faire cette opération.

AU PLAISIR DE VOUS Y VOIR

Un périple vers la Floride en VR, surtout en hiver, peut générer une certaine anxiété, voire de l’angoisse dans l’esprit des caravaniers qui en sont à leur première expérience. Cependant, les caravaniers aguerris et habitués à ce périple en viennent à connaitre intimement l’itinéraire, les points d’intérêt et leurs endroits préférés où faire des arrêts et coucher. Ceux-ci peuvent aisément vous informer avant votre premier départ.

Pour peu que l’on fasse preuve d’un peu de prévoyance et que l’on prenne certaines précautions, il sera facile d’y prendre gout et de répéter l’expérience tous les ans.

 
http://www.camping-remillard.com/